‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 113 sur 142 · Mtmtoiret dt madame Campan, p. 388 t 889 et p. tH > MT · texte numérisé non relu

Mtmtoiret dt madame Campan, p. 388 t 889 et p. tH > MT

tions générales que javais faites; je le chargeai de les lui expliquer, de prendre les ordres de Sa Majesté et de venir à la fin du mois, ou au commencement de mai, me porter ses dernières volontés. Cet officier avait été chargé de reconnaître les routes et le pays, de Montmédy jusqu'à Chàlons, dans le plus grand détail ; mes dispositions avaient été faites sur ses observations, qu'il devait communiquer au roi, à qui je mandais que je ne voyais aucun mouvement de troupes autrichiennes sur la frontière, et je le conjurai encore d'attendre qu'elles fussent arrivées avant que de se décider à entreprendre son voyage

M. de Goguelat revint dans les premiers jours de mai; il portait à M. de Bouille une lettre du roi qui l'assurait que les troupes autrichiennes seraient rendues à Arlon le 12 juin, et qu'il comptait partir le 15 ; mais que, cependant, il l'instruirait plus positivement du jour qu'il fixerait pour son départ. Il l'engageait h commencer ses préparatifs de détail. M. de Bouille répondit que dans les premiers jours de juin, il serait prêt et enverrait M. le duc de Choiseul-Stain ville et M. de Goguelat pour les lui communiquer. Le premier devait attendre ses derniers ordres et précéderait sa voiture de quelques heures; le second devait revenir porter à M. de Bouille, quelques jours d'avance, ses instructions définitives.

Le 27 mai, le roi écrivit à M. de Bouille qu'il partirait le 19 du mois suivant, entre minuit et une heure; qu'il irait dans une voiture bourgeoise jusqu'à Bondy, à une poste de Paris, pour y prendre la sienne, qui devait l'y précéder. Un de ses gardes du corps, destiné à lui servir de courrier, devait l'attendre dans cet endroit. Dans le cas où le roi n'y serait pas arrivé à deux heures après minuit (ce qui prouverait qu'il n'avait pas pu partir), ce même garde du corps devait aller en droiture à Pont-de-Sommevelle, entre Châlons et Sainte- Menehould, pour faire instruire de cet accident M. de Bouille, afin qu'il pût pourvoir à sa sûreté et à celle de ses auxiliaires. Le roi

i. Mémoires de Bouille , p. 251.

kv«

ti d'aae séné de rnilnuriinH « irihiri.- fsbcaiM <n* pha si i

rAi - . . Le ^aad ■cnt^wal. k GtfaGlé, j

dHV ^ oi^ mumxf^n «■ffiqvéfls a« Uns ks i ^■iMt. c'«si fse le ytfl dH aaiiAe Rsort neotnlise l'ai k^ les aiAres d fie fe saoès ; est à h maà àa hasard.

& ha^an) iriMifi cl wifc coatrarii, par on premier arcroc,1 Tfb' de la nadÛK dê^ im«e eo moanmeiit. Crtte madiiiie était rêçlw à benre fiv, SOT OD déport prno pour te 19. Mais le 15, H. de BoaDé rtral à LoogvA' une lettre do roi hn an&ODçant que le d^iart tbîl Rtafdè au âO. et que b iégttinie et gâiéreiise insislance de M"* de TouRcl. à taire nkir ks priiUèges de sa cfaai^, qui ne hii permettut pas de quitter no seul instant les roj'aux en&mta dont elle avait h ^fde, avait obligé le roi, &ule de place, à se fmvo' du concours ai marquis d'Agouti, recommaDdé par M. de Bouille. Ce relard filcbeax, qui obligea M. de BoaiUé à modifier ses di^Msitions, beureusaneot cbangées à temps, sauf sur un seul point : Vartnnes! peut être cmsidéré conuDe une des principales cuises de ravoriement d'une entreprise que nous n'avons plus qu'à raconter. Il était dû d'ailleurs au désir qu'avait éproavé la reine d'attendre l'eipiration de la g

ET SA FAMILLE. 4î7

de service d'une femme de chambre du Dauphin qui lui était suspecte. C'est la reine qui s'était chargée de tous les détails du départ depuis Paris jusqu'à Châlons. Et ce n'était pas là une petite tâche. On ne pouvait échapper, en effet, que par des prodiges de prévoyance et des miracles de combinaisons aux dangers et aux obstacles de toute espèce qui hérissaient ce problème, en apparence si simple : sortir impunément de Paris. On ne se fait une idée des difficultés inouïes dont le génie de Marie -Antoinette dut triompher qu'en résumant sa situation dans un mot : la famille royale était littéralement prisonnière et gardée à vue dans son palais au milieu d'un peuple inquiet, d'une municipalité prévenue, d'une assemblée divisée, d'une garde nationale hostile, d'un domestique gagné. Les préparatifs furent un permanent tour de force, un perpétuel combat contre l'espionnage le plus actif, secondé par des moyens presque inquisitoriaux.

