Mémoires de madame Campan^ p
tinaient visiblement à un grand rôle dans la Révolution qu'il prévoyait sans la craindre, dîna aussi avec Mirabeau chez M. de la Marck, mais sans lui inspirer ni goût ni confiance.
Les relations de Mirabeau et de M. de la Marck ne devinrent tout à fait intimes qu'après l'ouverture des États généraux, où ils se trouvèrent dans des camps fort opposés, l'un député de la noblesse, l'autre député du tiers ; l'un conservateur, l'autre révolutionnaire; séparés par les opinions, mais rapprochés par les prévisions du dévouement chez l'un, chez l'autre de l'ambition.
Le comte de la Marck, homme intelligent et libéral, était d'ailleurs, comme le lui disait Mirabeau, de ces aristocrates avec lesquels un démocrate comme lui pouvait s'entendre. Mirabeau, en effet, dans sa plus grande fougue révolutionnaire, devait, au risque de sa popularité, défendre le veto absolu du roi, et son droit de paix et de guerre. Il devait protester par son silence contre les concessions de Necker, et, par son absence, contre le délire de cette nuit du 4 août h laquelle dos sacrifices sans mesure et sans compensation firent donner le nom de \uit des dupes. Os heureuses contradiction? entre ses paroles et ses actes, et entre ses actes eux-mêmes, n'échappèrent ]n)int à Td'il d'un des sorvitnirs les plus sincèrement et les plus habikmont dévoués qu'ait eus la nionarcliie. Elles composèrent un terrain neutre où se rencontrèrent tranquillement deux hommes dont, ailleurs, toute rencontre nVùt pu être qu'un choc. Dans les premiers jours (|ui suivirent la réunion des trois ordres en assemblée nationale, les doux ennemis intimes se rencontrèrent <i dîner, rt la conversation de Mirabeau, pleine (rorgueil et d'abandon, trahit son déiîtn'it d'un rôle qu'il n'avait pris que parce que la défiance où Ton était de lui. par suite de ses antécédents et de ses tonnants débuts, Téoartait d'un autre rolo (jui eut été |)lus digne de son talent et de son ambition.
ET SA FAMÏLLE. 391
« Vous devez être bien mécontent de moi ? dit-il à son convive, à peine arrivé au rendez-vous. — De vous et de bien d'autres. — Si cela est, vous devez commencer par Tètre de ceux qui habitent le château. Le vaisseau de TEtat est battu par la plus violente tempête, et il n'y a personne à la barre. »
Là-dessus, le débat s'engagea, énergique quoique amical. M. de la Marck voulut vainement lui démontrer que tout ce qu'il disait là ne justifiait ni n'excusait l'audace de ses discours révolutionnaires à l'Assemblée et que son éloquence, tout admirable qu'elle fût, ne valait pas le mal qu'elle faisait au pays. « Le jour où les ministres du roi consentiront à raisonner avec moi, répondit Mirabeau, on me trouvera dévoué à la cause royale et au salut de la monarchie. »
Cette première ouverture, si spontanée et si imprévue de la part du fougueux tribun, avait lieu à la fin de juin 1789. Quelques jours après, à une nouvelle réunion plus nombreuse, Mirabeau, avant de sortir, dit à voix basse au comte son amphitryon : « Faites donc qu'au château on me sache plus disposé peureux que contre eux. »
Il n'y avait plus à hésiter sur le sens de ces paroles d'un homme qui n'était ni d'une valeur ni d'une humeur à s'offrir plusieurs fois inutilement.
