‹ Marianna (volume 2)Chapitre 58 sur 68 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

nous Iraînons [>artoul à noire cœur saignant. Leséloiles aliaienl pâlir. Déjà le chant perçant des coqs éveillait le jour. Elle prit le chemin de la métairie, tout y reposait encore. Elle gagna le gîte qu'on lui avait préparé , et, épuisée par la fatigue de cette longue course, moins encore quepar les émotions qui l'a vaient assaillie, elle ne tarda pas à s'endormir d'un profond sommeil. Dans ses rêves, elle vit sa sœur, son mari, et M. Valtone qui lui souriaient avec bienveillance et lui tendaient chacun la main pour la ramener à Blanforl. Appuyée sur le bras de M. de Belnave, escortée de son beau-frère et de Noëmi , elle marchait vers la maison qui allait s'ouvrir pour elle. Les paysans la reconnaissaient et la saluaient sur son passage. A ces témoignages d'affection et de respect , son cœur se gonflait de bonheur : chaque parole bienveillante qui l'accueillait, l'enivrait de joie. Elle entendait

â30 MARIANNA.

le bruit des marteaux retcntissans sur les enclumes. Elle voyait, à travers la feuillée, le toit de la famille qui semblait lui sourire. Au bas du perron , les serviteurs se pressaient; sur le haut, la petite Marie, ses blonds cheveux au vent, semblait l'ange du retour; qui l'attendait pour lui rouvrir les portes de l'Eden. Elle marchait heureuse, enivrée, défaillante, les paupières chargées de larmes. Elle approchait du perron, elle en montait les degrés; mais quand elle voulait franchir le seuil de la porte, elle ne le pouvait pas; une force invisible la clouait à sa place, et vainement la famille entière l'appelait du regard , du geste et de la voix; ses pieds étaient rivés à la dalle.

Page 1