Mémoires de Weber, édit. Barrière, p
passionnée par la guerre contre l'Angleterre, à favoriser le retour de la paix de tout son pouvoir, et à épier toutes les circonstances qui donneraient l'espoir de la ramener.
Jusqu'au moment suprême, elle déploya cette fermeté virile qui était un des traits de son caractère. Peu d'instants avant de rendre le deniier soupir, elle parut tomber dans une espèce d'insensibilité, et ses yeux se fermèrent. Une des dames qui étaient à son chevet répondit à une demande qu'on lui adressait sur l'état de l'Impératrice, que Sa Majesté paraissait endormie : « Non, dit Marie-Thérèse, « je ne dors pas ; je dormirais bien si je voulais me livrer au repos ; « mais je sens que la mort s'approche de moi ; je ne veux pas qu'elle (( me sui'prenne endormie^ je veux mourir éveillée*. »
Intrépide, pieuse, bienfaisante, pacifique, elle fut regrettée de ses ennemis eux-mêmes. « J'ai donné des larmes bien sincères à sa « mort, — écrivait Frédéric à d'Alembert. — Elle a fait honneur à « son sexe et au trône : je lui ai fait la guerre et je n'ai jamais été « son ennemi. »
La mort d'une reine dont la perte coûtait des larmes à son plus implacable adversaire devait en faire verser bien davantage à sa fille, qui l'aimait autant qu'elle l'admirait. Le roi, très-touché de cette funèbre nouvelle, dit, à l'arrivée du courrier de Vienne, qu'il ne se sentait pas le courage de la lui communiquer lui-même et d'être témoin de sa douleur. C'est l'abbé de Vermond qui fut chargé par lui de cette pénible et délicate mission dont nul, en effet, n'était plus capable de s'acquitter, en raison de la connaissance intime que l'éducation de la reine lui avait donnée de son caractère, et de la familiarité qui avait été la récompense de ce service.
La douleur de la reine fut telle qu'on devait la prévoir et la