Les lecteurs curieux pourront trouver dans les Mémoires de Weber et dans l'intéressant ouvrage consacré au Dauphin par M, de Beauchesne, le détail des combinaisons vraiment étonnantes par lesquelles la reine parvint à tromper cette surveillance, à se procurer un passeport, des vêtements, une voiture, des courriers, et surtout à se ménager une sortie. Nous nous bornerons à dire qu'elle dut la voitui'e et le passe-port au concours ingénieux d'un homme demeuré un des types les plus accomplis du dévouement et de la fidéhté : M. le comte de Fersen, jeune seigneur suédois, en qui respirait le courage chevaleresque de son roi, que la mort seule devait empêcher, peu de temps après, de sauver Marie-Antoinette comme il l'avait juré. M. de Fersen se chargea de trouver et de placer, auprès de la barrière Saint-Martin, une voiture à six chevaux et à six places, pour aller jusqu'à Claye, qui est la deuxième poste sur la route de Châlons. II se chargea aussi de recevoir tous les voyageurs près des Tuileries et de les conduire jusqu'à la voiture de départ. Conune il la fallait

le étfÊtaBeÊ^maà, xnA fnpoaéd'a.rvia Kfm b n* de FbHkc. ce de ce c

: fe ■■ pv cdfe A Jb^aedv. Le roî ne Toolut junùs i à ^tt MHbÎHina tmaà jfhMe qm'MnBUgease, et qui a I «M an d£pc» de »■ OMT. HoiEâRir et Madune c e «^ b mae de nbaAe:. Le SBBcès de leor énuâan a F ■ fee niiiLiii de fa lâK étùad justes, d «Hobicn iJ estai

r ^c k ni le K «il pa« tioné ca{Mble ffîmller son ■ e de 4bBi£ de bne, amie de 31. de FefâCD, oou) e de Kmê, teft sv k pont tk pvtir de Paris pour reluf ■er AasaiB pa*»; deaiut ^K^le assez considérable, c de den. ea&flts, sa garçn et me fille, un lalet de diambre e< (

. EDe fit fkmaDder à M. de HootmoriD, ministre des a&ires , oQ doubk <hi passe-port qa'dle ai at'ait déjà reçu et ptét^dn ^aré, et k remît à M. de Ferseo.

Enfin, M. le comte d'Agoult, aide-majcs' de cour» fut diargé pir ta TcÎDe de lui dioisir trois gardes du corps, robustes, capables d'une longue couise à franc étrier, et la désignation de cet officier tint surtout compte de ces qualités physiques. Mieux inslniit de leur destin»tîon, il eut pu eo tronrer non de plus dévoués et de plus fidèles, nuis de plus EaJts pour une mission qui exigeait autant d'adresse que de force, rt surtout une pai&ite connaissance des lieux.

Enfin, tous les préparatife faits, toutes les précautions prises, toutes les difficultés v'aincues, on arriva à cette mémorable jouniée du 20 juin, dont une précieuse rebOion de SI"* la duchese d'Angwi-

lême elle-même, communiquée par son auguste auteur à Weber, nous donne les détails les plus caractéristiques.

Pendant toute la journée du 20 juin, — dit la princesse qui devait épuiser la coupe des infortunes royales, — mon père et ma mère me parurent très-agités et occupés sans que j'en susse les raisons. Apres le dîner, ils nous renvoyèrent, mon frère et moi, dans une chambre, et s'enfermèren seuls avec ma tante. J'ai su depuis que c'est dans ce moment-là qu'ils informèrent ma tante du projet qu'ils avaient de s'enfuir. A cinq heures, ma mère alla se promener avec mon frère et moi, M°*« de Maillé, sa dame de Palais et M"* de Soucy, sous-gouvernante de mon frère, à Tivoli, chez M. Boutin, au bout de la Chaussée-d'Antin.

Dans la promenade, ma mère me prit à part, me dit que je ne devais pas m'inquiéter de tout ce que je verrais et que nous ne serions jamais séparés longtemps; que nous nous retrouverions bien vite. Mon esprit était bouché, et je ne compris rien du tout à tout cela ; elle m'embrassa et me dit que si ces dames me demandaient pourquoi j'étais si agitée, je devais dire qu elle m'avait grondée et que je m'étais raccommodée avec elle. Nous rentrâmes à sep heures; je retournai chez moi bien triste, ne comprenant rien du tout à ce que ma mère m'avait dit.

