‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 101 sur 142 · Mt'n.ires de malanif Campan, p. *^l · texte numérisé non relu

Mt'n.ires de malanif Campan, p. *^l

qui venait de soulever sans le savoir une amertume de son àme : « Ce n'est certainement pas de maman, dit-il, que vous voulez parler, lorsque vous vous exprimez ainsi. »

Les femmes de la reine, dans le cercle duquel se passait cette scène touchante, baissèrent les yeux, étonnées de la réflexion du jeune prince, et n'osant en contredire la justesse. L'une d'elles, M"* de Neuville, première femme de chambre de la reine, se hasarda cependant à prendre la parole et à essayer de le détromper en disant : « Eh! pourquoi la maman de Monseigneur n'est-elle pas heureuse? » Le jeune prince poussa un profond soupir, et regardant minutieusement autour de lui, comme pour garantir le secret qu'il allait révéler de toute oreille indiscrète, il ajouta, d'une voix entrecoupée : « Non, vous dis-je, maman ne peut pas être heureuse; elle pleure toujours. » Ce récit fit verser des larmes à toutes celles qui l'entendirent. « Voilà donc, se disaient-elles, la cause des yeux rouges de notre malheureuse maîtresse! Quelle grandeur d'âme, de passer ainsi la nuit dans les pleurs et d'avoir la force de conserver pendant le jour la sérénité sur le front et le sourire sur les lèvres * ! »

Ces douleurs de la reine, dont ceux qui ne les connaissaient pas devinaient avec leur cœur le touchant mystère, n'étaient pas toujours amères et solitaires. Parfois un touchant échange de souhaits, un naïf témoignage de sympathie, un élan spontané d'admiration et de piété, venaient lui révéler l'existence d'une sorte d'inoffensif parti, composé surtout de femmes qui ne pouvaient que mêler leurs larmes aux siennes, mais qui, du moins, en adoucissaient ainsi l'amertume. Il est juste de laisser à M"* Campan l'honneur de ce récit, dont nous lui devons l'émotion :

i. Mémoirei de IVtber, p. 285.

380 BIARÎE-ANTOINETTE

Un jour, pendant ce même voyage de Saint-CIoud, je fus témoin d'une scène bien attendrissante et que nous eûmes soin de ne pas divulguer. Il était quatre beare» de Taprès-midi, la garde n était pas montée, il n*y avait presque personne ce jour-là à Saint'Cloud, et je faisais une lecture à la reine, qui travaillait à son métier dans une pièce de son appartement, dont un balcon donnait sur la cour. Les fenêtres étaient fermées; nous entendimes cependant un bruit sourd formé par un grand nombre de voix qui semblaient n'articuler que des sons étouffés. La reine me dit d'aller voir ce que c'était ; je levai le rideau de mousseline, et j'aperçus au-dessous du balcon plus de cinquante personnes; celle réunion était composée de femmes jeunes et vieilles, parfaitement mises dans le costume en usage à la campagne, de vieux chevaliers de Saint-Louis, de jeunes chevaliers do Malte, et de quelques ecclésiastiques. Je dis à la reine que c'étiiit probablement une réunion de plusieurs sociétés des campagnes voisines, qui désiraient la voir. Elle se leva, ouvrit la fenêtre et parut sur le balcon. Voilà tous ces braves gens qui lui disent à voix basse : « Ayez du courage, madame, les bons Français souffrent pour vous et avec vous; ils prient pour vous, le ciel les exaucera; nous vous aimons, nous vous respectons, nous révérons notre vertueux loi. •

La reine fondait en larmes et avait porté son mouchoir sur ses yeux.

u Pauvre reine! elle pleure! » disaient les femmes et les jeunes ûlles. Mais b crainte do comproineltn» la roino ot mi^ini» los pcrs)nnCîî qui lui montraient tant d'ainour m'inspira do promlre la main de Sa Majoslc'*, avec le si«îne do vouloir la fain* rentrer dans sa eliaml)re; et, en lovant les yeux, jo (is entendre à cette estimabl«' société (juo la prudence dictait ma démarclio. On lejuj^oa ainsi, car j'entendis : FJle<i raison, celle dame, et puis dos : Aiiieu, }fadame; et tout cela avec des accents «i'un sentiment si vrai et si douloureux, qu'en me les rappelant au bout de vinjrt ans. j't*n suis encore attendrie '.

