‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 123 sur 142 · Recwil Feuillet de Conches, t. H, p · texte numérisé non relu

Recwil Feuillet de Conches, t. H, p

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Enfio, dans un Tolumioeoi Pott'Seriptum du 25, elle insistait encore sur la nécessité de l'acceptation de la Constitution, et cela avec

I. nreurU d-Bmnoblem, p. 305; et JbcNnI FnuIM (f« Coucko, t. II.p. S38 àl33.

une audace d'esprit bien supérieure à l'inflexibilité abstraite et aux avis stériles de l'éloquent mais peu pratique Burke * :

Il est impossible, vu la position ici, que le roi refuse son acceptation. Croyez que la chose doit être bien vraie, puisque je vous le dis. Vous connaissez assez mon caractère pour croire qu'il me porterait plutôt aune chose noble et pleine de courage; mais il n'en existe point à courir un danger plus que certain...

Malheureusement cette politique de temporisation échoua à la fois devant les obstacles du dedans et ceux du dehors, devant l'opposition des ennemis et celle des amis eux-mêmes. La modération et la patience ne faisaient le compte d'aucun de ces partis, qui ne voyaient le triomphe ou le salut que dans ces luttes armées et acharnées, où la violence crée les dénouements les plus propices à l'ambition ou à la vengeance. M. de Mercy, tout en accablant la reine d'éloges*, se prêta peu à des négociations dont la sagesse hardie semblaft, à ces diplomates de la vieille roche, dont les objections n'étaient combattues que par le libéral et prévoyant la Marck% la plus aventureuse des témérités. Les émigrants et leurs chefs, partant de cette idée qu'il fallait sauver malgré lui un roi incapable de se sauver lui-même, désobéissaient respectueusement à ses ordres, et minaient, au nom même de leur fidélité, l'autorité précaire de ses agents. De là des contradictions et des conflits sans nombre, et là où il eût fallu de l'au-

1. C^est le 20 août, en effet, que le comte de Mercy transmettait à la reine cette Noie de Burke qui, sMnspirant d'un idéal de fermeté grandiose, mais impossible, conseillait, sous peine de déshonneur et de perte do la monarchie, une résistance silencieuse, un refus immobile qui, en déconcertant les espérances du parti constitutionnel, eussent tout simplement enlevé à la royauté ses dernières cuances et précipité d*un au la chute du trône. La première condition pour résister, en pareil cas, Burke Toublie avec un stoïcisme trop facile quand on raisonne en pleine sécurité et qui fait sourire M. de Mercy, c^est de le pouvoir. (Recwil Feuillet de Conches, t. II, p. 256.)

2. Recueil Feuillet de Conches, 1. 1, p. 294, 297 ; t. II, p. 296.

3. Recueil Feuillet de Conches, t. II, p. 210, lettre de M. de la Marck à M. de Mercy, du 5 août 1791.

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(lace et de l'union, une anarcliie systématique. De lîi aussi des spontanéités maladroites et des initiatives fâcheuses, qui faisaient avorter les meilleures intentions et envenimaient la querelle par te soupçon de duplicité qui désormais paralysera toutes les tentatives conciliatrices de la cour.

Le crédit passager et la popularité incertaine que l'acceptation de la Constitution avaient rendus au roi ne pouvaient s'affermir que par la reconnaissance de la Constitution par les puissances élrangères, ou tout au moins le retour des princes fnuiçais el la rentrée pacifique des émigrés. Cette mesure, vivement sollicitée par les conseillers constitutionnels du roi, Bamavc et ses amis, dissipait les dernières méfiances, ûtait b la discorde un de ses plus puissant.') prétestes et rendait au trilne ses défenseurs naturels, en même tcmix^i [u'elle ren\in)nnait de la garde, bien plus solide encore, de la coitiance revenue. Slallieureuseinent, le roi et la reine ne furent ni écouî dans lem" premier appel, ni crus dans leur désaveu' , et la coiivenllion de Pilnitz, première menace de la coalition, fut l'unique n^pims».' de l'émigration à des adjurations qu'elle affectait de ne pas croire sincères, et dont elle ruinait elle-même l'effet, .\insi, c'est autant contre les royalistes que contre les républicains que la reine avait à lutter, et les opiniâtres préjugés des premiers ne lui furent pas moins funestes que les insolentes prétentions des seconds. Son dégoût de ces égoïstes ou imprudents amis, dont le zèle fatal lui arrache des mots tour à tour empreints d'indignation ou d'ironie, se lit à chaque page de sa correspondance de cette époque', et le roi lui-même, malgré ses illusions et sa faiblesse, ne peut s'empêcher de le partager*.

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