‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 22 sur 142 · Madame Campan, édit. Barrière, p · texte numérisé non relu

Madame Campan, édit. Barrière, p

2. Lettre à Marie-Christioe, 18 mai 1774. Recueil (T Hunolstein, p. G2.

fidement exploitée déjà contre Marie- Antoinette par les calomnies de coiir, que les calomnies populaires ne feront plus tard que copier.

Faisant allusion à cette fatalité calomniatrice de son origine, survivant à tous ses efforts, et la rendant suspecte malgré elle, elle dévoile à son frère cette plaie secrète, qu'elle guérira si bien un jour que Joseph se plaindra de la trouver trop Française :

Je n'étais pas tout à fait à mon aise dans la famille royale; je crois avoir remarqué qu'on voyait trop en moi une étrangère qui avait contrarié des projets de domination. J'ai fait tout mon possible pour me tirer d'affaire, mais je ne suis pas sûre qu'on m'ait su gré de mes efforts. Je me suis faite cependant Française le plus que j'ai pu, je n'ai soutenu que des Français*...

Chose étrange! c'est au moment où Marie- Antoinette redoublait d'efforts pour paraître uniquement attachée aux intérêts de sa patrie d'adoption, au moment où elle consacrait presque héroïquement cette abnégation, en supportant sans murmure cet échec du duc de Choiseul, qui n'était pas sans atteindre quelque peu celle qui s'était faite sa protectrice, que le ministère, la famille et la cour excitaient le plus ces défiances et ces susceptibilités nationales dont on attisait d'autant plus vivement le feu, toujours couvant sous la cendre, qu'il manquait d'éléments, grâce à la prudence de Marie-Antoinette. Pendant ce temps, par une injustice qu'expliquent la distance et les rapports intéressés de censeurs mécontents, Marie -Thérèse accusait sa fille de perdre par trop le caractère allemand, de faire peu d'accueil à ses compatriotes, de s'être métamorphosée enfin au point de n'être plus reconnue. La destinée de Marie-Antoinette tout entière est dans ces contradictions. Elle fut toute sa vie entre deux feux, et presque également compromise par ses ennemis et par ses

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