‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 20 sur 142 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le cri de douleur et d'effroi qui avait, dans la bouche de Louis et de Marie-Antoinette agenouillés, accueilli la nouvelle de leur précoce avènement, n'était que l'aveu du trop juste pressentiment des diflîcultés d'une situation t[ui les présentait, pour ainsi dire, désarmés, aux plus effrayants devoirs el aux épreuves inévitables de cette éducation qu'un roi, surtout en France, ne saurait jamais se donner qu'aux dépens de la royauté.

La Correspondance de Marie-Antoinette, — cette source récemment et si heureusement ouveile pour renouveler et féconder une histoire jusqu'ici stérile, — abonde en détails et en confidenccB

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impr^ i ^"air!°r r-Hte âaaxifm .^ngTffff? de deux 5»xiveraiii5 de vingt jns^ t^ipiCTueir nt^*TTnffnCPs tjaas^ fart «i? rrâner, qui le prennent, xam^ eir 3a£vç ^ ^HifiTîase HiLsoiL, p«:^ir cefcn de se faire aimer, :«: 3Dur unies aiesorîs* i» sQossit «ja'i dxif»? d? Ixms exemples. ♦Ii?n?îî^. ^:? a -rtiMt pas !a tuot i iiâ ane m&hdresse, même au ivinr Àï ^ne guacqoe. Et I ait 'iufix i {a ccfosôence publique, si IuaKK3lPl^ jpçrme; par !a rjcrurôja ùriMipèanÉe, de respirer enfin, ^ îjTîtïiînce ie snrpanim?^ iconiMHs kos?^ Mais ll»OTtage de Louis XV ikSs^t i sitt sïir>??Sîeur citai «laoïr^s •ie^xrs à mnpiir, Inen d'autres iûëCftcii^ i itoaicTf ^ -BSi rjoir*? iuces i évîter, enlfin, que celle de 'ut r'î^îîî^îmîitîr. L le ^oiKi: poi^ -ie «JcrriKr l?s moears, fl laut encore, ,(Qiim£ jii :rïC :*JU ^oju&r jes ^5fcs^»?cI:^ ^ £ri^T les idées. U iaut se iv^^ sfcxjnmfof^ sioiî^ ecwîser îioza^ si disiÂê ni sa sécurité, à ce nviL^^nmntf ^»;rî' Vfs r^fdimir? .^iiL fei.Hi :?ill est fleuve ou torrent, ^viictr'ni .01 iieoJiûie^ rar&ffloe Iifs r-Joesccks suboneT^, retrempe ou

0 ^^ vicî> .vs kcr:\^> dibaJn's. intimes ei sincères comme une convscsvf^ hU»:. ix'CT jj^ fcvoii-èr^' :*::s, nc-os avons b vérité rroie sur ces v\>ttnycxYax*t:*s etKvn:^ otvscurs, sur ces premières fautes d'un prince vju: a;: îouîc s k*< qiwkKîes, ocajii«e dirjJt Duolos, hormis les qualités <Ki jYi:K\\ scir vvs orv^ii^s kiutjkines et mystérieuses, mais trop KvlU'^s. vîo U R- xohrx a fni:An^:s<^ : car c'est des premiers actes d'un ^>u\^ntK nuniî, s^ir ks<|U0iS ;iniis et ennemis ont les yeux a\idement ti\os. quo vJôjhmkI SiHivont le sort futur de ce gouvernement ; et une .<\xrto vlo fcitalité rtMid ces premières impressions irréparables.

r/ost IJi que nous assistons à ce second acte du drame de la vie d'uno ivino qui, selon le prince de Ligne, n'eut jamais une journée IKUliiitemont luniivuso, et que nous la voyons luttant, déjà respon- ^\\\\\\ aux yeux du public, de ce pouvoir dont elle est éloignée, \'K\\\Uv une impopularité où, par une penersion de tous les principes

et de tous les respects, une famille jalouse, un ministère hostile, un peuple prévenu, voient à la fois le triomphe de leur ambition et la vengeance de leurs griefs.

