LIVRE TROISIÈME
I CHAPITRE PEEMIER
L'année 1785, la première année fatale de Marie-Antoinelle, déltula par un grand bonheur. La destinée dissimulait sournoisement son jeu. Le serpent caché sous les fleurs sera toujours son plus juste emblème. Aux premiers jours du printemps de cette année, Marie-
et pour marraine Marie-Charlotte-Louise de Lorraine, archiduchesse d'Autriche, reine des Deux-Siciles, représentée par Madame Elisabeth.
11 reçut le titre de duc de Normandie, qu'aucun fils de France n'avait porté depuis le quatrième fils de Charles VII, et que les acclamations de cette province fidèle et son accueil enthousiaste durant le voyage de Louis XVI à Cherbourg, en 1786, devaient rendre si cher h son père et à sa mère.
Parmi les félicitations qui furent le plus agréables à Marie-Antoinette, il faut compter celles du duc de Choiseul, à qui elle avait gardé une reconnaissante estime, dont elle eût aimé à lui prodiguer les témoignages. Malheureusement des préventions insurmontables, chez Louis XVI, comme toutes celles que lèguent à son fils les dernières recommandations d'un père, et qu'enracine l'habitude, ne permirent à la reine que les efforts d'une vaine sympathie.
Le 15 avril, elle répondait dans les termes les plus gracieux aux compliments du duc, sans se douter que cette lettre serait la dernière qu'il dût recevoir de la reine qu'il avait faite*.
Le 9 mai, le duc de Choiseul mourait, et comme si la destinée n'eût attendu que cette perte irréparable d'un ministre qui eût été un conseiller et un ami, pour commencer ses attaques, l'orage de calomnies et d'ingratitudes auxquelles l'affaire du ColHcr allait offrir une si favorable occasion fondait sur la reine désannée.
Peu de temps après le mouvement donné à l'esprit public par la représentation du Mariage de Figaro, une intrigue sourde, combinée par des escrocs, et qui se préparait dans l'ombre d'une société corrompue, devait essentiellement attaquer le caractère de la reine et porter l'atteinte la plus directe à la majesté du trône et au respect qui lui est dû '.
Ces paroles d'une femme qui a passé une partie de sa vie au ser-