‹ Marianna (volume 3)Chapitre 19 sur 37 · CHAPITRE VF. ICI · texte numérisé non relu

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apivs lui que des lisons noircis et des cendres a mères.

Placée entre ces deux écueils, Marlanna n'avait pas hésité. La lettre que lisait Noëmi était une confession rigoureuse qui n'omettait que le nom de Bussy. Marianna n'y cherchait pas d'excuses; elle y rappelait impitoyablement tous les litres de M. de Belnave à son amour et à sa reconnaissance , tout ce qu'il avait fait pour elle, pour sa joie et pour son bonheur. Sa douleur était vraie, et l'expression en était touchante; mais l'orgueil des anges déchus y perçait encore à travers les larmes. — « Et main tenant que j'ai tout perdu , écrivait-elle en terminant, tout, jusqu'au fier sentiment de moi-même, rapporterai-je auprès devons les misérables agitations d'un cœur qui ne s'appartient plus? Non. J'ai failli, je subirai la peine de mon crime; je saurai vous épargner ma honte. Indignede votre tendresse, je m'in-

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tcrdis jusqu'à votre pitié. Adieu donc, ù le meilleur et le plus outragé des hommes! Du moins , je n'aurai pas souillé l'air que vous respirez , et votre souvenir, qui me suivra partout dans mon exil, sera mon châtiment et mon désespoir éternels. Hélas! si je n'ai su trouver le bonheur près de vous, c'est que j'étais maudite en naissant. »

Ainsi, la faute prévenait l'arrêt du juge, et, se frappant elle-même, repoussait tout espoir de grâce et de pardon.

Un divorce si éclatant avec le monde devait nécessairement révolter un esprit imbu de toutes les idées sociales.

Madame Yaltone froissa silencieusement entre ses doigts la lettre qu'elle tenait encore, et se tournant vers Marianna :

— Ma sœur, lui dit-elle, il y a dans la franchise de vos aveux et dans la rigueur de votre justice une apparente grandeur dont vous êtes

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