C/est à la (in de cette année 1790 que la reine, n'ayant pu décider le roi à partir, à destituer de sa présence une indigne capitale el » appeler auprès de lui, soUs la protection des troupes, dans inie ville lidrle, l'Assemblée gagnée de plus en plus par la corruption do Paris (|ue la reine, disons-nous, prit, au nom de ses enfants, le parti do

!. Mémoires de madame Campan, p. 277.

se défendre contre la Révolution. Dans ce duel héroïque, où le roi ne pouvait lui prêter qu'un concours passif, elle avait résolu de choisir pour auxiliaire et pour second, malgré les répugnances légitimes que lui inspiraient son caractère et sa vie, un homme qui pouvait être considéré comme une des puissances de la Révolution. Le goût du pouvoir, le mépris de l'anarchie, son admiration secrète pour la reine et peut-être la noble tentation de l'impossible, avaient rallié à la monarchie dont il avait l'instinct dans son sang, dévoré de cet esprit de principauté que la Révolution excitait sans le satisfaire, Mirabeau, ce Mirabeau lui-même qui aspirait à se rendre nécessaire, et qui n'avait provoqué ou toléré les journées d'octobre que pour faire preuve et, pour ainsi dire, parade de sa force. Ce qu'il avait pu faire, il pouvait le défaire. Il pouvait refermer l'outre aux tempêtes, qu'il avait entr'ouverte, et il avait la main assez large pour couvrir la bouche du volcan qu'il avait allumé. 11 le croyait du moins, et les opinions d'un tel homme, ses illusions elles-mêmes, quand il leur avait prêté la voix de cette éloquence qui passait tour à tour du grondement du tonnerre au murmure caressant de la sirène, n'étaient pas de celles qu'il est possible de ne point partager. Il fascinait ceux qu'il n'écrasait pas, et, à travers le mépris et l'horreur qu'il avait justement inspirés à Marie-Antoinette, se ghssaient peu à peu le charme irrésistible et le mystérieux attrait dont les excès même de la force séduisent les âmes faites pour le combat. Ce combat, si inégal, Marie-Antoinette rêva de le rendre, avec l'auxiliaire, j'allais dire la complicité de Mirabeau, ou inutile ou possible.

C'est le récit de cet épisode le plus important, sans conteste, delà vie politique et militante de Marie-Antoinette que nous allons essayer, parce qu'il lui fait honneur et réhabilite en quelciue sorte l'homme qui se refit, en bravant l'impopularité de la défendre, une sorte de seconde mais tardive honnêteté. Esquissons donc l'histoire, digne de plusillus-

de c^e préparation silencieuse dont nous avons parié. Trii-fdççr. — fuir. — résister tout en ayant Tair de céder ; plier pour ne pi5 TzcL'Çf^ : telîe est la triple étape que suivront les idées de Marie- .\::: iLi-ecte. I-e îrîp le êchel<Mi qui doit la mener au salut et qui la conczLrh i rê.±i:i:ii. Lrs r^ations avec Mirabeau, la fuite arrêtée à ViTrcijrs, li rêsifîazio? année malheureusement trop tardive et trop cicrif : :el5 s-:^X îrs trcis chapitres qui nous demeurent à écrire, les ir;is :jki:'I-:i:ix eue liius devons esquisser avant le chapitre suprême, AVin: le :âb'i«u ninêbre. Ces relations avec Mirabeau étaient déjà ôèc;\>êes ec prl&::pe, eî lc*us en trouvons le germe dans une lettre iz:ir:e'jje dun k-^jt i ceUe que nous avons appréciée * :