Cependant ces dispositions mutuelles, contrariées par le flot d'événements plus faits pour dominer les hommes que pour en être dirigés, et pour les séparer que pour les réunir, n'aboutirent à aucun résultat. Mirabeau, entraîné par les propres orages qu'il suscitait, suivit les vents de discorde qu'il avait semés. La cour n'avait pas encore reçu ce terrible premier avertissement d'octobre et conservait des illusions que l'irruption, dans le palais de Louis XVI, de l'assassinat triomphant, ne devait pas tarder à lui faire perdre. M. Necker tenait trop à demeurer ministre pour céder sa place même à un sauveur. Mirabcfau, que la mort de son terrible père (le 13 juillet 1789) faisait héritier de 50,000 livres
ilxJuZ-x^^t iCTzm:
r-^ii r^riikiirjiifeiî: i*:.:ijji.t avanl
— ^ -II- — ii-i. ir ^v:, i.." "1 :^::ij^ :n i*. >^: t*" ^j."<r.^AL; du pre- --Z ^ j« -Ziir j. d::-T:: -r = -irr^iiTrjTi-ri- zl-li: i'-,;:! homme
^-. •- - >. 1.lj: .- ^ l.-r. iT.iiT'-rr^r de Bonloauï,
••. . -. ....... -- ;■-- ■--- -:.-;z liv a\ec
.... ■ - ■. -:; ^^ ...:^:.:i.'llS; mais
. - - : . . ; .- r :. ---..•.-,.:.: 5--.:^ ja5 do vutro
- . -- ; - - ^::.. - r :r--: ^^-.-;-\. \ >-i.50, pour cire
.. . ; .r:-:.;-v;..: -^r ; : -j^ .-! ...>. ■:: ii^ ■.j.r.^^vs d'octubre ne tar-
. ...•::-! '.'- :::.:.: ;;,*:r. Lo- ^■.•.:.r^::*-::/.^ d-i-I^rablos, qui ni pré-
' - . ..: J-; j';\- ^J- ;.l oriL!'- c:.'.:-re, ne pou\uieiit donner à .Mirabeau
'.' /... ..'-'i;? 'j.iLni';, et la crainte seule de ses excès eût pu puu^^e^
à se servir du dévouement de celui qu'on considérait comme le fauteur de cette première insurrection. M. de la Marck s'attache à disculper son ami de toute participation aux journées d'octobre. Il le défend par son mépris pour le duc d'Orléans, par son éloignemcnt pour La Fayette, et surtout par des alibi dont il se porte caution. Cependant on ne peut nier que Mirabeau s'étant donné à la Révolution, et triomphant avec elle de ce premier attentat impuni, il n'y ait quelque raison de l'en considérer sinon comme l'auteur, du moins comme le complice. Cette complicité résulterait surtout de propos violents contre les ministres, le roi et la reine, dans laquelle il avait vu bien vite, de son coup d'oeil léonin, le roi véritable. M. de la Marck cite lui-même un de ces propos remplis, selon lui, d'une bienveillance brutale et d'une impatience prophétique, mais dont on ne pourrait attribuer la précision menaçante à d'autres causes qu'à la merveilleuse intuition du génie.
Vers la fin du mois de septembre 1789, Mirabeau me répétait toujours en parlant de la cour : « A quoi donc pensent ces gens-là ? Ne voient-ils pas les abîmes qui se creusent sous leurs pas? » — Une fois même, poussé à un état d'exaspération plus violent que de coutume, il s'écria : « Tout est perdu, le roi et la reine y périront, et vous le verrez; la populace battra leurs cadavres. » — Il remarqua l'horreur que me causait cette expression. « Oui, oui, répéta-t-il, on battra leurs cadavres ; vous ne comprenez pas assez les dangers de leur position ; il faudrait cependant les leur faire connaître. »
Et dès le lendemain du « triomphe ignominieux » du roi, reconduit dans sa capitale et reconquis par son peuple, comme disait 31. Bailly, Mirabeau, entraîné par le sentiment de la situation, devançait son mandat et écrivait un premier mémoire qui porte la date du 15 octobre 1789, et qui justifie par des considérations éloquentes le parti dans lequel, dès cet époque, il voyait Tunique remède au mal
^:w MAl,I£-A5TvI>ETrt
