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Ce passage subit de la détresse à l’opulence excitait cependant l’étonnement de tous ceux qui avaient connu auti'cfois le couple Lamotte; à leurs questions on répondait en parlant de la favem’ qu’accordait Marie- Antoinette à la descendante des Valois, et, pour preuve de cette faveur, on mon-
* Information : Déposition de îSicolas Loth, prêtre, religieux iiiiuiine do la place Royale, âgé do quarante-sept ans.
’ Information : Déposition de Picrre-Auguste-Sinion Régnier, âgé de ejuarante et un ans, orfèvre, pont Saint-Michel.
KT I.E PnOCÈS DU COLLIER. 71
trait à Grenier une lettre soi-disant écrite par la Reine, mais en lui défendant de la lire
Cette faveur, ce crédit, dont madame de l^amotte prétendait jouir à Versailles, la faisaient rechercher avec avidité par une foule de {jens qui désiraient, les uns pour un marché, les autres pour une place, avoir la protection du ."ouvernement. Parmi ceux qui entouraient le plus la prétendue favorite de Marie-Antoinette, se trom’aient, à la fin de déeemhre 1784, un avocat en Parlement du nom de fjaporte, et son beau-père le sieur Achet; madame de Ijamotte avait tenu sur les fonts de baptême le premier enfant de ce Laporte *, et quelques relations de politesse et d’intérêt s’étaient engagées entre eux. Achet et son gendre étaient deux faiseurs d’affaires cpii SC trouvaient liés d’amitié avec le joaillier Rassenge ; ils connaissaient donc toute l’histoire du collier, peut-être même avaient-ils entendu raconter à Bohmer toutes les démarches qu’il faisait en vain depuis sept ans pour se débarrasser de scs diamants. Laporte et son beau-père eurent l’idée d’en parler à madame de l.amotte, et le 29 décembre 1784 ils se présentaient tous deux suivis de Basseiige, rue Neuve-Saint-Gilles , pour la prier d’essayer de faire vendre le collier^. Elle ne leur promit rien, ne s’étant
' Information : Pépositinn de Grenier.
^ Information : Déposition de J. IL de Laporte, âjjé de trente-deux ans, avocat en Parlement, rue de Verneiiil.
’ Information : Dépositions do Louis-François Achet, â{jé
72 MAIUF.-ANTOINETTE
jamais mclùe de scniL)lal)le iiéjjociatum ; ci’pciulaut ils insistèrent, cxliibèrent leur joyau, et elle finit j)ar leur dire (jue si l’occasion s’en juésentait, elle en dirait quelques mots
Trois semaines se passèrent sans (|u’oii entendit plus parler de rien; Bassenjfe avait même perdu^ tout espoir de ce côté. Cependant il continuait à prier Aehet de s’occuper de cette uéj|oeiation, en lui promettant 1,000 louis s’il réussissait; mais Aehet refusait la récompense pour lui , et priait le joaillier de reporter sa bieuveillance sur son j;endre Laporte
Celui-ci fut dépêché chez madame de Lamotte pour savoir s’il n’y avait rien de nouveau il lui fut répondu que les joailliers eussent à se présenter chez elle. Immédiatement Bassenye et Aehet se rendent à la rue Neuve-Saint-Gilles, c’était le 21 janvier 1785, et là madame de Lamotte leur dit que la Reine désirait faire emplette du collier, dont elle avait la plus grande envie; mais que, ne voulant pas traiter directement avec les joailliers, elle chargerait un
de quarante-neuf ans, avocat en la cour, ancien substitut du procureur (jénéral aux requêtes de l’iiôtel, officier honoraire de la {jarde-robede AIossikuii , frère du Roi, rue de Vcrneiiil ; — et de Paul Rassenge, joaillier, âgé de quarante-quatre ans, rue Vendôme.
‘ Interrogatoire de niadanie de Lamotte.
’ Information : Dépositions d’ Aehet et de Bassenge.
* Information : Déposition de Laporte.
