‹ Marianna (volume 2)Chapitre 51 sur 68 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

amaigrie etsi différente de ccqii'ellcctaiiaulrel'ois, un murmurcdc douloureux élonnemenl s'éleva, et on eut peine à la reconnaître; cependant, chacun s'empressa autour d'elle, et tous se disputèrent ses mains. Il se trouva des femmes qui baisèrent le pan de sa robe.

— Restez parmi nous, disaient-elles, c'est parmi nous que vous êtes née. La vue de nos montagnes vous fera du bien, l'air du pays vous rendra la santé. Que vous voilà triste et changée! mais nous vous guérirons, chère

a me

Et il y en avait qui lui disaient : — Vous avez, pendant trois hivers, vêtu et nourri nos cnfans. Que Dieu vous donne la joie du cœur!

Et d'autres : — Deux ans de suite la grêle à ruiné nos guérets-, raaiscjuand Dieu nous a manqué, vous êtes venue à notre aide. Que le Seigneur vous rende ce que vous avez fait pour nous !

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Une jeune paysanne lui dit :— J'étais pauvre, vous m'avez dotée et j'ai pu épouser mon liancé. Nous nous aimons et nous avons deux filles : l'une s'appelle Marie et l'autre Anne. Que le ciel maintienne le l)oniieur dans votre maison !

En recevant ces témoignages d'une reconnaissance usurpée , madame de Belnave se sentait mourir de honte. Mais elle sedisait> en même temps , qu'il eût été bien doux de l'avoir méritée. Elle commençait à comprendre qu'en dehors de la passion, il reste encore de beaux rôles à la femme, et que tout ce qu'il y a de grand , de noble et d'élevé ne se réduit pas à l'amour.

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CcpeudarU madame de Beinave endurait un mal sans relâche. Elle souffrait sans paix ni trêve, et le souvenir d'Henry flambait, comme un brûlot , à son sein. Ce n'était plus la douleur de l'amour délaissé, cette enivrante douleur (jui ne veut pas ôlre con-

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soléc, où râmc so plonge avidement et se repaît avec volupté. Ce n'était plus ce précieux mal qu'autrefois elle avait caché comme un trésor, sur les dunes de l'Océan. Ah! f;'avait été une noble et belle soulFrance; la soulFrance d'un cœur jeune et vivace, richement doué pour le bonheur. Elle croyait à l'amour, alors; elle avait foi en clle-njême. Le remords n'empoisonnait pas la source de SCS larmes; son martyre la grandissait à ses propres yeux. Elle aimait ses toitures, et voulait en mourir. Cette fois, c'était un mal qdieux, un désespoir terne, une douleur maudite et délestée. Ce n'était plus son sang qui coulait , ni ses pleurs ; mais les pleurs et le sang qu'elle faisait couler tombaient, comme du plomb bouillant , sur elle. \^e jour, elle rencontrait partout l'image éplorée de son amant. La nuit, elle croyait entendre des sanglots dans les silllemens de la bise. Ses

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