Madame Campan^ p
*•• MABIE-ANTOINETTE
U ne DooB reste» ptas «suite qn'fc nconter, «nu pànuet, oonf ceox qui h condamnerait, la fin de la nionardûe de Loms XTV «t de ses dcnâers béritioB.
La vie an châteaâ des TtiOeries, après raoceptetion de h conBttntion, ne diffi^ guère, sauf plra de liberté, de celle dont Xadame ÉKsab^ traçait le taMean en ces tomes à la fin de sq^ el791:
ia rà qin JB ntae «Bt i pan prèB 11 maow. Nom dion. k la mane k aîdi, « ^ k M» ham et donio. AsUbenrea je rcotradmiKH, isefilhMnscwdtBeiTiBB- Mal, à Mrf kuwui ot dénie noos bo^ioik. On Joae an biUanl wptié dîner et ^rie aaapw, pow bira faire de renrciee en rm. A oou beam, lont le oMadè n a CBMbr poar tacoBBeacer le leodeaiaiD. Je refrène qmi^efots moo paane Soa- M^ «Mad U fail beaa ec <*ad '...
Le roi avait rmoncé à la diasae, non sans quelques regn^ parla^ par Madame Elisab^, qui aimait h l'y suivre. la rdne avait renoncé au q)ectacle, depuis c^le rq[vé&«>tatîca) trop dnraatiqBe des ÉrénemenU impricus, au Tbéitre Italien, o{i une allusioD de
M" Dugaioii avait soulevé, enli-e les royalistes des loges et les jacobins du parlorre, un orage de coups qui faisait voler les touiït'S de che\ou\ daus la salle. Restait la promenade au bois de Boulogne, î» clieval ou en \oilure, exercice fa\ori de .Madame Elisabeth, tiaus letitiel la reine l'accompagnait parfois, non sans admirer ivlte înalkTiible sérénité qui avait résisté même à la secousse de >'areiuies.
On le voit, la vie du rui constitutionnel et de sa famille ne dilTéruil |vis beaucoup de celle du roi prisonnier. Il avait de plus la liberté tk' Kwvoir quelques derniers courlisans, sans carie de M. de Gouvioii, t't il |H>ss«Hlail uik* garJe constitutionnelle, commandée par M . de Bris-
I «K-iMi FimMtt é» C*»dm, t. U, p. «1, l«t re à H-* de RaÎRecoan.
sac, qui ne l'insultait pas. Mais la reine s'était refusée constamment à rétablissement de la maison civile que la Constitution permettait à Louis XVI d'avoir. Elle avait craint d'écarter, par la vue de ces parvenus de la Révolution, ses derniers amis ; elle avait surtout voulu se réserver pour la solitude, la lecture et ses correspondances, tout le temps qu'elle ne consacrait pas à des œuvres de charité ou à l'éducation de ses enfants. Ceux-là seuls, qui n'avaient pas de lettres à écrire, avaient vu revenir avec bonheur la permission de reprendre les jeux et les promenades dans le jardin des Tuileries, longtemps suspendus. La poitrine du Dauphin se dilatait à ces bouffées d'air pur. Il souriait avec une sorte d'ivresse au ciel et aux oiseaux. « Maman », s'écriait-il en bondissant comme un jeune chevreau, « que je plains les malheureux qui sont toujours enfennés ! »
Tandis que Madame Elisabeth consacrait tout le superflu de son temps à écrire à M*"^ de Raigecourt et de Bombelles, parfois au comte d'Artois, mais surtout à lire les livres de direction janséniste, où elle se nourrissait de la moelle robuste qui convenait à sa piété, plus raisonnable encore que tendre, ou à s'entretenir avec son confesseur, — cet abbé Edgeworth de Firmont, dont elle a laissé un si bel éloge, — Marie-Antoinette, d'une main fiévreuse, rapide, écrivait ces lettres politiques, qui servaient d'instructions à ses émissaires à Londres, à Vienne, à Naples, à Bruxelles, qui étonnaient l'empereur Léopold, contrariaient Pitt, et embarrassaient parfois M. de Mercy, Elle se multipliait pour suffire à ces commerces variés, à ces copies (faute de secrétaire), qui représentent une dépense d'activité intellectuelle vraiment étonnante. La nuit la suri^renait souvent et ne l'arrêtait pas, feuilletant, pour y retrouver la clef de son chiffre si compliqué, l'exemplaire de Paul et Virginie qui lui avait fourni ses instruments de correspondance inviolable pour les yeux mêmes de la Révolution,
MAHIE-ANTOINETTE
i) s'occupail surtout de son saiut étemel, tandu
:, fc qui ses soilicitudcs maternelles ne permettaient
il des aiTaires de ce monde, s'occupait de son salut
hMT Elisabeth n'avait à f;onger dans son testament qu'à
If avul, avec le sang-froid qui la caracti^-risait, proct^dif h
1 suprême dès le mois d'octobre 1790. Le 15 de ce
it part h. M"' de Bombclles des dispositions, en ce qui
; de ce testament confié à M"* de Raigecourt, partant pour
QmmÊi ft vienï, mu pi'litc Itmube, de relir« mon (esUmunt et ào \oir quo jr l't «^■nHwto aux bonl^â du roi «l que je le laisse mes cheveux, it faut liion que je U ^rm ■K-mtmr qwe je me recommande 3i tes prières, et puis que je te diw puntre ^wJkeqBc je t'aimo bien, Prie bien pour lecomlo d'Ailois, coavortia-le (lar le m^l ^m M 4ms avoir duns le ciel et contnbues-y toi-iuénie si lu le peux. Tu liunnerw île a*.(kevra\ i Raigecourt. Tu ne m'oublieras lu l'une ni l'autre', mais ne va [ws «K (ipt<li>r ji:;sei i>our le rendre un peu malheureuse. Adieu*...