KT l.K PROCÈS DC COLLIER. 73
{rrand sei{jneur de la néjfociation ; et qu’elle, madame de Lamottc, leur conseillait de prendre toutes leurs sûretés vis-à-vis de ce fjrand seijfueur ‘ . Basseiiffc, au comble de la joie, la pria alors de vouloir bien accepter un gage de sa reconnaissance; mais elle reliisa noblement.
M. de Lamotte, qui n’était pas encore sans doute le confident des projets de sa femme, ne comprit rien à ce désintéressemeni , l’en blâma fortement, et l’engagea à revenir sur sou refus. Il fut convenu entre eux et l’orfévre Grenier qn’on demanderait aux joailliers un cadeau, se composant d’une paire de boucles d’oreilles, de deu.x montres, de deux cbaînes enrichies de diamants, de deux solitaires, l’un valant 15,000 francs, l’autre 9,000, et d’un médaillon * .
Le 24 janvier, d’assez bon matin, M. et madame de Lamotte se rendirent rue de Vendôme, où demeuraient Bobmer et Bassenge; ils les confirmèrent dans la nouvelle de l’acquisition du collier faite au uom de la Heine, et leur annoncèrent que le grand seignem- chargé de la négociation ne tarderait pas à paraitre; madame de Lamotte leur recommanda de nouveau de prendre leurs sûretés, et ajouta qu’il était inutile qu’on la nommât dans cette affaire ’.
' Information : Déposition de Basscnjjc.
’ Information : Déposition de Grenier.
* Information : Déposition do Jtassenge.
Un (jiiart rl’lieiire après le départ des deux époux, le grand seigneur arriva : c’était le cardinal de Rohan; il demanda à voir le collier, s’enquit du prix et des arrangements h prendre pour le payement. Bassenge lui répondit cpie le collier valait 1 ,600,000 francs , et que quant aux arrangements à prendre pour le payement, ils demanderaient une partie comptant et accorderaient des termes pour le suqilns; qu’au reste il fallait se hâter si l’on voidait faire cette emplette, car la cour d’Espagne, à <(ui on avait proposé la négociation, n’était pas trèséloignce d’accepter leurs offres.
Le cardinal se retira eu disant cpie ce n’était pas pour lui qu’il achetait, rpi’il rendrait compte à la personne intéressée des propositions qu’on lui faisait, et que sous peu de jours ou aurait sa réponse.
En effet, le 29 janvier, Bohmer et Bassenge furent mandés rue Vieillc-du-Temple , à I hôtel de Strasbourg, chez AI. de Rohan; il leur dit que scs nouvelles instmetions l’autorisaient à traiter de l’acquisition du collier, et leur montra les eonditions du marché écrites de sa main '.
Ecs joailliers livraient leur collier pour une somme de 1,600,000 livres. TiC premier terme de payement devait échoir en août 1785, il <‘tait fixé à une somme de 100,000 livres, et successivement de même, de
* Information ; Déposition de Ba.sseii{;e.
quatre mois en c|uatre mois , jusqu’à pariait acquit des 1 ,GOO,(XK) livres ‘ .
Bôlimer et Basseu{];e acceptèrent ces conditions, signèrent le papier sur lequel elles étaient inscrites, et se retirèrent.
Deux jours après, le cardinal les fit appeler de nouveau, en leur recommandant d’apporter le collier. Bolimer et Bassenge se rendirent chez lui. M. de Bohan leur montra les conditions du marché qu'ils avaient signées le 29 janvier, elles étaient approuvées par la Beine et signées Marie- Antoinette DE Fr.vnce*. Les deux joailliers ne connaissaient pas la signature de la Reine, qui ne leur avait jamais donne que des ordres de vive voix, ou fait écrire par l’une de ses femmes ou par l’un d(?s garçons de sa chambre ; aussi s'eu rapportèrent-ils aux assurances que leur donna le cardinal sur les approuvé et sur la signature de Marie- Antoinette ’. M. de Rohan ajouta qu’il ne pouvait se dessaisir de ce papier, et, pour le prouver, il leur montra quelques lignes d’une lettre qu’il ploya en deux pour ne leur laisser lire que ces mots : « Je. n'ai pas coutume de traiter de cette manière avec mes joailliers ; vous garderez ce papier chez vous, et an'angerez le reste
* Information : Déposition de Cliarles Baiidard de Saint- James, âgé de qnaranic-sept ans, place Vendôme.
