‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 120 sur 142 · MM · texte numérisé non relu

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Or. put le voir le 14 septembre, jour de l'acceptation de la constilulion ; le âO septembre, jour de la dissolution de l'Assemblée. Dans ces deux occasions solennelles, en voyant le président de l'Assenibii-e recevoir le roi comme on reçoit un égal, pour ne pas dire comme on revoit un inrérieur, en entendant porter en triomphe le vertueux Pétion et Vineomiplible Robespierre, Marie-Antoinette put se convaincre que la Révolution n'était pas finie, qu'elle n'était qu'interrompue un moment, par la nécessité, pour les partis adverses, de répivr leurs forces et de recruter de nouveaux adhérents. Pendant ce temps, la plupart des constitutionnels prenaient la route de Coblenlz, et échappaient par la fuite aux suites de la lutte dont ils avaient compromis les résultats. 11 ne demeurait auprès du roi et de la famille

royale, c'est-à-dire au poste du devoir, que quelques amis dévoués ou quelques ambitieux découragés. La Révolution remplissait Paris. La fidélité fuyait à l'étranger. Nous retrouverons dans la Correspondance de Marie-Antoinette, à mille endroits, Tanathème de Barnave contre les lâchetés du parti modéré et les fatales folies de l'émigration, qui livraient, par un dévouement pire que la trahison, la monarchie à ses ennemis. Au retour de cette séance, où les concessions de la royauté n'avaient servi qu'à son humiliation, au moment où Louis XVI pleurait, en songeant à ses enfants, sur la perte de cette autorité dont il ne pouvait plus môme leur transmettre les apparences, Marie-Antoinette, encore frémissante de cet affront dont elle avait été témoin, d'un roi parlant debout à des sujets assis, disait à M"'® Campan : « Ces gens ne veulent point de souverain. Nous succomberons à leur tactique perfide, mais très-bien suivie ; ils démolissent la monarchie pierre à pierre ' . »

Ce ne fut cependant que lorsqu'il n'y eut plus d'espoir, que lorsque, après avoir été applaudie une fois aux Français, sa présence eut été, au Théâtre Italien, l'occasion d'une véritable et scandaleuse collision, inévitable désormais à chacune de ses apparitions ; ce ne fut enfin que lorsque Barnave, en même temps impuissant et découragé, eut renoncé à rendre à une cause perdue des services inutiles, que la reine, modifiant sa tactique, entra résolument dans cette seconde phase de sa politique de salut, dont l'initiative lui est due tout entière. Examiner et extraire à ce point de vue les Mémoires contemporains et surtout sa Correspondance, c'est remplir le premier objet de ce chapitre, consacré d'abord au tableau de la vie extérieure du château des Tuileries, de 1791 à 1792, et surtout de sa vie intérieure, c'est-à-dire des pensées et des sentiments de ses habitants.

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