Jtf4«t><Mit«dw<feCbiiNa
son frère, tu te trompais bien, ce n'est pas une comédie ! — Je le vois (fepuis longtemps », répond le précoce enfant. Sa mère, ne voulant confier à personne ce précieux fardeau, le prend dans ses bras, et descend lentement, suivie de Madame pensive, les degrés de l'escalier toumant. Les voilà en présence de ce peuple en fièvre, hurlant, grouillant autour de la voiture. Marie-Antoinette y place doucement son fils et s'y précipite avec le désespoir muet et concentré du prisonnier qui voudrait briser, en s'y brisant lui-même, les murs de sa prison.
Elle n'avait pas oublié de dire à M. de Romeuf en le quittant: « Au moins, monsieur, je vous recommande MM. de Damas, de Choiseul et de Goguelat, quand nous serons partis. » Le jeune aide de camp promit son appui et tint parole, car il sauva leur vie en exposant la sienne. Mis en arrestation, MM. de Damas et de Choiseul furent conduits dans la prison de Verdun, d'où ils furent dirigés, l'un sur Orléans, l'autre sur Paris.
Vers les huit heures, la voiture royale, la voiture des femmes de chambre et leur cortège sortirent lentement de Varennes. La position des trois gardes du corps garrottés sur le devant, et les injures qu'ils essuyaient à chaque pas, caractérisaient assez ce tragique départ, quand bien même le visage livide des voyageurs et leur morne silence ne l'eût pas fait.
Pendant ce temps, M. d'Eslon, et M. le comte Louis de Bouille, qui, précédant son père, venait de le rejoindre, sondaient le gué de la rivière et constataient avec douleur leur impuissance à le traverser pour fondre sur la sinistre expédition et la mettre en déroute. Enfin arrivait le général de Bouille, avec le régiment Royal-Allemand qu'il avait électrisé et entraîné. Malheureusement, prévenu trop tard, M. de Bouille était arrivé trop tard. La voiture du roi prisonnier avait sur lui une avance d'une heure et demie. Les rues de Varennes étaient
b*KS, me pasniot pas foonùr eDcorc
il 4m €»hêge. La ^ntes mtkiBales àt
*■ P** 'b CBBse, ARC du canon, i\TCfr
i faire (le? ticfimes de
Mol lear utknr. prè(es imiine.
e di roi. En présence de tous . les iuTDes aux yeux, b eqù, quelques coinDle»
n nBKBB a troupe à SUairt r Ik v& SRC srs iBÔBsi. ai ■omenl où b munidpalili irwJht Jele ftâejnau. BsGefrmjiNa-lesabrek b mun. sksd^sdr fasL ctMinèmtà Lmemboorg, d'oti lepi^ r acteds çËBéod ta fêcne i rAfiscBblée cette fiunaise lettre;* td'Hpradna H dcdHoocmeat. où 0 détoumajl, ai h' , h baftc ^ h tile da ni. d où il aïsunuil béroïque- I rMarf ■;! ff h rufumMMBf de c^p «itrepriso qu'Q u'anît srrw q»«m b d^appowiail.
La voiw' du tvi mît qoitre heures à fnndiir an pas b disboce «k VaRBBff à QeniK<Dl. Elle était efcorlée par trente des gardes ■aliwatpf qm le kerÎB et lef èmissaiiTs de M. Sauce avaient réunies 1 Vapf— e:. Ce0es des lîDes et des rilbges par lesquels on passait, ca tfù «tafent à perlée de b grande route, grossi&saieDt le cwlége, tmà ai ranpbçuit les corps qui retoomaieot chez eux. C'est ainsi qi»e le roi. duiaol ce TOyage de Vareones à Puis, qui durs six jours, ne fat jamaii^ entouré de moins de huit ou dix mille bomines, gardes natîoDkax, soldais lallîès, peuple, qui marchaient i pied, avec des gestes et des rrts efia\vits, que ne démentaient pas leurs actes. Plus d'une fois, en effet, cooune nous le Tarons, le sang coub autiHir de b >^ture ro>iJe et se mêb à b sueur des visages ^ à b poussière
deç habits, à la suite d'une de ces exécutions sommaires, d'un de ces féroces holocaustes partiels qui semblaient préluder à une hécatombe finale dont Paris serait le théâtre.