:»-. . t^ij ijr. . ~«z iri* zii:-*t^ Dr sthr i«:':ïr la rivaoté. • La France ■î^ ^.z î-ji' i»:r:':^. iir-I it 51. ir îi Mbj-ck, si la famille rovale ne r.r ZiLî JT r'i-'T.r- î FeDiii: :^ teni?, kîî i>écessitê de situation, r: ' '.-l's^s^-'.Z-^i' in -'"Iirzi'f- =»:c: rj:}€c àe cacher son jeu, il redouiz "j-.Kri'Z^iz jrc'.'jirz ^ :îk-=isj; rriMer ses tonnerres sur la tète ■1 :'::--" i ri:. E' hz^ rrpr:»:bes ir-^içLês de 31. de la Marck il •liî." Zii: .r- TTirrïSJics i:: T^«ri.îir le p»!u5 humble et les pro- =-rj It ai. '/.^ i.n:;»^* T^p^aratioD. M. de la 3Iarck se résolut b Tt^i:-:? stttt^ fr ai ::cr. p^r Tintennédiaire de 3Ionsieur, frère ri r::. -i: i:"*^'. -e^: frirrrrr.e e?:rt. •> prince, tout en approu- TLi." f-: :. Tr '-". r^fus^i de seii faire rintermédiaire, fondant sa rfj-rr.Li-iT ?-—• I'ii.>:-:-s::L du «raract^re du roi, compliquée à ce zr.'.zL'z:.: i.^.'z i^rj^D^ iL-éÙAi-ç^ de la reine, qui rendait un échec
•IvTriii::: Mirs^-eâ-j- îi-urmerlé par cette ambition dont l'état pré- :i:r^ ir srs if^ires :-:^jilloriRait encore les impatiences, se portait r.'--.: 17 - ^ r- ':- :'jr-rur rr.rtout où l'attirait une occasion propice à
-:- -■>-:::.-. •:' :'. --:■....: :.u:*à::i:r «le k-roor, pour péiiétror «laiis !-^ ■:: > -..:'.:!•.::•:- c: an:\er au pouvoir, toutes les portes
r.'.:-'. .:-.:!•■-. I'. .■v:':.^'.: !; o.-'\'t!aJ».r rinaecessible ministère, taiil'M :.: ■• :- N- ? r. ':■.:: :'-?:::r.ait d».* 1»; n.» connaître, seul nio\»^ii do
"•::.;! y.:. î:;!iî*t du oMé de M. de La Fa\ette, <|ui on
wm:
■•!*•? se uit-ii mOnie donné au duc d'Orléans, m
!i'e V rv'juIO jusqu'en Angleterre devant le? cons«M|uenc05
d»> '.unr'e- ir'H.tMbre. Ei.fin. on le trouve jusque dans les ii>ii-
li-sos du Luxon.ln-ur^, offrant k Monsieur les conseils dont x'ii
îV» re i.e \» ut pas, et le dirigeant au milieu des écueils de l'atlairo
F:i\ras.
T'ius (M?s efforts échouèrent devant la calomnie de ses anté<'éil«'nî:^ et la jalouse l'alalité des circonstances. Et le Titan tomba du oi^l
?» MARIE-ANTOIXETTE
ie N-rrrj l-e? reprit aa nom du roi, converti enfin jiar Texpérience et i:Tiâ""j^ p^îT le danger, avec un empressement qui ne répara point !i îi:;:e irrêpwârable du temps perdu.
Le 16 cLirs. M. de la Marck était à Paris; et de conférences successive?. :u bieiiî'M entra ÎI. de Mercy, sortait le plan d'une coopéra:::! rr-v^vi rieuse, récompensé par un arrangement qui débarrassait MirjLr-eau de rin:p*jrtun fardeau de ses dettes, et lui assurait le loisir ivec b i'^Tiité. Ces préliminaires, qui étaient loin de satisfaire ranibiî::! du tribun, déchu, du rôle de ministre qu'il rêvait, à celui de conseiller secret, et dont M. de la 3Iarck déplore le mezzo termine, furent cer-en iant acceptés, chaque partie se flattant des compensations de rînornnu. le n^i espérant n'avoir plus besoin bientôt des conseils de Mirabeau. «L-t celui-ci comptant bien sur l'avenir pour rendre ses serv^i:es nécessaires. On comprend d'ailleurs la répugnance des aa^isîes clients du député de Provence à se li\Ter du premier coup à UT. hrn^îie sur le^iud, en dépit des affirmations de M. de la Marck,
Tui I\\v:\iv::î un peu réhabilité aux yeu.\ de la reine, beaucoup de ;-::-s ::.:.: s ^:^ .:'::. t e:.core du sang doclobre, et que Tordre du jour
io TAssi::.: ! •• s;;:* Ki proc'idiuv du Chàtelel n'avait pas encore rudimé
E:. ',;:..■.:.-:•: do s;\ promière lettre, en date du 10 mai 1790. que !? ro: ^ : !.\ :;:.': \\v>:\\\ avec la satisfaction de gens qui se croient dt^'à sai;\Js, \\ :.:: ^ jnxoîui i]uo le roi, pour lui rendre tout d'abord la liberté despiiî k\ ri:.d'*pondance dallures dont il avait besoin, payerait los délies de Mirabeau, où llgurait jusqu'à son habit de noces, et s'rlevaiit à iOS,000 francs, y compris iOO louis qu'il avait déjà reçus de M. de la Marek. Déplus il recevait, à titre de subvention et jusqu'à nouvel l'rdre, s:\ mille francs par mois. Enfin un don d'un milliiMi, re|)résenlt' par quatre billets de Louis XVI, remis par lui aux mains de M. do la .Marck, devait être le roval honoraire de cette série de consultation?
