‹ Marianna (volume 3)Chapitre 28 sur 37 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

le cri d'une conscience noble mais imprudente; elle prévint les aveux de sa sœur; elle trompa M. de Belnavc pour les sauver tous deux. Marianna fut touchée sans doute de la conduite de son mari, et son orgueil dut s'humilier devant une vertu si grande. Sans doute, en voyant quelle àme elle avait outragée, elle comprit l'énormilé de ses fautes; en cédant à la voix de son épou>;, elle obéit aux mouvemens de son cœur. Mais, sans doute, ce cœur superbe aurait rejeté avec indignalion le mensonge de Noëmi, et, renonçant à tout espoir de pardon, se serait accusé impitoyablement, s'il n'eût tremblé pour la vie de M. de Bclnave, et pour une autre vie non moins chère.

M. Valtone, qui par discrétion s'était abstenu de paraître à la première entrevue, arriva quelques heures après. Durant la route,

les deux amis s'étaient tout confié l'un à Tau- 2"»«édH, I. 17

Irc. M. Valtone avait pris connaissance de la lettre de George Bussy; M. de Beinave, en arrivant à Paris, savait que Noënii l'y avait devancé. Tous deux étaient venus avec des idées de vengeance : seulement M. de Beinave avait considéré la vengeance comme un espoir éloigné, comme le dernier parti qui lui resterait à prendre, dans le cas où tout serait perdu pour lui; M. Valtone, au contraire, l'avait envisagée comme le but direct, comme la conséquence obligée de ce voyage, et, à vrai dire, il n'avait suivi M. de Beinave que pour l'assister dans la rencontre qu'il regardait comme inévitable. Il serait diftîcile de peindre l'étourdissement de cet honnête M. Valtone lorsqu'il apprit que toute cette affaire était terminée à l'amiable, et qu'on s'en retournerait, sans coup férir, à Blanfort. Il crut d'abord que M. de Beinave voulait détourner les soupçons de Noëmi et de Marianna;

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