‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 49 sur 142 · Madame Campan, p · texte numérisé non relu

Madame Campan, p

tous les dimanches. Toutes les personnes vêtues honnêtement y étaient reçues, et on y admettait de préférence les bonnes et Içs enfants. La reine dansait la première contredanse, pour montrer qu'elle prenait part à ce plaisir décent auquel elle invitait les autres. Elle appelait les bonnes, se faisait présenter les enfants, leur parlait de leurs parents et les comblait de compliments, de caresses et de bonbons.

Ordinairement c'est au milieu de la famille royale qu'elle présidait à ces fêtes de famille. M. de Vaublanc, qui assista plusieurs fois à ces bals, dont on n'avait point encore \n le spectacle en France, avoue qu'il partageait les craintes de plusieurs personnes sur les dangers de se familiariser ainsi, et il observa avec peine la désapprobation de la plupart des personnages de la cour, manifestée par leur absence '. C'est ainsi que ce qui devait faire adorer la reine contribua à la perdre. Et c'est au moment où, non-seulement par les qualités de grâce et de bonté, mais par la maturité d'une précoce expérience et l'épanouissement des plus royales vertus, elle achevait de devenir digne du bonheur et de la gloire, que commença contre elle cette conspiration d'abord sourde et maligne, puis publique et féroce, qui devait la conduire à l'échafaud.

Tous les contemporains ont été frappés de ce changement ou plutôt de ce progrès vers la perfection qui marque justement ces années encore heureuses qui précèdent les années fatales.

C'est de 1780 à 1785 que se placent tous ces épisodes, toutes ces anecdotes, tous ces traits si touchants d'une grâce inépuisable, d'un patriotisme ingénieux, d'une infatigable bonté.

Racontons-en quelques-uns, et parons la victime avant de la conduire à l'autel.

Un soir Marie- Antoinette apparut soudain aux yeux de M°*® Cam-

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