* Information : Dé|K)sition de Bassenge.
* Information : Déposition do CliarIcs-.Viigiiste Bôlimcr, âgé de eiri(|uante et un ans, 20, me Vendôme.
M A n I K- A N TO I N KTTK
comme vous le jmjercz conoentihle. » Cette lettre, leur dit-il, était de la Reine; et, pour donner encore plus de garantie à Roliiner et à Rasseiijje, il leur promit de mettre les conditions du marché sous enveloppe, et d’éei ire dessus de sa main qu’en cas de mort le papier leur fût remis.
« Maintenant que l'affaire est terminée, ajouta le cardinal, je puis vous dire que j’ai été ohli{;é de conseiller à la Reine de ne pas faire cette emplette, et de lui dire que c’était une folie de dépenser une somme aussi forte pour une pamre. Au reste, soyez sans iiKjuiétudes , mes représentations n’out pas été écoutées; mais, aux époques déterminées, je solliciterai le |)ayement que vous devez recevoir. »
Les joailliers se retirèrent ciicliantés et persuadés que la Reine avait acheté leur collier
Le jour même, l*"^ lévrier, vers le soir, le cardinal de Rohan se rendait en toute hâte à Versailles, aceompajjné d’un de ses domestiques, (jui porUiit les diamants dans un cofii et; madame de Lamotte y avait donné rendez-vous au grand aumrtuier, dans le petit logement qu’elle occupait place üauphine, pour assister à la remise du collier, (jui devait être livré, devant lui, à un homme envoyé par Marie- Antoinette.
M. de Rohan était à peine entré dans l’appartement, que madame de Lamotte lui annonçait l’ar-
* Information : Déposilioii de Hassenge.
ET LE PHOLES DIT OOLLIEU.
rivpe de l’homme de confiance de la Reine; il n’eiit que le temps de passer dans itnc alcôve vitrée, d’où il vit cet homme remettre une lettre ù la maîtresse de la maison, (jiii en prit lecture, et lui donna le coffret où se trouvait le collier.
L’homme disparut aussitôt.
Le cardinal crut reconnaître cet homme, que madame de Lamotte lui assura être un nommé Desclaux, yarçon de la chambre de la Reine, et qui n’était autre <|iie Rétaux de Villette, à qui la femme de chambre Rosalie Briffaut ouvrait la porte ce soir-là à onze heures, et qu’elle introduisait dans l’appartement '.
Le 2 février, Bassenge, Bôlimer et sa femme se rendirent à Versailles pour voir si la Reine portait le collier, et comme rien n’était changé dans la parure de Marie- Antoinette, ils s’en plaignirent le lendemain 3 au cardinal ; M. de Rohan leiu' répondit que des personnes très-sages avaient (conseillé à Sa Majesté de ne pas porter (;ette parure avant qu elle eût prévenu le Roi de l’emplette qu’elle venait de faire, et il ajouta qu’aussitôt qu’ils trouveraient l’occasion de remercier la Reine, ils eussent à lui présenter l’expression de leur reconnaissance.
' Ck)nfrontation du cardinal avec in.-idauic de I.amotte et autres accusés.
11 n’est pas étonnant que .M. d(> Rohan crût reconnaître Rélaux de Villette; celui-ci était en effet l’un des principaux acteurs de la scène do la d’Oliva, où il avait figuré coinnie étant quelque chose dans la maison de la Reine.
liC 4 février les deux joailliers allèrent faire leur visite à celle qui avait été pour eux un si bon intermédiaire, et ils prièrent madame de liUmotte à diner chez eux; elle accepta : le repas eut lieu huit jours après
Bobiner et Basseujje avaient été obligés, pendant les longues années que le collier était resté dans leurs mains, de faire dessus quelques emprunts. Le financier Saint-James, entre autres, leur avait prêté 200,000 livres, payables dans le même mois de février; à l’i-poque de récbéance, ils demandèrent à leur créancier un délai jusqu’au mois d’août prochain, en lui expliquant les raisons de cette demande, et en lui eonfiant qu’ils avaient enfin vendu leiu’ parm’e à la Reine, par les soins du cardinal de Rohan, qui avait entre les mains les conditions du marché.