de l'avocat politique de la monarchie aux abois. 3Iirabeau avait accepté cet argent à ce titre. Il y voyait un salaire et non le prix d'un marché, et il disait avec une fierté un peu cynique : « Je suis payé, non vendu. » Il gardait en effet, dans ses conseils et dans ses remèdes, une franchise qui ressemble beaucoup à Tindépendancc. Le médecin, quoique payé, a sur le malade une autorité mcontestable. Celte autotorité, Mirabeau en usait avec une énergie persuasive et la rudesse flatteuse des dévouements décisifs. Il espérait beaucoup, dans la marche qu'il proposait au roi, et dont le plan se trouve dans sa lettre du 23 décembre 1790, de l'appui qu'il trouverait dans l'intelligence et le courage de la reine.
Il lui rappelait heureusement l'exemple de sa mère, et il l'exhortait à l'imiter.
« Le moment viendra bientôt, disait-il, où il faudra essayer ce que peuvent une femme et un enfant à cheval ; c'est pour elle une méthode de famille; mais, en attendant, il faut se mettre en mesure et ne pas croire pouvoir sortir d'une crise extraordinaire à l'aide du hasard ou des combinaisons d'un homme ordinaire.
« Le roi, disait-il encore, n'a quun seul homme^ c'est sa femme. Il n'y a de sûreté pour elle que dans le rétablissement de l'autorité royale. J'aime à croire qu'elle ne voudrait pas de la vie sans la couronne : ce dont je suis bien sûr, c'est qu'elle ne conservera pas la vie, si elle ne conserve pas la couronne. »
Enfin, il faisait, avec une franchise pleine de noblesse et de tact, sa profession de foi, aussi honorable pour lui que pour ceux auxquels il l'adressait :
J*ai professé les principes monarchiques lorsque je ne yo)^is dans la cour que sa fûblesse, et que ne connaissant ni l'àme ni la pensée de la fille de Marie-Thérèse, je ne pouvais compter sur cette auguéle auxiliaire. J*ai combattu pour les droits du trône lorsque je n'inspirais que de la méûance, et que toutes mes démarches, empoisonnées
a II murmura, en me serrant le bras : « Elle est bien grande... bien noble et bien malheureuse, Victor!... mais je la sauverai. » Jamais la voix de mon oncle, dit M. de Saillant lui-même, n'avait été altérée par une émotion pareille, par une émotion aussi vraie *. »
C'est le 3 juillet 1790 qu'eut lieu, en présence du roi et de la reine, dans un rond-point isolé des jardins de Saint-Cloud - , sous des ombrages propices, cette entrevue fameuse et mystérieuse où Marie- Antoinette et Mirabeau déployèrent, l'une toute la grâce de la majesté et tout le charme du malheur, et l'autre toutes les coquetteries de son éloquence et tous les prestiges de son génie.