Ks :a Vrille, Mir'e-.Vntoiaette écrivait à M. de Mercv un billet •:■!: '/::: tr.'U^e Leîteîner.î avcué un plan de résene absolue vis-à-\is lie >i ic:--i"e -rn Fr^nœ eî à i\'tranger. Voulant se sauver par elle- !::-:c>:. >lir^e-Ar.::ir.e::e redoutait les secours intéressés, les conseils c.::'j".vi::::':r-:>. l:s r^Ies n:3Jadn:«its, et s'absorbait dans une affec- UA '*:::: vi i:.>.w:i::: -e: d'inKyiciar.ce de nature à paralyser également

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::...- :■ ".--. '•. :o r.o \o.r |»er<«3nm'. je le prie île

>, -\ :.- ^-•- -. .: Ji- :.t' ï!.e suis {«ormis ni pLiinto, ni

-I- 1- ' \:.r ': ?.. Jf suis tré^-ti^* ih'e à tenir

•.. .\\v -. ;■ ' • •: :'-.:.■:::• !r.-r.t dan< ^^l lollro à >on fn'iv J >;v . .;.: .»> " n * ITiH». L-.n.î-.rour no lut pa> ootlo lollro. Il

était mort le 20, laissant à son successeur Léopold, grand-duc de Toscane, un héritage fort compromis par d'intempestives réformes. Marie-Antoinette, selon M""^ Campan, regretta peu ce frère égoïste et atrabilaire, qui souriait à la révolution chez les autres, tout en la détestant chez lui, et que les troubles du Brabant, par une trop juste punition de cette politique, pénétrèrent d'une douleur mortelle. Le 4 février, on le sait, Louis XVI avait fait, à l'instigation de Necker, une démarche qui parut spontanée, et qui rallia un moment toutes les opinions autour d'un monarque constitutionnel, poursuivant généreusement la conciliation de l'autorité et de la liberté, la réconciliation de la nation et du roi. A cette démarche hardie, qui, avec un roi plus ferme et une Assemblée plus loyale, eût produit le fmit espéré de concorde et d'apaisement, Marie- Antoinette était loin d'être aussi hostile que Madame Elisabeth, qui y voyait une sorte de démission et de déchéance, et que l'émigration contrariait dans ses desseins ». Depuis longtemps déjà, la reine, élevée à cette école de l'adversité qui mûrit vite l'expérience, était décidée à acheter, au prix de sacrifices inévitables, un résultat qui, en diminuant les droits du père, assurait ceux des enfants. Sa Correspondance témoigne, en plus d'un endroit, de cette abnégation prévoyante et intrépide qui la tenait constamment à la hauteur des circonstances. Elle savait qu'aux jouro de tempête il est sage de faire d'avance sa part à la fureur des flots, pour prévenir le naufrage intégi'al. Reine sans préjugés, elle essaya de sauver le navire en l'allégeant de son lest de traditions surannées et de dangereuses obstinations. Nous ne citerons, en dehors de ses propres aveux, qu'un témoignage de cette virile prévoyance, de celte intelligente divination des nécessités de sa situation et du temps :

i. Recueil Feuillet de Conches, t. I, p. 308, lettre de Louis XVI à M"** de Poligaac, du 9 février 1790.

VH MAREE-ANTOINETTE

: nç»sâjiii> fe d^. — Tkcrxiiè M. de Ségnr, qui, de 1789. époque le =*:a r*^.inr 'ji: R-lsà*. jssc^'k jk ±- ie I7W. ;*:-«:: de la confiance intime de la r^'j* — 1 7»*. :•:'-!£ ,^ fsj tan. J:^s;^>* je i"^ cece reine que f avais !ais?êe si bm- -tTâ^ ïL irJjki'* 5. iizifi»?. 5. e!:-^:cr»» dlacjaa^es, et lorsqu'eiltr me raconta ks i^-i?-ii-t^ jiic -il»^ iTL.: eîe 1 .X;»^. >s ^5:ets de Li calooinie contre sa répatatioo i . -^«^rii* i»* . iii r* :i Cc'I.-îr. ■r.:^** «< seii-neco d'r^a^aâe el de mère, quand oo -■ »:-7:^LZ itt Zi-Ti liiw-îr Tir^^rc: i-e Li Fnice ec AutrJcbe: en5n contre ses véritables -i^t'ii- .'Us- -Hi . L- rrçriirLLi: i"4T : j- t yila ■àècc-ortrer le ro: de son penchant à satiàtoe it l'z'^tK rar j?s rrf':mes « î*< sacr-îoes Mcesêaires...

