‹ Marianna (volume 2)Chapitre 30 sur 68 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Elle cssnya : clic se roidil d'un dernier cITurl ; elle le suivit d'un pas haletant.

Ce n'était pas un faible coeur, non plus qu'un médiocre courage : c'était surtout un immense orgueil. Harassée, n'en pouvant plus, les pieds en sang et le visage en sueur, elle étoufla le cri de sa défaite. Henry l'observait avec cette sombre inquiétude qui précède la lin du bonheur. En apparence , leur vie n'avait pas changé 5 c'était toujours la même union', le môme échange de tendresse; mais, de jour en jour, l'air devenait autour d'eux plus orageux et plus lourd : l'heure n'était pas éloignée où la lutte allait s'engager.

La lutte s'engagea. Comment ? c'est ce (|ue nul ne pourrait dire. Dans ces sortes d'engagemens, on ne sait jamais d'où part le premier coup, ni comment, ni pourquoi; les amans l'ignorent eux-mêmes. On commence d'abord par de légères escarmouches qui sem-

blent ranimer l'amour et lui prêter une vie nouvelle; on continue par des combats acharnés qui le blessent, on finit par une bataille rangée oîi il succombe.

Henry souffrait, sans pouvoir se rendre compte de sa souffrance. Rien ne l'autorisait

à douter : Marianna semblait brider de la même ardeur; cependant il souffrait. Ne sachant au juste à quoi s'en prendre, il s'en prit à toute chose. Son humeur s'aigrit, devint turbulente, irritable, emportée. Doué d'unesensibilité maladive, ce n'était pas assez d'un amour heureux pour l'absorber. Il chercha dans les orages de la passion un neuve' alim.ent à l'activité de ses forces. Il s'appliqua là ourmentcr en tout sens le cœur de sa maîtresse; il se plut à mouiller de larmes ces yeux qui avaient déjà tant pleuré. Elle aimait donc, puisqu'ils pleuraient encore! Maître du présent et sûr de l'avenir , du moins il le

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