« La reine, dit M'"*" Campan, me raconta qu'elle l'avait abordé en lui disant : « Auprès d'un ennemi ordinaire, d'un homme qui aurait juré la perte de la monarchie, sans apprécier l'utilité dont elle est pour un grand peuple, je ferais en ce moment la démarche la plus déplacée; mais quand on parle à un Mirabeau, etc.. » Cette pauvre reine était charmée d'avoir trouvé cette manière de le placer au-dessus de tous, et, en me confiant les détails de cettre entrevue, elle me disait : a Savez-vous que ces mots : un Mirabeau^ ont pam le flatter infiniment ? »
Nul ne sait quel fut, d'ailleurs, le fond de cet entretien, et ce n'est que par hypothèse que Sénac de Meilhan, qui n'a pu avoir des confidences auxquelles M. de la 31arck avait bien plus de droits et dont il semble avoir été privé par une discrétion rigoureuse, le résume ainsi :
L*archov6que do... le conduisit, par d'obscurs passages, jusqu'à rappartement de la reine, à Saint-Cloud. Elle resta seule quelques moments avec lui, et bientôt après
. i. Marie-Antoinette et la Rh'olution française, par le comte Horace de Vieil-Castel. Techener, 1850, p. 298, 209.
2. M. de la Marck et Séiiac de Meilhan disent que Tentrevue eut Tieu dans rappartement, ce qui est peu croyable et eût été exposer le secret de rapports dont le mystère faisait la force. Mais M. de la Marck place avec raison, selon nous, le roi eu tiers dans Tentrevue. M*"* Campan dit que la reine était seule, p. 280.
MAIIE-ANTOINETTE
jr -^•. 'Tir-L Tif» r^rr^SKj!!! î*i-ûùt ï'etriiçw akr? avec trois personnes que la v;!* -4r— IiAi* iir.kiJi* liUCTic: «tlj* rîTiLL'. M.:nit«ani dit a o roi qu'il le suppliait, avant f 'fimr ei rr-ar ^•* d» it liLT» KWT.h'îire s'il iTid: le projet et l'espoir de réiiblir
- i:ir.t^ -r--Ili* *' - JIL rr^u rr« r
7B^. dans ce cas. il ne pouvait lui rendre
Eif-iiT -e^ir* 1/» zuJwHf ""Li TL«:«iïr7i>*. ;ot 5.>bs le jou^ de la Decessitè. lui répondit :ti ^ :c :^ri:— a.^ .zx^i^sèû» D» îlt* remr* > jiasôe. Alors Mirabeau exposa arec Z!^:-, r .'--^ jr? affh**^- âî^jj* Jîs ±.T*rs lawirÇcs qui régnaient dans l'Assemblée, f fi-n liiCs- j=? d-"-c-js dî* a>:;«â rr 1 :«:«Ti:; ezL;»j:«}e: f«our le servir... Il promit jz T .^û*-!-?^ pn -Picrrçrii?* » ïf^a.;^ raes. « 3? s-err-j- avec zèle le monarque, m xs&zzL :t Hî:^*!» r;•lDJr::/*^ tn i.sÇ4feSj:ns Des esj<iîs- qu'il serait dangereux de -:.ier.tf^ ::.«;> rur ^r±r-rsér -k li jiHLH-i» i«:<iTi:ei: cjoierer et changer. La reine -■\G^ jjk-^ ^r»i^ ritiAr^Tir: r:?* M-ni:«»*i- *orc-: .iaûs s<»n appartement. lui avait — -n-.^r •*- m -■•:-:i.»f-:- :':i:rT«xr 2Li.:S tk >:•- rLi-^iesœ. l'intérêt qu'il av^it »a ii«:rT» ùuir- »k daïTiJàiin *r ^ «TïLiuiiî 71 1 nx:: piara éprouver avaient dissipé
> ^:^^ ±' :Ts .L:f-':rèfi5 rii Mt riM'Ltê Cette enlrevue varient,
'..r.ir.r i r. ' A\^ ^ir -•itr î-^'j-ls. ils si'.sM-rdent tous sur Tiinpression
.. —.-:•" :Tie a •uir-: -rr: nrc»:ra, -:t surtout sur les sentiments dad-
■:...'^..: : . >:" i^'-r-.s^^: -:': bt >.'= in»: ment esaltê qu'elle inspira à son
.- 1" -/ :!:. en s'inclinant respcc-
: : yir^.7..:, vutre auguste nim\
-' -• I >.i jrvsence, elle ne le a»n-
- . - i : .i^S'T. A ces mots, la reine,
■: .: .... T.j Lignaient toujours so>
^ r...- . Tr^ti-spoilt' de cet accueil et
i : >L-..:jjî:e, la monarchie est sau-
.SuivciL*. le coHite de la Mar-rk, ■::: * le Kcit, contrôlé par les autres é:ri^a:r.s conl'.-mporains. nous a soni de guide pour le notre, 3Iirai-:jl'i se n/.iitra non moins résolu, mais moins aflinnatif.