Otie affaire \idée. Madame Elisabeth s'occupe d'une autre non ■oîtis importante à ses yeux. Il s'agit du choix d'un confes-^cur. Le sÀn) s'am^te sur un prêtre des Missions étrangères, qui ne lui laisse pas le temps de regretter l'abbc Madier, qui a suivi Mesdames. El ee n'était pas une facile conquête que celle d'une pénitente aussi sévère, aussi observatrice, qui exigeait avec raison dans son directeur une supériorité morale devant laquelle elle pût s'incliner sans résone. Ses lettres de mars et d'avril 1791 apportent tour II tour à ses dein nunies la confidence de ses impressions. Nous ne résistons pas, on raison du nom de la pénitente et do celui du confesseur, au phit^ir d'en donner quelques extraits.
t. Admirable Idiuiu cnlumi. qui indique la i n n'y a qae le raur pour conimuilns de t. Awwil FfuilUt i* CotKhti. 1. VI, p. 30Q.
'» Tiutes siiMiiues.
J'ospèro, écrit-elle à M"*" de Raigecourt, que M. de Firmont me fora atteindre, par ses conseils, à ce point si nécessaire pour se sauver... Je me suis confessée hier : j'en ai été parfaitement contente. Il a de l'esprit, de la douceur, une grande connaissance du cœur humain ; j'espère trouver en lui ce qui me manquait depuis longtemps pour faire des progrès dans la piété. Remercie le ciel pour moi, mon cœur, de ce que, par un trait particulier de sa providence, il me l'a fait connaître*...
Quatre jours après, elle annonçait, à peu près dans les mêmes termes, cette première entrevue à M"® de Bombelles, et, depuis lors, elle ne faisait que renchérir, à mesure qu'elle le connaissait mieux, sur les éloges qu'elle avait donnés à son guide spirituel*. Voici ce qu'elle en disait, le 25 août 1791, k M™* de Raigecourt :
Je sors dans l'instant d'avec cette personne ; l'esprit, la bonté, la douceur sans faiblesse, la connaissance parfaite des hommes, une manière d'attirer la conûance, une vertu qui se fait aimer et inspire le désir d'être imitée : voilà son portrait mal esquissé, mais qui peut, ajouté à tout ce que je t'ai dit, te faire deviner le reste '...
Une telle influence devait achever de mûrir ces fruits d'abnégation et de perfection dont la fleur embaume la correspondance de l'année précédente, surtout les lettres relatives à ses lectures et à la démission de M. de Bombelles, qui a tout sacrifié au sublime point d'honneur de la fidélité.
J'ai lu enfin, écrivait-elle, le 25 septembre 1790, à M"'« de Raigecourt, deux volumes de rabbé Duguet : je ne suis pas surprise que tu on sois si enchantée. Cela entraîne et persuade, tant c'est de la belle et bonne morale, écrite par un homme de talent et convaincu... Théologie à paît, à laquelle je ne comprends rien, c'étaient de bien saintes gens que tous ces solitaires de Port-Royal... Quelle vie à côté de la nôtre! Et nous osons nous plaindre ^ !...
i. Recueil Feuillet de Couches, t. II, p. 17, lettre du 18 mars 1701.