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chasse qu'il affectionne avec une sorte de fiévreuse passion de mouvement et de solitude. Bientôt on voit Marie-Antoinette suivre, en habit d'amazone, la chasse du roi et de ce Dauphin « qui chasse comme un ancien de l'ordre teutonique », et assistera son tirer, applaudissant de sa blanche main la sûreté de son coup d'œil *.
Dès le mois de décembre 1771, tous ces soins, tous ces efforts, toutes ces prévenances ont porté leur fruit, « et M. le Dauphin est tous les jours plus aimable * ! »
Plus tard, ce sont les petits bals intimes chez la dame d'honneur, M"' de Noailles, ou bien encore les courses de traîneaux, passetemps importé de la cour de Vienne, qui continuent ce lent apprivoisement d'une àme effarouchée.
En décembre 1771, le Dauphin pousse la poHtesse et l'attention pour sa jeune épouse jusqu'à écrire avec elle à sa chère maman, jusqu'à faire avec elle le beau rêve, le charmant projet d'un voyage à Vienne. Et tout doucement aussi l'estime, estime sincère, profonde, entre dans le cœur de la Dauphine, malgré son impatience, pour ce prince qui gagne tant à être connu :
H. le Dauphin n'est pas moins bon, il est religieux, attaché comme personne à ses devoirs; mais il est ferme par nature, et il n'est pas de ces caractères qui consentiraient à entrer dans ce genre de détail pour se faire une règle de conduite : il va droit son chemin, sans s'inquiéter du reste. La confiance ne se commande pas; il faut qu'elle lui vienne'.
Ce sont là les derniers nuages. Les petits bals de M"^ de Noailles, mais surtout les repas en conmiun de la jeune famille, les représentations de l'entre-sol, et une ou deux visites avec le Dauphin