Ibid., p. 78, lettTL à Mario-Christine, du 3 mai
les premiers pas, et elle sacrifie plus d'une juste susceptibilité à son désir de maintenir Tintimité de cette vie de famille si salutaire dont elle a emporté de Vienne comme la religion «.
Mais c'est surtout vis-à-vis de Madame Elisabeth, sa jeune bellesœur, que Marie-Antoinette se plut à manifester sa sollicitude et son dévouement et à s'essayer, en quelque sorte, à la maternité, objet de ses vœux et de ses espérances.
Il est impossible de ne pas citer cette admirable lettre du 16 août 1775, qui nous donne sur les âpretés de caractère par lesquelles la fière et généreuse enfant préluda, sous l'influence d'un tempérament tout bourbonnien, que la religion devait bientôt contenir, à la perfection angélique dont elle devait donner le précoce exemple, et sur l'intérêt que, dès les premiers jours, inspira à Marie-Antoinette, qui l'avait devinée, cette princesse de prédilection, — qui nous donne, disons-nous, — de si curieux, si touchants et si nouveaux détails :
Je viens d'avoir, écrivait la jeune reine à Marie-Thérèse, un long entretien avec le roi sur Elisabeth ; il est irrité, chagrin et bien embarrassé. Ma bonne maman connaît Elisabeth, par tout ce que lui en a dit mon frère Joseph, et par ce que je lui en ai dit moi-même. A mon arrivée en France, j'avais trouvé en elle une petite sauvage que rien ne pouvait apprivoiser, brusque, rude, emportée et volontaire à faire peur, indocile à toutes les remontrances; il n'y a qu'une mère qui aurait pu adoucir ce caraclère-là dans les premiers temps; on avait beau donner une entière autorité aux dames gouvernantes, ce ne pouvait être la même chose ; à peine si elle avait connu sa mère. Cependant, elle avait un bon fonds, et, ce qui rassurait, beaucoup de sensibilité; il n'y avait que manière de diriger tout cela. Son obstination pouvait devenir caractère et sa 6erté un bon point de direction, et comme elle était sensible, on pouvait lui faire comprendre l'avantage et le bonheur d'être aimée. Le roi lui a parlé sur son caractère avec patience et douceur et plus souvent avec humeur. Et comme on a vu que la douceur avait plus de succès, on a cessé de la cabrer; les gouvernantes ont usé, suivant les circonstances, de l'affabilité et de la froideur ; elles ont fait parler la religion et l'émulation en l'associant à Clotilde qu'elle aimait tendrement; enfin, on a si bien réussi qu'on a ét^ trop loin.
1. Recueil ifBunolstein, p. 81, 83, lettre à Marie-Christine, du 19 mai 1777.
Dès ipe GtoCilde a «té marj», «^Le a'a •*<!*»« -5* pûevrer comme une Hadeleine; elle esi «ievi^nne îombn?. retirii» en «>: tîîl*? *>jt ^*Ka» 'iins Li piété la plus forte, et elle a fin: par dMiamieT aa rot 4(» <e nii?cr» ««i r»»iir-OQ aa\ «larmelites: cela afiOige beaacoop le ^>u Elle avait Éi:t d"ab«jrïl «ie ♦nKw» jfee im ^nd secret ; mais il y avait trop (frens. autour «l'eile poor «^im^ le secret ne xe s«:ic po:? parreno: je l'ai emmenée à mon Iriànon pour lai catzâer seule à seule, et [nal.;r^ si fermeté apparente, il m'a semblé qu'il V aurait encore renke»ie. Le roi ayant «e iverti d'une autre part, comme j*allais lui en parier, il m'a dit qu'il prétendait bien *^ 1 n'en serait rien avant sa majorité, et lI le lui a (ermeiLent si,^niàe. Quand eiîe s'e^t ouverte, f ai demandé au roi s'il ne trouverait pas à propœ de devancer p*jur elle îe temps de lui donner une maison: cela alriorbera «a pensée, et comme elle aurait p»lus qu'aujourd'hui les moyens de foire du bien, elle ne songerait plus à s'enterrer. L'idée a paru bonne au roi, qui compte en uèerK..
\SW:t /rtait ^K;n^^•, en effet, et Marie-.Vntoinette, qui eut la premR-re le m/rrite rje rJ/couvrir la mine de vertus que dissimulaient quelque» paiMfMigerM d<5f;iul«, d<'^s le 14 juillet 1775, écrivait à 3Iarie- TTiérfcse :
Je m\A f.tir\istuU*v tU; m;i^orur Elisabeth; elle montre à l'occasion du départ de sa f)<ifur et f\f phHi#nirH nuirez circonstances une honnêteté et une sensibilité charmantes. Qu;*nd on r>>4'ui jii hwu h on/x- ans, cela est bien précieux *.
Deux années plus tard, la reine pouvait écrire, le 19 mai 1777, à sa sœur Marie-Christine :
L'empereur (Joseph^ a causé et plaisanté avec une bienveillance très-grande avec Elisabeth qui est maintenant charmante de caractère et fort grandie*.
La conduite de Marie-Antoinette vis-à-vis des ministres, tous hostiles ou indifférents, quelques-uns même, comme M. de Vergennes, qui lui devait la faveur tant sollicitée de la présentation de sa femme *,
1. Becueil dllunoUiein, p. G9, 70, Ictu^ à Marie-Thérèse, du 16 août 1175.
% Becueil (tArnethy p. li'i. — Voir aussi la lettre du 15 septembre 1775, p. 145.