Tri hn i :t*^ : r?!j 1-r =-frs f :iz ri*:.: :x zse :x:cha:t trop p^)ur que je pusse l'oaUier. iczits ^tj 11* T-^ lùis- ir i in::r itis la •ixileor. plus de doaceur dans l'afflictioa. C:« — If ^ r:f:T*r>:-.:i ri: Iiiî::-*. li reire m'entretint arec détail des sujets de Tiii-i-vt 7if^ '.^ i i.r-û iicLue? lisi-iisa.?* p^Ts-jUDes quî s'étaient constamment efforcées jf .;i ixir^ tz'^ ". *?crl: zz ZK^i'.-t et zi-rzie iaas le cœur du roi... Mais elle me :ar.i sizâ k.^zn^2r i* ceti :■* zi-^s izi-s >zt. se troaraient alors du parti populaire...

M. if Sêziir terrr-îr-a cvî entretien à physionomie de consultation

^SL^ -"tS zi'C'*^ S'!ii'»iii.5 :

A-;>^*"f"i:: fr-rii: ii=s: ;^l.':> 5»j';riaî.ie de revenir sur le passé. Je ne sais si

i.ii' It-s i-sç«>.:::v1? if^ e?yC-:s. ec i cK;e ejOijue. on aurait pu prévenir une revolu- ;:i :■- ". :.; .r:»^r. Mi .s C€'.:r pi v:l^:;:.ie?;fi:ie, il ne faut pas se le dissimuler; levow

■•. - : - . ■ .".-1 ^ ^" : ■ -. '->-:■ '^r ".:'. -■ u^'-Tr.t':i;ont n*pnsï'i:tdtif. Si l'on

:. . ' ■: . . - .■.:■. ^. ::. . .:. . . : i-. :■ :.'.•• : .. :..si> {."Vjrruris jM«ut-f^l:i' j«mir àla

.r- : A . . rr. V. . . r'.:- .:-. :-•• i.;.:.f 1 au:j;i:o r'»\alo. cl .lt'< avan-

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— .". ■ - : . .. :...v. .:: . . .-: :•-^ ■*•.• ..:'J ■.tî vous a ilil. vous ino orovoz fort

> - . - r. ::-..^::~a:> -u J" Iv >u;'; ^so. t" *.: ■ :: --.•.:. M' •'.•::.;.v'". :r/jj-ji>rta lie s.\ part un pj.jU'l'loal - - ; .^^ .-. . ■ .. — -. :«-..ror! -0 :.:::.u. Je louvris, et, à ma .Tamie -■jrprirf. ■ ■ 1 . . j. ; '■ ! M. M. -■..:. :■■-: ^.> .i',v? etaieul forl analo-:ues aux piiru'Jin,'»

l ;> ;::::*:> ^u^:i::tv^, àiir.o importance et d'une éloquence qui

>. . f . * : .ir-'.-^j. .f j. pir 1. c:ci:e Je S-.:rùr, cUii. Birrière, t. 11, p. iOJ ji iOS.

renouvellent pour ainsi dire le sujet, contiennent, sur les sentiments et les desseins de la reine à cette époque, des renseignements précieux, que nous leur demanderons de préférence, à propos de l'ouverture de ses relations avec Mirabeau. Après avoir entendu la reine, nous demanderons au comte de la Marck, témoin oculaire et auriculaire, intelligent et fidèle intermédiaire de cette négociation, le récit de ces relations en ce qui concerne Mirabeau, à qui appartient, du reste, l'initiative, et qui fit, humblement orgueilleux, les premières avances. Nous aurons ainsi un tableau unique de cet épisode fameux, puisqu'il sera tracé, pour ainsi dire, de la main môme des acteurs.