Triomphe éphémère, qui leur coûtera cher, mais qui malheureusement aussi coûtera cher à la jeune reine, que poursuit cet injuste surnom d'Autrichienne^ alors qu'elle se montre le plus Française par la grâce, l'esprit et la bonté; qui sera fatal aussi au mari timide et prévenu qui ne s'aperçoit pas assez tôt que la cause de deux personnes unies à la fois par le trône et par le lit, par le pouvoir et le mariage, est forcément solidaire ; que c'est par des pamphlets que commencent les révoltes de l'opinion, et que dans un pays où le ridicule est une puissance, le respect de la reine fait partie de la sûreté du roi. Louis était déjà le meilleur et le plus sage des hommes dans la vie privée. Mais il ne sut point, surtout dans les premiers temps, vouloir par lui-même et se tenir à l'écart d'influences toujours intéressées, et intéressées dans l'espèce, à faire perdre à une reine que la beauté, l'intelligence et la vertu rendaient si dangereuse, un crédit qu'elle n'eût ni partagé ni abaissé. De là contre Marie-Antoinette, prête à conquérir, avec le cœur d'un époux, d'autant plus soumis, qu'il aura d'abord été plus rebelle, le gouvernement effectif; contre Marie-Antoinette, dans laquelle on affecte de voir un génie antinational et comme une domination étrangère, cette coalition des intérêts les plus divers, des personnes les plus différentes, qui réunit le duc d'Aiguillon, le courtisan de M"**" Du Barry, avec Madame Adélaïde, l'altière fille de Louis XV, et le frivole et sceptique Maurepas avec Madame Louise, l'auguste Carmélite. C'est ce parti de famille et de cour dont les intrigues imprévoyantes, allant bien au delà de leur but, saperont peu à peu les fondements de la monarchie, apprendront au peuple, qui n'oublie jamais de telles leçons, le mépris des personnes royales, et tout en croyant se borner à rendre le retour du

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duc de Choiseul impossible, rendront impossible le règne de ce Dauphin, peu impatiemment attendu, il est \Tai, dont ils dissipent, d'a\'ance, Théritage.

Ce qu'on n'a pas assez \u, ni surtout assez dit, c'est cpie la Révolution française est plus rou\Tage des pariements séditieux, de la noblesse philosophe, du clergé dégénéré, cpie du peuple auquel les remontrances, les salons et les chansons ont indiqué le chemin de Tassant et le coté faible de la forteresse. Toutes ces réflexions sont Inévitables pour quiconque lit, avec attention et impartialité, cette corespondance révélatrice à laquelle nous devons le secret des déceptions et des os|x^rances, des douleurs et des consolations de 3larie- Antoinette, durant ivtte période orageuse où une humiliante stérilité la laissi sans défense et comme condamnée par la Pro\idence ellem*mo ^ cotte Iwstilité de famille et de cour qui, pendant quelque temps, stMuMo a\oir gagné jusqu'à son mari. Ce n'est que peu à peu que nous verrons Marie-Antoinette, triomphante de toutes les coteries, ttiTivor |>ar la bonté, par la charité, par la patience, à conquérir à la fois le oivur de son époux et celui de son peuple, que la naissance d'un Dauphin, en 1781, rendra, l'un à jamais. l'autre pour quelque temps fidèle.

Tel est le cadre dont il nous faut maintenant esquisser le tableau, en empruntant le plus souvent à ces documents contemporains ou personnels, une couleur supérieure à celle de Tart.

Qui pourrait se flatter de rendre plus éloquemment que les lettres de Marie-Antoinette à sa mère, cette stupeur inquiète où la nouveauté impréwe de ses devoirs jette le jeune couple? Lisez, par exemple, cette lettre de la reine d un jour à sa mère, en date à Choisy du 11 mai 1774 *.

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