‹ Marianna (volume 2)Chapitre 34 sur 68 · CHAPITRE Vlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlll

ciel , que lu n'espérais plus rencontrer sur la terre : pourquoi donc pleures-tu , misérable ? Elle demeura long-temps anéantie. Jamais la chaîne du devoir n'avait autant pesé sur elle. Jamais, sous l'indifférence de George , elle n'avait enduré ce qu'elle endurait à cette heure sous la passion d'Henry. Elle se rappela les paroles que lui avait dites Bussy, la nuit de leur séparation : ses réflexions furent a mères. Elle commença par s'apitoyer sur son sort, puis, honteuse de son cgoïsme , clic reporta sa pensée sur l'enfant qui souffrait par elle tout ce qu'elle avait souffert; elle s'attendrit sur cette destinéee qu'elle allait briser comme on avait brisé la sienne. A celle idée, son âme se révolta de tout ce qui lui restait de vigueur. Une fois encore elle trouva l'énergie et la volonté de ne pas désespérer d'elle-même. Elle appela à son aide lessouvevcnirs enchantés que lui avait laissés ce jeune

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homme. Elle se dit qu'il était de sa gloire de donner un démenti aux prophéties de George, Elle attisa ses feux pâlissans, et sut en faire jaillir de vives étincelles. Elle retrouva dans sa mémoire l'amour qu'elle eût vainement cherché dans son cœur : l'orgueil, la pitié, l'attendrissement firent le reste. Elle se leva, elle courut chez Henry ; elle gravit l'escalier tortueux , comme autrefois, vive et légère. Henry était absent; il aperçut , en rentrant , sa maît^^esse qui l'attendait. Elle lui sauta au col ; elle lui prodigua les noms les plus tendres et les caresses les plus folles. Elle voulut demander grâce à ses pieds, mais il l'appela dans ses bras et demanda grâce à son tour. Ce fut à qui n'aurait pas raison. Ils confondirent leurs transports, etjamais leur bonheur n'avait brillé d'un éclat plus beau : dernières lueurs

de l'astre près de s'éteindre!

En moins d'une semaine , leur vie avait

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