La reine écrivait donc, le 26 février 1790, à son frère Joseph, qui ne lut point une lettre dont sa mort avait précédé l'arrivée à Vienne :

L'Assemblée est le foyer du mal, elle tond à s'emparer do tous les pouvoirs et à annihiler complètement le roi. l\ m'avait semblé qu'on aurait dû essayer do composer avec les meneurs et de les gagner i. Le premier et le plus dangereux de tous est Mirabeau, dont je vous ai déjà parlé. Mais son immoralité inspire une telle horreur, et on fait un tel portrait de lui, aux journées des 5 et 6 octobre, dont il a été le fauteur et meneur, qu'on ne saurait se déterminer à avoir, ni do près ni de loin, aucun rapprochement avec cet homme. Il y a d'ailleurs une grande difficulté qui serait insurmontable ; fùfc-on décidé à se rapprocher de lui, il faudrait, pour qu'il y eût ensemble dans les actes, que les ministres soient secrètement d'accord avec lui...

Marie-Antoinette n'a pas de peine à démontrer que cet accord ^raît, avec des hommes comme Necker et La Fayette, ou impossible ou stérile. Cependant, le danger est imminent, et ce n'est pas avec des mémoires qu'on dissipera l'orage.

Nous avons reçu de quelques bons amis dévoués des mémoires. M. Meunier, qui a quitté l'Assemblée après les journées d'octobre, et qui a cherché à se consulter avec M. de K..., et Bergasse, qui est ici un homme très-ostimé, ont indiqué dos expédients,

1 Mario-Antoioetto exprimait en effet cette idée dès le 20 octobre 1789, dans sa lettre au baron de Flaschlaoden.

' piifiif^/^»/^ initiai A fU0tr '

du noble désespoir de son impuissance à la faire prévaloir et à en réaliser les prophétiques conseils ^

La reine, dans ces plaintes qui portaient autant sur certains de ses amis que sur ses ennemis, faisait sans doute allusion aux déceptions qui devaient lui arracher, en 1792, ces reproches ou plutôt ces regrets : « Peut-être, disait-elle, peut-être un jour aurais-je sauvé la noblesse, si j'avais eu quelque temps le courage de l'aHliger. Je ne l'ai point. Quand on obtient de nous une démarche qui la blesse, je suis boudée, personne ne vient à mon jeu : le coucher du roi est solitaire ; on ne veut pas juger les nécessités politiques, on nous punit de nos malheurs *. »

En présence de tous ces dangers conjurés à la fois et déjà menaçants, — de la défection ou de Fintolérance des amis du dedans, des préjugés et des impatiences de Témigration, des atermoiements de l'Autriche, dont l'empereur récent, qui devait être emporté par la mort avant de s'être rassis sur un trône ébranlé, était absorbé par ses propres affaires, — ce n'était pas trop de l'alliance d'un Mirabeau, si môme c'était déjà assez. La reine céda et vit le monstre. Mais il im pgrle de raconter les circonstances préliminaires de cette entrevue, le dernier triomphe de Mirabeau réhabilité, le premier chef-d'œuvre de cette diplomatie héroïque de Marie- Antoinette.

Ce fut Sénac de Meilhan qui, en 1788, proposa à M. de la Marck de faire la connaissance de Mirabeau, et les mit en relation à un dîner chez le prince de Poix, donné dans cette intention. A la suite de cette première rencontre, M. de Mirabeau et M. de la Marck se -revirent souvent, attirés l'un vers l'autre par des sympathies et peut-être des pressentiments réciproques. Le duc d'Orléans, qui désirait sonder un homme que sa scandaleuse gloire et son éloquence diffamée prédes-

i. Becunil d'HunolsUin, p. 14i.

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