‹ Marie-Antoinette et la procès du collier d'après la procédure institute devant le Parlement de ParisChapitre 5 sur 37 · M A H I E- A N T O I X ETTE · texte numérisé non relu

M A H I E- A N T O I X ETTE

S’il faut en croire M. Beujjnot, ce mariage était devenu indispensable. « Dans le même mois, on

« A MONSIEITII I.’aIIBÉ DK noi nBOV *, A .SOX HOTEL, CLOITHE SOTIIE-DAME, A PARtS **.

• De Jarcy, le ÜO Dovenihre 17K4.

n Monsieur,

Il Né teins pas pins a mon aise actneleinerit que je ne lai tait lorse que jai eu l’onlienre de vous prieé de vous loir bien vous intéressé à mon marheurenx sor, et que vous me pariite vous y intéraiser, cela me donne, nioiisi<‘iir la ardiaise de vous réliitéré et vous demandé vos bonté que j’espere trouver en vous, aitenis ausi eompalissens que vous laite et entendans publiée vos bien fait partout, eela me faites espéré que vous vous devé bien miî maitre au nombre de vos iieiirciix , jai eu ausi l’onlieure de vous donné deux mémoire |)our bis présenter a mes dame, vous médité, monsieur quelle ne pouvai rien dans ce tems la et quil lalait atendre un teins plus favorable, ne pouvant plus exciter (lisez exister) sans se coure sait a vous monsieur que jai recoure, diiijfiiié (lisez duhjncz) donc jiarjjrace y avoir ai|;ar, je vous auré une ternaille obligasion; je fait et feré des veux pour la conservasion de votre sente qui mais et me sera chère toute la vie.

I) Je sui monsieur

1) Votre très obayscenle servante Il De Valois.

• A Tabbayc de Jarcy, près Bri-Comte-Robert. »

» MEMOIRE JOINT A LA LETTRE PnÊCÉDENTE.

)) Mademoiselle de Valois a l’honneur de descendre de Henry II , roi de France; .scs auteurs .sont tombés dans l’in-

* li'abbc (le Bourbon était ftU naturel de TuOtiii W.

*• Archives de t Empire , Section liisl., autographes.

m’écrivait qu’il était .sérieusement «jiiestion du mariage de mademoiselle de Saint-Remy l’aînée avec M. de Lamotte ; que le mariage était aiTcté , et qui plus est avec l’approbation de l’évêquc de Langres, et enfin que le mariage était célébré. Chacune de ces nouvelles redoublait, en se succédant, l’étonnement que m’avait causé la précédente, et il restait à son comble lorsque j’appris que le mois suivant madame de Lamotte était hemeusement accouchée de deux garçons qui n’avaient vécu que

forluno la plus accablante, mais ont toujours conservé le sentiment de leur origine, et ne s’en sont jamais montiés indignes. Soutenue par la bienfaisance de madame la marquise de Boulainvilliers , mademoiselle de Valois a fait retentir ses géiuissemenls jusqu’au trône. Sa Majesté a reconnu son e.’ctraction en I77(), et a donné des ordres jx)ur qu’on la tirât de la misère affreuse qu’elle supportait avec plus de courage <)ue de force. Ou a commencé j>ar lui faire une pension de 800 livres en lui promettant ilavantage. Madame de Boulainvilliers, tant qu’elle a vécu, a suppléé à l’insuffisance de cette pension; elle est morte. Mademoiselle de Valois, réduite à 800 livres, obligée d’en donner (iOO pour sa pulsion au (xmvent, se trouve dans la plus grande nécessité. J>e sang qui coule dans ses veines ne lui lai.sse d’autre ressource que d'implorer la pitié et la générosité de la famille rovale; elle ne peut ni ne doit mendier des secours vulgaires, et il fallait toutes les vertus de madame de Boulainvilliers pour qu’elle eût le droit d’être la bienfaitrice de madcmoi.selle de Valois. »

Pendant la Terreur, le l27 janvier 179i, mademoiselle de Valois fut emprisonnée à la Bourbe; transférée aux Carmes le 7 thermidor au II; elle ftit mise en liberté le 5 fructidor de la même année.

MAItlK-ANTOIXKTTK

quelques jours ' . I<a (I(Tiiière circoustauco ravalait à la classe des événements fort vuljjaires un hymen <[ui jusque-là j)araissait si éfranjje »

Madame de Lamotte avoue cet accouchement , mais elle ajoute qu’il fut avant ternie; les témoignages que nous venons de citer permettront au lecteur d’apprécier cet événement.

Le congé de M. do Ijamotte étant expiré, les deux époux séjournèr ent quelque temps à Lunéville, où ils SC concertèrent sur les moyens d’obtenir, par le crédit de madame de Boulainvillicrs, un poste avantageux pour M. de l.amolte.

Pour arriver à ce rc'sultat, il fallait se rendre à Paris, et M. de Ijamotle sollicita un congé; mais comme depuis un an c’était le troisième (ju’ii demandait, et qu’il en avait déjà obtenu deux, on le

* Mémoires de Beuijnol, etc., p. 5!). Il parait cortain que M. Beugnot avait été quel«pie temps assidu auprès do Jeanne de Valois, et qu’il avait même songé à l’épouser.

