‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 133 sur 142 · I. Madame Campan, p i, Mémoim d» Hv*. f · texte numérisé non relu

I. Madame Campan, p i, Mémoim d» Hv*. f

Personne au château ne vit un oracle bien sûr dans cette prédiction consolante. A partir de ce jour, la princesse de Lamballe ni les femmes de la reine n'osèrent plus se coucher. Le Dauphin, assistant le lendemain à la garde montante au château, crut à une nouvelle prise d'armes, et demanda naïvement à sa mère : Maman, est-ce encore hier^ ?

Le roi écrivait, le 21 juin, au supérieur de la congrégation des Eudistes, l'abbé Hébert, futur martyr des Carmes :

Venez me voir sans retard, j'ai fini avec les hommes; je n*ai plus besoin que du ciel -.

La reine ne partageait que trop ces pressentiments. Elle avait vu l'indifférence de l'Assemblée, TaiTogante insouciance de Pétion et son insultante popularité. Elle savait que Santerre, ramenant confus ses bandes dans leurs repaires, avait murmuré : « Le coup est manqué : c'est à recommencer^. »

Le 4 juillet 1792, elle écrivait à un personnage qui ne peut être que le prince de Kaunitz :

Vous connaissez déjà les événements du 20 juin. Notre position est affreuse et devient toujours plus critique. Il n'y a que violence et rage d'un côté, faiblesse et inertie de l'autre. L'on ne peut compter sur la garde nationale ni sur l'armée. On ne sait s'il faut rester à Paris ou se jeter ailleurs. 11 est plus que temps que les puissance^ parlent fortement. Le \ 4 juillet et jours suivants peuvent être l'époque d'un deuil général pour la France, et de regrets pour les puissances, qui auront été trop lentes pour s'expliquer. Tout est perdu si on n'arrête pas les factieux par la crainte d'une punition prochaine. Ils veulent à tout prix la république. Pour arriver, ils ont résolu d'assassiner le roi. 11 serait nécessaire qu'un manifeste rendit l'Assemblée nationale

1. Noas avions, sur Tautorité de M"** Campan (p. 258), rapporté co mot à notre page 445, en le plaçant après le retour d'octobre 1789. Il nous parait ici mieux en situation et nous le rétablissons en son lieu d*après Hue {Mémoires, p. 280).

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