Le financier fit demander une audience à Son Éminence, qui, après lui avoir recommandé le secret, lui confirma les dires des joailliers et lui montra le marché revêtu des apfjrunvé et de la signature, Marie- ANTOINETTE DE France L
Cependant les époux Lamotte , possesseurs d’une aussi belle proie, ne restaient pas oisifs. Immédiatement le luxe de leur maison augmente d’une façon inouïe, et partout on les voit ayant, sans exagération, les mains pleines de diamants.
* Information : Déposition tlo Bassonge.
’ Information ; Déposition de Baudard de SaintJaiiies.
ET LE PROCÈS DU ÇOl.EIER. 79
Ils SC rendent chez I horloffer Furet et lui achètent trois pendules du prix de 3,720 livres, et, la veille du jour où les pendules doivent être livrées, ils donnent à compte deux diamants évalués 2,700 livres; de plus, madame de Lamotte propose à Furet de lui faire une montre enrichie de pierreries quelle fournirait elle-même; elle tire alors de sa bourse plusiem s diamants (pi’elle fait voir à l’horloger; celui-ci lui fait observer (ju’ils sont trop gros pour une montre, et offre de les lui monter sur des bracelets ‘ .
Mais le plus important pour M. et madame de Lamotte était de transformer en argent les diamants du collier; c’est encore à Ilétaux de Villette qu’ils s’adressèrent pour y parvenir; Rétaux, l'intime ami de madame de Lamotte, le faussaire qui avait contrefait l’écriture de la Reine, rhomme qui avait été acteur dans les scènes de la d’OIiva et de la remise du collier, j)roposait , dès le 15 février, à un jiiil nommé Vidal, trois [taquets de diamants valant environ 20,000 livres*; mais celui-ci, craignant qu’ils ne lussent le [jroduit d’un vol, tant ils étaient offerts à vil prix, prévenait l iuspectcur de police du quartier Montmartre; celui-ci mandait Rétaux “ à
* Information : Déposition de Furet.
* Information : Dé[>osition d’I.sraël \'idal, âgé de einquante-cinq ans, iiiairhaiid, nie .Neuve Sainl-Kustnrhe.
* Information : Déptsilion île l.oiii.s-.Marc-Anloiiie Hélaux de Villette, âgé de trente-eiiiq ans, ancien geiidarine.
M A R I K- A N TOI X ETT E
son bureau, et lui demandait d’où provenaient ces diamants; après un peu d’hésitation, Villette lépondait qu’ils provenaient d’une dame de Lamotte, à qui il les avait rendus; malgré cette réponse, l’inspectenr de police le conduisait chez le commissaire ' Gauthier, pour y faire sa déposition et y subir inteiTogatoire ‘ .
INTERROGATOIRE DU SIEUR RÉTAUX DE VILLETTE , ’ ARRÊTÉ DK l’oRDRE DU ROI*.
• U 16 février 1785.
« L’an mil sept cent (|uatre-viu{ft-cinq, le mercredi seize février, une heure de relevée, en notre hôtel et par-devant nous, Augustin -François Gauthier, avocat en Parlement, conseiller du Roi, commissaire au Châtelet de Paris , est comparu le sieur .Jean-François de Brujfnières, conseiller du Roi, inspecteur de police.
■ F>equcl a conduil devant nous , en vertu des ordres du Roi dont il est porteur, le sieur Louis-Murc-Antoine tiétdux de Fillette, ancien gendarme Dauphin, demeurant rue Saint- Louis an Marais, n° 53, pour être interrogé sur la vente qu’il a voulu faire
' Information: Déposition de Jean-François de Bnigniéres, âgé de cinquante ans, conseiller du Roi, inspecteur de police du quartier Montmartre, rue Taitbout.
’ Archives de P Empire , Y, 12076.
d’une quantité assez considérable de diamants et a signé
DE Brugnières.
