‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 131 sur 142 · RtlaUont inwr«u dont In àUmoirtt d* WAtr, p · texte numérisé non relu

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les autres, se mêlant aux assaillants, leur prêtèrent main-forte, criant : Vivent les patriotes! les embrassant et les aidant à traîner un canon, démonté de son affût, jusqu'à la porte intérieure de l'appartement du roi.

Louis XVI, qui fit preuve ce jour-là d'un sang-froid sublime et d'une obstination héroïque, deux qualités qui, avec une pointe d'enthousiasme et de hardiesse, avec ce je ne sais quoi d'éloquent et de militaire qui lui manquait, eussent enlevé tous les cœurs, Louis XVI, voulant braver seul le premier choc de l'émeute et ne lui fournir dès l'abord ni prétextes, ni victimes, avait, plusieurs heures auparavant, fait évacuer le château par les poignées de gentilshommes qui étaient venus lui offrir leurs épées. Il se souvenait du 28 février et avait résolu d'écarter tout conflit entre ces défenseurs volontaires et ses gardiens naturels, dont la jalousie, pactisant avec le danger, eût pu le rendre terrible. Il ne garda auprès de lui que quelques serviteurs réunis à ses côtés dans l'appartement de M. de Septeuil, son premier valet de chambre, et quelques gardes nationaux dévoués, en tête desquels était le brave Aclocque, le chef de cette deuxième légion de la garde nationale, dont la fidélité pendant la Révolution ne se démentit jamais, et valut à la plupart une honorable proscription. Avec eux le roi descendit à son appartement, dont les portes volaient déjà en éclats au cri de : Enfonçons! Enfonçons! dont la hache faisait une réalité. Le premier coup avait été donné par un garde national en faction.

Le roi, ne voulant pas être surpris, mais surprendre, s'arracha, non sans peine, des bras de la reine et de ses enfants, qu'on entraîna dans la salle du conseil, pendant qu'il s'avançait vers la salle des gardes. Plus heureuse que la reine qui s'écriait en frémissant : « N'importe! ma place est auprès du roi! » Madame Elisabeth, qui était moins impopulaire et qui pouvait se montrer impunément à ses côtés, l'avait

^ à sa clianibrc à coucher, que les deux huissiers de ser- B fit X. Bm» «nint temés w vamiB, «t que k : d^ k roi dit «vbc bm nobk Miimce t ■ OfT«! O» |Mi J« mÎÊàn de» R»nçri>? » BtîtnprésBDlBaiii ■Ikmt déconcertés, 4 ces moU n simpleB, eoi^ I : « Qae wuJssHwvf ? » Un monwt tooto k BBfMI aortr de aon endiema qa'ea criant : Ftft» fc ni.' Mw ks MaiBiax «cms qm débouohuent eonstamment per L Mchttde Ifa ifc Biiif tewMèwBt et aigEirent bientat ces entomraiort lenn et qtd b'^mtl de cavant k powsiKBt et l'iacdènot; e de fenttre de la saBe des //Met. Pois, sfas de n'tin pas tannés, ik l'oitoarèrait, bisant de temps en tenqw me sortie hearanae poor ptéàpiter aui gemar du rai on misératile qui l'avait menacé, on paor redresser de kv ^>ée et sa besoin de leurs bras les piqnBB trqp insolentes. Ce-groq>e énergique et dévoué se composai! des maréchaux de Mouchy et de Mailly, de MM. d'Aubier, de Paroy, d'Herxilly, de Bougainville, Gentil, valet de chambre du Dauphin, du brave Aclocque, de MM. Vainfrais, Gainguerlot, Ganolles, gardes nationaux, auxquels vinrent plus lard se joindre M. Boscary de Yilleplaine et Jl. ilontjourdain, chefs de bataillon, h la tête des grenadiers des Filles-Saint-Tbomas, que Bligny, valet de chambre du roi, était allé requérir en hâte'. Cependant les courants divers de ce torrent humain avaient arraché Madame Elisabeth à son poste d'observation et de dévouement et l'avaient un moment séparée du roi, murmurant : Bonté rfioine / boulé divine ! son exclamation habituelle dans les moments où la rio-

1. Le commMdânt en premier de ce brave et Adèle btttUIoii fuit H. Tmwi do rËong.

lence des circonstances la faisait sortir de sa réserve. Un instant, elle fut prise pour la reine, et les cris de mort qui s'élevèrent aussitôt sur sa tête témoignent qu'elle pouvait payer cette erreur de sa vie. Son écuyer, M. de Saint- Pardoux, se jeta entre elle et les furieux qui criaient : « Ah ! voici l'Autrichienne ! Il nous faut la tête de l'Autrichienne ! » et les détrompa en la nommant. « Pourquoi, lui dit Madame Elisabeth, avec un doux reproche, ne pas leur laisser croire que je suis la reine? vous auriez peut-être évité un plus grand crime. »

Ce mot sublime est répété sous des formules diverses, qui toutes comportent le même sens héroïque, par tous les historiens dont nous suivons et résumons la relation*. Il n'a été oublié que pai' Madame Elisabeth, dont la lettre du 3 juillet à M"" de Raigecourt contient un récit exact et encore tout palpitant de cette terrible journée*.

Madame Elisabeth, qui ne s'est pas souvenue de son mot sublime à propos de la reine, n'a pas mentionné davantage celui-ci, qui donne une si belle idée de son sang-froid. Un homme à pique, quand elle eut enfin rejoint son auguste frère, approchant son arme trop près de sa poitrine, elle la releva doucement et lui dit, s'oubliant sans cesse elle-même : « Prenez garde, monsieur, vous pourriez blesser quelqu'un et je suis sûre que vous en seriez fâchée »

Nous voudrions pouvoir citer les nombreux épisodes de cette journée, montrer le roi répondant par de fermes paroles aux demandes insolentes de la populace, et refusant formellement cette sanction qu'on était venu lui arracher, mais consentant, pour lui complaire, h

i. Mémoires de Weber, p. 390; — de Hue [^ édition), p. ^n.— Madame Campan, p. 331). — Éloge, par Ferrand, p. 82 (2* édition).

2. Lettre du 3 Juillet à M"* de Raigecourt, .\ la suite de la 2* édition de VÈloge de Ferrand, p. 252.

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