La soirée du 20 au 21 se passa comme à l'ordinaire. Le roi et la famille royale demeurèrent religieusement fidèles à toutes leurs habitudes, et la sécurité de leurs espions et de leurs gardiens dut être entière quand ils virent le roi, après avoir congédié les personnes admises à ce qu'on appelait son coucher, et au nombre desquelles était ce soir-là même M. de La Fayette, rentrer dans son appartement. Il avait soupe avec Monsieur et Madame et leurs adieux avaient été libres et naturels, comme entre frères qui doivent se revoir le lendemain. Monsieur était instruit du dessein qui allait s'accomplir. Mais on avait pu compter avec raison sur son habitude de la dissimulation. Une crainte non moins raisonnable avait fait garder le secret vis-à-vis de Madame, d'une vivacité et d'une sensibilité tout itahennes.

Monsieur, à peine rentré au Luxembourg, se couche ostensiblement, se relève aussitôt et part avec M. d'Avaray, intrépide compa-

I de m fortmw. Madame est réveillée par sa lectrice,

[là lui annonce qu'elle esl chargée, de la part de la reine et iT, de la conduire hors de France. Ce second départ s'cf- ;>i heureusement que le premier. Les deux époux fugilirs tïrenl k une poste, se saluèrent cérémonieusement, comme gns de qualité qui ne se connaissent point, et arrivèrent à Bruxelles, «pris m» odyssée dont le roi Louis XVIII, très-lettre comme on hII» bV pas dédaigné d'écrire la relation.

s qu'ib roulaient impunément sur la roule de Fl&ndre, tout I tmx Tiûlenes ou panissail dormir. Les ordres avaient i^lé ; geos dt service pour le lendemain. Les portes étaient t à<ief d les sentiDelles pUoées k leur poste. Apim. libres^ c'eâl-à-dire sur les (fix benres, des appels mysténen tf dts sjgMU nqsiels anîetit rêwii la famille an rendei-vous f/Maà, C'ètaM TcBln-sol de b rdne. M" Royale était demeurà!, râHfispoaUoa. seule dans son appartement r i de ses tewmu, destinée k raccompagner, et !»nd«x'> À rimprvxTsIe, coosentîl, avec le zèle de son franc dévouement, à ac<L\w»p*^ner. quoique mariée, sa jeuqe maltresse partout où elle irait. M"" de Mactxu était allée en retraite à la Visitation. On avait auf^ è)>>i^ c^te }eut<e Eroestine Lambriqud, GUe d'une des femmes do U T\-ii>e. que. dans un but d'émulation et de charité, eUe avait a<^y>iv 3t Tixtucation et aux )eux de sa fille. Le Dauphin avait été Iv^x'Hllé par rin£)itipi>le Slaiie-Antoinette et avait été conduit chez oBo p»r ïl"' de Toured. Là se tenait on garde du corps, M. de MaltVw, >fWvnkiiKnt ctnr^> d'accomfiagDer et de protéger le groupe des *ti»«wc# rt de* enËuils rvxanx.

>|* KKW. Âil MidMac fe'viik' iHk mlmt, vîm |J«àLW.î lois nous voir ; oo hibiBi « «Krr «tt lyc*» U»^ il ««m <kanMai: «mhm d tonbait de soniMiL U m sanit

pas ce qui se passait. Je lui demandai ce qu'il croyait qu'on allait faire. 11 me dit qu'il croyait qtœ nous allions jouer la comédie, parce que nous étions déguisés.

Madame Royale, elle aussi, était déguisée. On avait couvert sa . taille déjà souple avec une robe d'indienne brune qui était revenue à quatre francs dix sous.

Sur les onze heures et demie eut lieu le premier départ. Il était convenu qu'on sortirait par groupes séparés, pour ne pas attirer l'attention des sentinelles. La reine, conduisant ses enfants par la main et accompagnée de M°^® de Tourzel, gouvernante, de M Brunier et de Neuville, femmes de chambre, descend de son cabinet, suit un corridor communiquant à une des portes de l'appartement inoccupé de M. de Villequier, et, après des retards et des craintes qui lui brisent le cœur, s'avance, palpitante, vers la voiture qui stationnait dans la cour des princes. Elle y fait monter son cortège, moins M*** de Neuville et Brunier, qui allèrent rejoindre la chaise de poste qui devait les mener seules jusqu'à Claye, et le cocher, qui n'est autre que l'intrépide comte Axel de Feisen, sort doucement de la cour, fait, pour dérouter toute surveillance, plusieurs tours dans le quartier, et revient enfin s'arrêter au petit Carrousel, comme il était convenu. « Mon frère était couché, dit Madame Royale, dans le fond de la voiture, sous les robes de M°^® de Tourzel. »

Là s'écoula une heure d'attente, longue comme un siècle, durant laquelle la présence d'esprit de M. de Fersen dut multiplier ses efforts pour échapper aux questions et aux lazzis indiscrets des cochers qui, le prenant pour un confrère, l'apostrophaient en passant devant son fiacre et lui demandaient l'heure ou une prise de tabac. Soudain passe la voiture de M. de La Fayette, revenant du coucher du roi, après avoir donné ses ordres. Les flambeaux de son escorte n'éclairent, pour l'œil distrait du général, rien de suspect et il passe rapidement,

