‹ Marianna (volume 2)Chapitre 61 sur 68 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

— Ma sœur ! où est ma sœur ?

Mnrianna venait de quitter la métairie pour

gagner le village.

— C'est donc ma sœur! s'écria-t-elle en se précipitant dans les bras de Mariette. Elle s'en arracha presque aussitôt pour retourner a Blanfort. Elle prit un autre sentier , dans l'espoir de rencontrer Marianna. Mais son regard la chercha vainement le long des traînes. Elle avait peur de mourir avant de l'avoir embrassée; elle ne se souvenait plus do sa lille. Tarfois elle s'arrêtait pour écouter; d'autres fois elle volait d'un pas plus rapide, abusée par quelque blanche robe de bouleau qui perçait au loin les ombres du soir. Arrivée dans la prairie qu'animaient encore les bruits de la léte, elle se dirigea vers le bois , supposant que sa sœur y avait cherché un refuge. Comme elle allait y pénétrer, elle se trouva face à face

avec M. de Celnave (jui en sortait. Son visage 2'"« cdit. II. 22

était pâle et sévère, tout son corps agité par un mouvement convulsif.

— Qu'est-ce donc? demanda- t-elle d'une voix mourante.

— Votre sœur est-là! dit-il.

Et, s'éloignant du bruit et de la foule, il

s'enfonça dans les terres.

Madame Valtone marcha droit au rondpoint. Marianna était étendue sans connaissance sur le gazon. Nocmi se jeta sur elle en criant : — Ma sœur! ma sœur! ma sœur bien aimée! Elle lui prit la tête entre ses mains et la pressa contre son cœur, en l'inondant de pleurs et de baisers. Mais Marianna ne répondait pas-, ses yeux étaient fermés, sa figure livide, son corps froid et inanimé. — Marianna ! Marianna ! ma sœur bien aimée! criait Nocmi. Les yeux de Marianna s'entr'ouvrirent, mais pour se fermer aussitôt. — Morte ! je suis morte ! murmura-t-elle j

Page 1