‹ Marianna (volume 2)Chapitre 54 sur 68 · CHAPITRE xir · texte numérisé non relu

CHAPITRE xir

— Nous partons, MaricLlc, nous partons!

s'écria-t-cllc avec des transports d'enfant.

— Nous partons, madame! dit Mariette avec une expression de découragement, car elle crut que sa maîtresse retournait dans la capitale , et la pauvre fdie avait vu madame de Beinave tant souflïir à Paris, que Paris, pour elle, résumait l'enfer, et qu'elle eût préféré voir sa chère maîtresse partir pour les Grandes-Indes.

— Nous allons à Blanfort! s'écria Marianna d'un air de triomphe.

— A Blanfort! répéta Mariette en battant des mains; et, contemplant le visage de sa maîtresse, qu'éclairait en ce moment un pur rayon de bonheur :

— Ah! madame, que je suis heureuse ajouta-t-elle en la pressant brusquement dans ses bras.

xiir.

Quand madame de Belnave ne fut plus qu'à une lieue de Blanfort, elle descendit de voiture, et, suivie de Marielle, elle quitta la grand'route et prit à travers champs. Au bout d'une heure de marche, elles arrivèrent à une métairie neuve, où Marianna crut pou-

voir chercher un asile, sans craindre d'être reconnue. Toutefois, elle n'y pénétra qu'après que Mariette se fut assuré par elle-même que sa maîtresse n'y rencontrerait que des visages étrangers. C'était, en effet, des métayers récemment établis dans la contrée. Le mouvement imprimé par Blanforl à l'agriculture et à l'industrie s'était fait ressentir aux environs; quelques années avaient suffi pour changer l'aspect du pays. De nouveaux travailleurs étaient accourus; la charrue avait fécondé les landes incultes ; les pampres doraient les coteaux où croissaient autrefois les genêts; des maisons blanches riaient ça et là dans la vallée, chacune assise en un verger.

Madame de Belnave trouva à la métairie un accueil bienveillant. Une partie de la famille était occupée au dehors ; mais une grosse fille, aux joues vermeilles, restée au logis pour soigner sa mère infirme, reçut l'élrangère

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