* Un homme qui va joiu'r un rôle dans le procès du collier, Bélaux de Villolte, ami intime de M. et de madame de l.amotte, avoua à rins]n>cteur de ]>olice Quidor que, lors d(^ son mariage, madame do l.amotte était enceinte. Cet aveu confirme parlailement la version doM. Bengnot, cpie M. Louis Lacour attribue au dépit d’avoir rencontré en JI. de Lamotte ttn rival heureu.x.

Je crois que Al. Beugnot , à répo<]UO où il écrivait ses Mémoires, ne devait plus avoir le moindre dépit contre RI. de Lamotte, et je suis sûr qu’il était parfaitement consolé du chagrin qu’avait pu lui causer son échec.

lui refusa; mécontent de ce refus, il donna sa démission.

Madame de Boulainvilliers se trouvait alors à Strasbourg, l’ex-gendarme et sa femme s’y rendirent pour la voir; mais elle venait de partir pour Saverne, et ce n’est tpie dans cette ville qu’ils purent la rencontrer; ce fut aussi à Saverne que madame de Lainotte vit pour la première fois le cardinal de Rohan ' .

liOuis-René-Kdoiiard, cardinal de Roh<m, gi’and aumônier de f’rance, commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, évêque de Strasbourg et prince de l’Empire, abbé de Saiiit-Waast, de la Chaise- Dieu, etc., supérieur général de l’hôpital royal des Quinze-Vingts, docteur, proviseur de Sorbonne et l’un des quarante de l’Académie Française *, était né en 1734.

D’abord évêque de Canope, puis coadjuteur du prince-évêque de Strasbourg, sou oncli;, il avait été nommé vers 1772 par les intrigues de mesdames de Marsan et de Guéinéuée, ses parentes, à l’ambassade de Vienne, occupée alors par le baron de Bretcuil, qu’il supplanta.

* Vie de Jeanne de Sainl-Beiny, etc., p. 211.

’ Il avait été reçu à rAciuléniie le 11 juin 1701, en reniplaceinent de Séguy.

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Intelli{jont et spirituel, mais vain et superficiel, le prince liOiiis, comme on le nommait alors, ne commit dans cette haute position que des inconséquences. S’il faut en croire madame Campan ', il fut à V ieuue l’écho de ce que le parti hostile à la jeune Dauphine Marie-Antoinette appehait ses légèretés, c’est-à-tlire de son mépris pour l’étiquette. Ces futilités, mal pia'scntées à l’impératrice Marie- Thé rèse, mère de la Dauphine, attirèrent plus d’une fois à celle-ci de la part de la cour de Vienne des représentations injustes, qui furent la source première de sa froideur pour M. de Rohan.

C’est à cette époque que se jilace le grief le plus important de Marie-Antoinette contre le jirince. A un souper fait chez madame du Barry, cette favorite lut à haute voix un(! lettre adressée au duc d’Ai{fuillou, dans laquelle M. de Rohan, parlant du démembrement de la l’oiogne, représentait l’impéiatiûce Maiie-Thérèse essuyant d’une main les larmes qui tombaient de ses yeux, et de l’autre tendant le glaive qui devait servir au partage de ce malheureux pays et à lui en assurer sa part.

Marie- Antoinette eut bientôt connaissance du fait; elle y vit une insulte personnelle et un sujet d’éloignement définitif pour le prince Louis.

Du reste, rimpératricc elle -même se d<’fiait

* Mémoires de miulamc Campait, cliap. m.

depuis quelque temps des rapports (pic M. de Rohan lui adressait sur les prétendues inconséquences de la Dauphine; elle envoya à Versailles le haron de Ncni pour savoir la vérité, et celui-ci démontra sans peine à sa souveraine (pic tous les reproches qu’on faisait à Marie- Antoinette étaient calomnieux, et que sa conduite était à l’abi i de tout blâme ; ce fut alors que Marie-Thérèse, édifiée sur le compte de l’ambassadeur de France, sollicita et obtint du ministre des affiiires étrangères le rappel de M. de Rohan.

Cet événement eut limi eu 177-4, deux mois après la mort de I^ouis X\^. I^cs {jriefs mis en avant par la cour de Vienne étaient, dit madame Campan ' : U 1° les {jalanterics puhliipics du prince Louis avec des femmes de la cour et d’autres d’un raïqj moins distinfpié; 2" sa morjfue et sa hauteur à l’é{;ard des autres ministres étrangers, ce qui aurait eu des suites majeures, surtout avec les ministres d’Anjjleterre et de Danemark, si l’Impérati ice elloméme ne s’en fût mêlée ; 3’ son mépris jiour les choses de la religion dans le pays où il était le pins nécessaire d’en montrer. On l’avait vu souvent se revêtir d’habits de toutes les couleurs, prenant les uniformes de chasse des différents seijfneurs chez (jui il allait, avec tant de publicité, qu’un jour de Fête-Dieu, lui et toute sa légation, en uniforme vert galonné eu

’ Mémoires de madame Campan, rhap. lll.

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