î. Sizxz C'2 >Ki:han, p i-TO, '2CS.
2. M'imzirts dt malame Campjn, p. iS»3. — Mémoires de Weber, note, p. 3(>2.
« Cette confiance, dit le comte, lui inspira un nouveau zèle et augmenta encore son ardeur à réparer ses torts. « Rien ne m'arrêtera, me dit-il ; je périrai plutôt que de manquer à mes promesses * . »
Il ne nous reste plus maintenant qu'à laisser la parole à 3Iarie- Antoinette elle-même, et qu'à lui demander le secret de ses motifs, de ses sentiments et de ses impressions. Elle écrivait, le 7 juillet 1790, à son frère l'empereur Léopold :
Mon cher frère, M. de Mercy vous a sans doute fait connaître après combien d'incertitudes nous nous sommes déterminés à faire parler à Mirabeau. J'avais cherché un moyen qui m'a longtemps échappé. l\ me fallait une personne sûre et bien posée, qu'il ne pût pas déjouer. Je m'en étais ouverte à Flaschlanden, qui ne trouva rien à m'indiquer, il y a trois mois. Enfin, la personne la plus propre aune pareille négociation, le comte de la Marck, s'est rencontré sous ma main, et je l'ai employé sur-lechamp, n paraît qu'il était avec Mirabeau pendant la plus grande partie des funestes journées d'octobre de l'année dernière, et il m'a affirmé que Mirabeau, loin d'y avoir pris aucune part, s'était montré, dans cette circonstance, exaspéré contre. J'avais besoin de cette assurance pour me décider; le frisson me restait encore malgré cette affirmation qui, cependant, devait ôtre une certitude, vu le caractère de celui qui parlait. Mirabeau a été mis d'abord en rapport avec le comte de Mercy, qui m'a dit en avoir été complètement satisfait, et a môme ajouté que depuis longtemps M..., dégoûté de la marche des affaires, se sentait en disposition de s'entendre avec la cour et s'attendait à des ouvertures de ce genre ; qu'on pouvait voir d'ailleurs par ses travaux dans l'Assemblée qu'au fond il avait toujours été l'homme dos principes monarchiques. L'accord a été bientôt conclu. Mirabeau a fait remettre au roi des mémoires d'un trèsbon esprit et absolument royaliste. J'aurais voulu vous en envoyer une copie ou des extraits, mais le roi les a gardés tous. Malheureusement, tout s'est passé à l'insu des ministres, et cela ne marche pas comme il serait désirable. Cependant on a bon espoir à côté de moi, que tout s'arrangera avec le temps, quand surtout l'Assemblée sera bien persuadée de la sincérité du roi. Du reste, nous recevons des mémoires des partis divers, et on pense, auprès de moi, emprunter à chacun de ces conseils pour mieux combiner sa conduite. Après la lecture de plusieurs mémoires de Mirabeau, un surtout très-fort, on a trouvé qu'il serait à propos qu'il me vît pour prendre des instructions générales. J'avoue que le frisson d'horreur me reprit plus que jamais à cette idée, mais comme, en le voyant, on pouvait résumer en une demi-heure beaucoup d'idées dont
1. Carrespondance entre le comte de Mirabeau et le comte de la Marck, etc. Introduction, 1 1, p. 85 à 91.
il (aadrait rechercher le détail en cent lettres éjîarses, et qu'on pouvait s'entendre rt se concerter sur toutes choses, une bonne fois pour toutes, j*ai consenti à une entrevue secrète. Xai donc vu le monstre ces jours derniers avec une émotion à être malade, m^is -que son langage a bien vite contre-balancée sur le moment. C'était à Saint-Cloud, ù v a •:putre jours. Le roi était auprès de moi et a été fort content de Mirabeau, qui hzi a paru de la meilleure foi et tout à fait dévoué. On croit tout sauvé. La première c-.^L'i.r.'x. 'il plan de Mirabeau est notre éloignement avec toute notre famille hors de Ptrs. i»:c r^ à l'étranger, mais en France.
fc T:i35 u^iira: au courant des détails de l'exécution de ce projet, qui est trop rri'* z*:*^ r-f j»as àeniAader une prudence extrême et un secret absolu *...
