CHAPITRE XIV
encore appesantis, clic aperçut près d'elle Noëmi qui la regardait. Une petite fdle, assise sur le pied du lit, jouait silencieusement avec les fleurs, moins blanches et moins roses qu'elle, que sa mère avait reçues la veille. Derrière Noëmi, M. de Belnave se tenait, bienveillant et grave. M. Yaltone était retiré dans l'embrasure d'une fenêtre. Marianna crut que c'était un rêve, et ses paupières se fermèrent. Mais, pressée par ses souvenirs, elle les rouvrit presque aussitôt, et promena sa main sur son visage pour s'assurer que ce n'était pas un jeu du sommeil. A la vue de M. de Belnave, elle se rappela ce qui s'était passé dans le bois, et, poussant un cri, elle voulut cacher sa tète sous les couvertures. Mais déjà Noëmi la tenait sur son sein et lui prodiguait les noms les plus tendres; sa nièce lui avait noué ses petits bras autour du col, et M. de Belnave s'était avancé vers elle. II lui dit :
— II n'y a ici ni coupable ni juge : vous êtes chez votre sœur.
M. Valtone, s'élant approché, dit avec émotion :
— Vous êtes aussi chez votre frère.
Elle ne répondait que par des pleurs et par des sanglots.
M. de Beinave s'éloigna au bout de quelques instans; M. Valtone le suivit. Les deux sœurs restèrent seules avec leur fille. Que de baisers et que de larmes! que de joie et que de douleur!
Marianna se leva à l'heure du repas. Instruits de son retour, les serviteurs de la maison étaient rangés sur son passage. M. de Beinave la conduisitlui-mèmeà la place qu'elle occupait autrefois à la table de la famille. Attentif et respectueux, sans affectation de générosité, jamais il ne l'avait entourée de plus de soins et de prévenances. Le repas achevé, on