Au delà de Sainte-Menehould, où le roi et la famille royale, malgré la fatigue de sept heures de route, sous un soleil torride, malgré la fièvre qui brûlait les tempes du jeune Dauphin, ne purent obtenir qu'une halte de quelques minutes, se passa une de ces scènes sanglantes auxquelles nous faisons allusion. Les excitations des comités révolutionnaires, la chaleur et le vin avaient poussé, de degré en degré, jusqu'à une sorte de féroce délire, l'exaltation des gardes nationaux et de la foule hurlante qui suivait le cortège, ou qui surgissait, curieuse, et souvent insultante, de derrière les arbres et les haies, inondant les champs et les prés qui longeaient la route. De tels sentiments appelaient impatiemment une victime. Celle qui vint s'oflrir, sans le savoir, au martyre de la fidélité, fut un gentilhomme à cheveux blancs, le comte du Val de Dampierrre, chevalier de Saint-Louis, qui, bravant un danger qu'il était habitué à mépriser, vint à cheval s'incliner devant la portière du roi, et baiser, avec le même pieux respect qu'à Versailles, la main de Louis XVI prisonnier. Le reproche involontaire et muet de cette conduite fut considéré comme une insulte. Arraché de son cheval, foulé aux pieds, frappé de mille coups, le malheureux gentilhomme rougit de son sang et marqua de son cadavre la sinistre étape de Han. Sa tête, plantée au bout d'une pique, souilla jusqu'à Châlons, de son hideux trophée, la marche de ses lâches boun^eaux.
Au relais d'Orbeval, on vit passer triomphalement Drouet et Guillaume allant recevoir à Paris les félicitations et les récompenses qu'ils avaient si bien méritées. Ils avaient été précédés, dès le milieu de la nuit du 21, par un courrier de la municipalité de Varennes à l'Assemblée, annonçant l'arrestation et le retour du roi. Cette nou-
dant vrai do. dire que Barnave était alors plutôt Tami de ceux qui avaient celte opinion qu'il ne Tavait lui-môme; le troisième, aussi avocat, était républicain fanatique*.
A l'arrivée des commissaires, M"^ de Tourzel leur céda sa place dans la voiture du roi, et alla, dans celle qui les avait amenés, s'asseoir à côté de AF. de la Tour-Maubourg. Celui-ci avait été reconnu par la reine, qui eût été bien aise de l'avoir pour compagnon de voyage. Mais il lui représenta, avec la franchise du dévouement, qu'il valait mieux, dans l'intérêt de la monarchie, réserver cette faveur pour des adversaires qu'il était important de connaître et dont il n'était pas moins important d'être apprécié. La reine comprit la valeur de ce conseil plein d'abnégation, et les deux députés plébéiens montèrent, enorgueilUs, dans le carrosse du roi. Barnave, qui était assez mince, se mit dans le fond de la voiture, entre le roi et la reine ; Pétion, sur le devant, entre Madame Elisabeth et la jeune Madame. Le Dauphin passait tour à tour des genoux de sa mère sur ceux de sa tante ou de sa sœur.
Le premier abord, on le comprend, fut un peu froid. La différence des personnes, réunies par des événements si imprévus, faisait de cette réunion une sorte de douloureux paradoxe. On s'obser\'ait réciproquement. La gravité respectueuse de Barnave et la bonhomie habituelle au roi trouvèrent bientôt cependant un terrain favorable à une conversation qui ne pouvait jamais avoir les inconvénients du silence. Le résultat de ces entretiens, qui devenaient parfois généraux, et où la reine et Madame Elisabeth elle-même intervinrent, la première glace rompue, avec cette grâce si attendrissante dans leur situation, fut aussi favorable à Barnave qu'il le fut peu à Pétion. Le premier se crut obligé de faire preuve de l'éloquence et de la courtoisie qui, seules, pouvaient justifier sa place, et dans ce renversement brutal des