MAKIE-ANTOI^ETTE

■é de » nv h foba dB k nÔN^ qri qrittut à c»

■^^■ftboHBMHSpMHeiu qu'elle, le chemin de la nie de liiifafc, — at rïpnat ^rti «^w passé les guicfaeis da Lou%7?, JHpe^kB^HBCl &H k me da Bu, — Uadaroe Elisabeth, l i la ïoitare el y montait, non sans

, qui âlQiqucnicul fid^e à 5oa

t le roi. qui avait été obligé de

I ^^esqœ sous le? j-eux de la scnlindle » tf k r^ioe, revenue £tir ses pas et nnûe I Pont-Ro>a], k UqupJle etJe axm kr «gaiemeul son chemin.

I (xs contre-temp? avaient dévoré «B ïIrhAIr p*a? cwirtr de l'année. Il était une heure et liemèe et Paobe b^v-iu-<â^t d(j\ los roils H descendait jwa ipeo iv h nxite, quand rao^^^c: caravane arriva enfin à k oounOe bamêfe du Ckufcoarg :?aiB:-)Iartin, après un long tnjel cM^H laire par les vieux boolevaris [>Iu.- 5o(îtaiR-s cl plus suis qoeV| rues de U capitale pivie i s'êveïOer.

Là, depuis deux bernes, attendait b vmtore de voyage attelée de ^ tigouieux cberaix. dont le cocher de M. de Fersen, Baltbasar Sapel. tenait les guides. Avec loi étaient les deux gardes du coips choisis avec 31. de Malden pour protéger le roj'al exode, MM. de ^oustter et de VaJor>'. Ce dernier était monté sur un cbe>'al aurais et partit à franc élrier pour owamander les rdais à Bondy, dès que panuenl les iihistres voyageurs dont il de\'ait, déguisé en courrier, pnScèder la marche.

A deux heures, le carrosse de remise loué et conduit par M. de Fersen lui-même abordait la vaste berline. Les deux voitures se rangeaient portière contre portière, et le transbordement des fugitifs s'opérait sans encombre. M. de Fersen reforme les deux portières, conduit sur l'un des côtés de la route la voiture qui vient d'amener la

"Pi.!.

fiunille royale, et fait tomber dans le fossé un des chevaux de l'alte- ;e qui s'y embourbe et s'y empêtre comme une sorte d'ancre vivante. Puis il monte sur le siège de la berline à. côté de M. de Mousfier et dit à son cocher, qui conduisait en postillon : u Allons, hardi, menez vite! »

Enfin la lourde voiture s'ébranla et partit au galop de ses six chevaux, vivement fouettés par le cocher, que gourmandait sans cesse

\é^ dSflvde KyfeMi le lanps perda migré ma^Kwmiêmmm noealées.

fe oEtaMT qH W avait seni à eortir impa- B d'ohsfade», et plu*; foupAÉ ^M de 9M anÉrt, a atait qatUê la perruque et ■i wifmàmali k la q^dUé aihalleme prise dons son 1^ ^ eaatove ftm casmable au roi de Fraiict . II iHt CBcê Bicc fcairiHB de oacre de perle», une \&,le hnéee, 4es oliMes de Aap de soie DOÎne et de» bas Ses amBas âuaC aerrés par des boucles d'argot ■se de bCstas Mvaftnnîl se£ cltneiix.

CM lànne de tuni({ue. Elle cUtU bree ckiçcM Boir à b fAÎDoùe, garni d'une lonj CB TOksvsoB rânee.

tes beiDCo^ plBe daas le riUe qu'elle avait : le Bcm de JV Koeket, que celui du roi, f TtlLimuls jttraifnt un pm aTçc le titre de \"ait-t de chatnbrv nom de Diam»J.

M" de Tounel était, ao CMitiaiie, iDëannaissable sous les grands airs mi peu louids et le costume sans goût de la baronne de Korg, gruide dame courUndaife, se rendant à Francfort, dans l'équipage halNtnd des Allemandes de qualité.

Madame Royale et H. le Dauphin Dguraient, sous le nom d'^M^ lie et A'Aglai, les deux jeunes filles de la baronne.

Madame Élisab^, donoiselle de compagnie, sous le nom de Bosalie; M. de Malden, domestique, tantôt assis sur le siège de der^ rière de la voiture, tantôt la 5ui\'ant à cheval ; M. de Moustier, domestique, sur le siège de devant ; M. de Valory, courrier chaigé de préparer les relais, complétaient, sous des déguisements en report avec leur fonctioo et leur nom de Saint-Jean, de Meklùor et de

Page 1