Mirsibesu a>'ait dit en quittant la reine : « La monarchie est sauv-f-: I î •:: cft éhn de son dévouement enthousiaste fait pardonner la rr-:>:"*.7:::r. d'uii oracle aussi peu modeste et aussi peu justifié. Sans :r:'iri ::-" à r'jiî à un revirement aussi brillant, la reine avait mis en '^j:: rt5r'::r. siroiî de la revanche de la rovauté, du moins de sa sécurlu' >:rs:r.!:oIIe. Les conseils de Mirabeau étaient à ses yeux trop i.v.r.:rjir*t"s par les événements et trop démentis par sa conduite four t'-rrf vvn:r!ëîoment efficaces ; mais si elle n'osait en attendre le salut ,:■: !;. :::::\\:v!i:o, l'appui de celui qui les donnait lui semblait sullirtr:ur :-.s>u:vr son propre salut. « Je suis persuadée, disail-elle, que *-^ r.o r*: rirai ouapivs lui^ >
\:us n'oiitrorons pas dans le détail des vicissitudes de ces rapr:::s cr.tro h oour et Mirabeau, aux ellorts duquel man(|iia latalo- :r; .: !;u: oo qui pouvait les rendre efficaces et décisifs : I a-propns, ;.\ o;!:î:a::co et le pouvoir. Consulté tardivement, alors (pfil avait pris c:.\crs la luxolution des engagements d'où dépendait son ii:tlii»Miro c: !vOn:o sa sécurité, réduit à un ministère secret, sans autorit»' '^t si::s *v'U\oir, exposé perpétuellement à l'indiscrétion ou au désaveu, Miiv.Kau iiui. l'emportant sur Bailly et succédant à Necker, l^û fU
I. !^A-./ . r//'.i,\'.<.Vrî. p. \y2 i 155. i S-.rjivT a,' Moilhan, p. -t>S.
facilement raison de deux rivaux très-inférieurs, La Fayette et le duc d'Orléans, et eût facilement rallié ou gagné à lui par son éloquence la majorité de l'Assemblée, Mirabeau ne put s'agiter que dans l'abstraction, sans points d'appui sur les faits et sur les hommes. Et il fut conduit fatalement, pour conserver la popularité qui était sa seule force, à des contradictions violentes, déchirant chaque jour à la tribune cette toile de Pénélope que la nuit il tramait dans son cabinet. Il ne laissa donc, pour tout témoignage d'un dévouement impuissant à réaliser ses vues, que d'admirables canevas politiques que personne n'était assez fort pour broder. Cette perpétuelle et fatale contradiction de sa vie double et de son double rôle ne devait pas larder à dévorer une constitution athlétique. Ces fièvres d'ambition et ces débauches de cerveau ne contribuèrent pas peu à abréger ses jours, et, avec lui, tomba un rempart plus solide, pour défendre Marie- Antoinette, que les murs des Tuileries. En récompense d'efforts qui demeurent la meilleure partie de sa gloire. Dieu accorda à Mirabeau la faveur de mourir à propos et de ne pas voir les malheurs qu'il avait prédits et dont la prévision troubla ses derniers moments.
Qu'on lise, si l'on veut avoir une idée des vicissitudes pénibles de ces rapports tardifs et stériles, les deux documents suivants, dont l'un contient les reproches de Mirabeau à la faiblesse et aux fluctuations du roi, dont l'autre contient les reproches de la reine à Mirabeau lui-même :
Je ne puis que donner de mauvais conseils si je ne suis qu'à demi avisé el plus encore si je suis induit en erreur, et je ne pourrai ôtre vraiment utile qu'alors que l'on me tiendra soigneusement au courant... Ceci me ramène à ce que j'ai eu l'honneur de dire à la reine, avec quelque énergie, mais peut-être trop de brièveté, à savoir que Urat était perdu, si elle se concentrait dans un vélo qui ne fait qu'ajoutera Tindécision durci, au lieu de se déterminer à lui donner toujours l'impulsion.