Desquelles companitions et dires avons donné acte audit sieur de Brugnières , et ayant l'ait comparaître le particulier arrêté, lequel après serment par lui fait de diie vérité, interrogé de ses noms, surnoms, âge, qualité, pays et demeure,
A répondu se nommer Louis- Marc- A ntoitic Retnux (le Valette, âgé de trente ans, ancien gendarme Dauphin, natif de Lyon, demeurant rue Saint-Louis au Marais , n° 53 , vis-à-vis les dames du Calvaire.
Interrogé s’il a proposé en vente aux sieui-s Adam et Vidal une quantité de diamants sur papier,
A répondu que oui.
Interrogé quel était le nombre et la qualité de ces diamants, et s’ils lui appartiennent,
A répondu qu’il y avait quarante diamants brillants, de la valeur d’environ 400 francs pièce, qu’ils ne lui appartiennent pas, mais à une dame qui l’avait chargé de les vendre, et à laquelle il les a rendus; qu’il ne pourrait sans compromettre cette dame la nommer, à moins d’un ordre exprès de M. le lieuteuant général de police, à qui seul il la nommera s’il l’exige.
Interrogé s’il a été mis en jirison ou repris de justice ,
A répondu que non.
Lecture à lui faite de son interrogatoire et de ses réponses, a dit icelles contenir vérité, y a persisté et a signé
Rétaux de Villette.
li’ ayant fait fouiller, ne s’est rien trouvé de suspect.
Ce fait , nous avons laissé ledit sieur Bétmix di; ni telle au sieur de Bruguières, pour être conduit citez M. le lieutenant de police, à l’effet d’être par lui ordonné ce qu’il appartiendra.
Siijnè Gauthier. de Brugnière.s. »
Du cabinet du commissaire, Rélaux de Villette fut conduit chez M. Tjcnoir; là il répéta ce qu’il avait (lit à l’inspecteur, que ces diamants lui avaient été confiés par une dame de Lamottc-Valois; la réputation de madame de Lamotle était a.ssez é([uivoquc pour que M. Lenoir chargeât de Brugnières de voir an bureau de sûreté s’il n’y avait pas de déclaration de vol de diamants; celui-ci s’y rendit, mais comme il n’y avait aucune plainte de déposée, l’affaire n’eut pas de suite ' .
Cette tentative infmctueuse arrêta quelque temps le désir qu’avait madame de Lamotte de faire de l’arjfcnt avec les débris du collier; (die résolut de se borner pour le moment à se garnir un riche écrin, et se fit monter par l’orfévre Régnier deux gros
' Iiiformalion : Déposition de Brugnières.
KT LF, PROCKS DU COLl.lER.
brillants pour bagues, valant environ 25,000 livres les deux; puis elle paya cette dépense et quelques autres dettes qu’elle avait chez le joaillier, avec des diamants dont le détail suit : vinyt brillants du poids de quarante-deux karats, an brillant de dix-se[>t grains et trente- neuf brillants de cinquante -neuf karats et demi. Rejjnier, pour faire de l’aigent de ces bijoux, les remit à une courtière, la femme Coquelin , qui les vendit successivement à liailleul , orfèvre, rue Saint-Louis; à fiangrade, joaillier, quai des Orfèvres ; à Montagne, joaillier, rue Saint- I,ouis, et en retira une somme de 27,700 livres On pense bien que ce n’étaient que les plus petites pierres du collier et les plus communes que madame de Lamotte pouvait aiusi montrer à des joailliers; les plus belles étaient trop connues , et n’eusseul pas d’ailleurs tardé à revenir entre les mains de liülmicr ou de Bassenge, et tout eût ét»* découvert. Aussi est-ce à l’étranger qu’elle voulut écouler ses plus beaux diamants. Déjà Rétaux, lors de sa compaïution devant l’inspecteur Rruguières, avait parlé de vendre des pierreries en Hollande*. Cette idée, (jui au mois de février ii’ctait encore «ju’eii germe dans la tête de madame de f,amotte, y prit plus de consistance pendant le mois de mars suivant, car, à cet te
’ Information : W]M>silions de Refjnier et de Marie-Madeleine Martin, femme de Claude Coquelin , â{;ée de cinqiiaiit(>deu.x ans, courtière en diamants, rue de la Itarillerie.
“ Information : Déposition de Bruguières.