11 est évident, — ajoule-t-il à propos d'une mesure qu'il avait conseillée, — qu'une pareille mesure devait être presque subite, et que le moment en est déjà, pour ainsi
±?v pasBt. Oi, B. ie ro. «air acrnzacii^. uabr js lecaèiûos importantes, à ne point roxtÂuher sur mw décisioL arr^f^ piar 12 rfïsi». mus aariocs ea un saccès, an liea c uiH- uiquiètudf df plus. Ctaqat iztdiridu ti tl me nesore d'attention et de volonté. L* rrj. rt lu reine, tracasse* par UTîe deLi^rîCtfii nu ae fe réalise pas, accordent niniiw» d HtientiOL et d énerp* à c>rljes -rui -SiTrHiHc * ?çaiiâer. — Encore une fob, •jaw qw ïb reine u'anra joé «çoî:? fa rci nr hiCt> iotic ^ie son influence secrète, -: ^untHC tant qoe J'ui « r» .'i-^irç L'iurCit: pi**, iins j* auiistêre. un homme avec mqttL li? ifliisseu: csKiÈ?«r ib^rzi^ Vcr. c ai^e zaï-er* icmbioan^e. el qui n'ait d'autre iifiir«L f anr* pi^re *t ;4r*s.q^* i'i:i-.r» >iret^ que 'u :?sUizra£ioa de l'autorité légiimis. m fen linà cq !=f:izâ -c ià-:es, :-:i en épar^<n fC-a? «Da rEi«?:ns, on se défendra FT^ç zios :»i zji-i:? îî '-il*rî::. ZLiis le rc*: et la reiae :>? ferz-ct que des prisonniers iauiiîs. -ic^i-.cTï :<:-Iii« -ie Ojz:f-:-5^ avec leo--? pilier?, toujours hors d'état ^ liAT €ai-nj^2ies leurs ju^îes. touj'^urs à la inen:; des insurrections, des ?s i"? l'àZLbilio:! ou de la dcmaz^^i-zie *.
De son coté, la reine écrivait, le 22 octobre 1790, à son frère rempereiir Léopold :
Nous voilà retombés dans le chaos et dans toutes nos défiances. — Mirabeaa a\*ait fait remettre quelques nole^ un peu vives, mais raisonnées, sur la nécessité de prévenir les usurpations de r.Vssemblée et de ne pas lui laisser lancer un décret déclarant sa comjjélence à la nomination des ministres: il avait proposé plusieurs noms,
et '.H roi était di-po?e a examiner ia «iue-tion. quand, à propos de troubles survenus ïur une escadre, il a prononcé un discours de violent demairo.jue à é[»MU\anUT le? honnêtes pens. — Voilà encore nos espérances toutes renversées de ce côte. Le roi est indigné et moi désespérée. — Ha écrit à un de nos amis, en qui j'ai U'aucoup de confiance et t|ui e>t un galant homme très-dévoué, une lettre explicative «jue l'on m*a{)porte à l'in.-tant, et qui me semble fort peu de nature à rien e\j»li«îuer ni e\cu.^r. — Cet homme est un volcan qui mettrait le feu à un empire. Comptez donc sur lui pour éleinflre l'incendie qui nous dévore. 11 aura fort à faire avant ijue nous ajons repris en lui confiance. Au fond, le roi sent lui-même l'opportunité de s'op[»OMT aux envalii-ssements de l'Assemblée, qui ne tend à rien moins (ju'à annihiler le [K>u>oir roval. Mais comment faire goûter ses avis, quand, d'un autre côté, on donne ildn> les excès incendiaires? — La Marck défend Mirabeau, et soutient que s'il a parfois des par delà, comme il dit, il est de bonne foi pour la monarchie et fidèle, et (juil référera cet écart do son imagination où son cœur n'est pour rien. Voilà ce que le n-i r.c voudra pas croire; je l'ai vu hier fort irrité. — La Marck dit qu'il ne doute (js que