V. Madame Campan, p
*.'. V. Madame Campan, p. 70, — et les Mémoires de Webcp, p. 187, ôdit. Barrière. Le judicieux annotateur y a ajouté un extrait des Mémoires de Vabbè Georgel, qui ne laisse aucun doute sur la réalité du grief le plus ICo'itiinc du Marie-Antoinette, celui qui no lui est pas personnel. Quant à celui-là, le livre de Besenval le formule en causes qui excuseraient la haine la plus implacable. Mémoires, édit. Barrière, p. 2G0.
véque de Rouen, M. de la Rochefoucauld. Mais son triomphe momentané, bientôt arrêté par l'influence croissante de Marie-Antoinette * et par le contre-coup du scandaleux désastre des Guéménée, ne tarda pas à se changer en une disgrâce tellement profonde et tellement irrévocable, que Tannée 1781 le trouvait déjà prêt à tous les sacrifices et même à tous les artifices, pour en remonter TabîmCj qu'une dernière humiliation, en 1782, allait lui faire mesurer.
La reine, à cette époque, donna au grand-duc Paul de Russie, depuis empereur sous le nom de Paul I", qui éveille le souvenir d'une fin mystérieuse et tragique, et à la grande duchesse Marie de Wurtemberg, sa femme, une belle fetc à Trianon. Le cardinal de Rohan qui, toujours traité avec la plus grande froideur depuis son retour de Vienne, ne pouvait se flatter d'une invitation, se glissa furtivement et subrepticement, vêtu d'une simple redingote, dans le jardin, avec la connivence du concierge. Il satisfit là, en se plaçant trop ostensiblement sur le passage de la reine et de sa suite, une indiscrète curiosité qui cachait peut-être l'espoir d'une occasion favorable de pardon. Son attente fut trompée ; et la présomption de cette tentative ne fit qu'envenimer davantage le seul ressentiment dans lequel Marie- Antoinette, si généreuse et si clémente, ait persisté jusqu'au bout, comme par un pressentiment du rôle fatal réservé au prince de Rohan dans sa destinée. L'ambitieux et inquiet personnage, qui caressait de tout autres projets que celui de la retraite, cette dignité de la disgrâce, et s'attachait à ses illusions avec une opiniâtreté désespérée, n'eût conservé aucun espoir s'il eût pu lire la lettre frémissante d'indignation que la violation du domicile royal inspirait à Marie-Antoinette*. Il en eût conservé encore moins s'il eût eu connaissance de cette correspondance entre Marie-Thérèse et sa fille, où son nom n'est
i. Recueil d*UwMl$tein, lettre de Marie-Antoinette à Joseph U, du 16 Juin 1782, p. 103.— Mimoir$s de madame Campan, p. 1H2.
21;. MARIE-ANTOIXETTE
iuiiii.:f Trronii^f ru'ivrc colère, et où le ressentiment de la reine et ■-"tii jf 'Iziu^zChzrîce. également froissées, semblent s'aiguiser l'un
>u: ." i.inrf .
.":<c :C f^TTîiî.bre 1781, durant un de ses séjours en Alsace, à Si -r-jK^ :«- i:> v'biigalions de son litre d'évéque l'appelaient souvent ± ?L":f, r-:: M°* de Boulainvilliers présenta au prélat, dont la juste -rciii-xj^r^c. .>: ^^nérosité et d'hospitalité l'avaient attirée, sa protégée, îf* 3f 'ji M:t:e. Et c'est sans doute dans les révélations d'une confcïrsfcix-' :::>.\ioiouse entre deux personnes de la cour qui se consiii-rK •:•::: sVnuiio parlant une langue supérieure au vulgaire, de même ^;' l»;'u:^ :::îcréls, que riiabile et astucieuse aventurière, que la cha- -:: ;v-.îî.v;\îlo allait réchaufler sur son sein, trouva le dessein et le vi'iAv j;' '^ vvnspiration où elle allait mettre assez de venin pour or»i;\^>vV.^vr toute une royale existence.
V** .V la Motte (Jeanne de Saint-Remy de Valois) était née i fV-,v;:>^ dans le département de l'Aude, le 22 juillet 1756. Elle ,-.,j^ : V M\vnd enfant de Jar(|ues de Saint-Remy de Valois, qui s'était .tv;\^' vi\ilHMd de Luz, puis plus lard, de Valois, baron de Sainl- K,''*^'>» ot doscondail au sopticnie degré de Henri de Saint-Remy, fils ,v llx^* ri II, roi do France, et de Nicole de Savigny, dame de Saint- ^^:,'\, do Fontotto, du <Jiàlolior et do Nooz.
IV vlôcadonoe on décadonco, cotte famille, irrégulièrement illustre, ,\,v,î IvMuhôo dans la misère et dans Tabjoction, et ses derniers dcsxVîuluïts, dont Torguoil et l'ambition répugnaient à Tobscurité et au luoail, somblaiont fatalement prodestinés aux aventures. Jeanne de SunI Uom\ était moins faite qu'une autre pour faire mentir ce fâcheux |M\MU»stio (*t pour triompher honnêtement des disgrâces du sort. Le^ leutations d\mo pauvreté qu'elle regardait comme une injure n*eu-
|. H<iuni d'Arneth, p. 30, 32, iO, 88, lU), 01, 05, 07, 108, 130, 142, Ui, 192, 103, !»«. «IVI Vm», »iHi,
rent pas de peine à triompher d'une conscience non défendue. Douée de l'instinct et comme du génie de tous les vices, M"' de Valois, abandonnée de parents dégradés, superficiellement élevée par charité, acheva de perdre dans ce parasitisme dont elle ne sortit que par l'ingratitude, cette fragile innocence que, dans sa propre famille, avait précocement flétrie une atmosphère de corruption. En septembre 1781, quand l'artificieuse protégée de M™' de BoulainvilHers, riche, pour toute fortune, d'une pension de la cour qui ne dépassait guère le taux d'une aumône, fut présentée au cardinal de Rohan, elle venait d'épouser un gendarme démissionnaire, M. de la Motte, déchu et besoigneux comme elle, prêt comme elle à tous les moyens pour se venger des rigueurs de la fortune.
Ce couple intrigant profita de l'intérêt qu'inspiraient naturellement des malheurs inouïs pour s'insinuer dans les bonnes grâces d'un honune généreux et vain, perpétuellement dupe de son cœur ou de son esprit, et protecteur-né de tous les vagabonds éloquents et adroits. Ce n'est point le prestige du merveilleux, épuisé par Cagliostro, hôte fascinateur du palais de Saverne, qu'employa M"® de la Motte, car c'est à elle qu'appartient la triste initiative de ce complot, où son mari, de bonne heure rompu à toutes les complaisances, ne jouera que le rôle de comparse. Auprès d'un prélat ambitieux et disgracié, que tourmentait le désir d'un impossible pardon, et qui rêvait tout haut la revanche triomphale du ministère. M"™' de la Motte sut se parer d'un crédit que son origine ne rendait pas trop invraisemblable, et dont elle semblait capable d'user supérieurement si les ressources de la fortune s'ajoutaient, par la main d'un bienfaiteur intelligent, à celles de l'esprit. Il n'en fallut pas davantage pour lui donner sur son trop crédule protecteur, d'autant plus aveuglé qu'il avait intérêt à l'être, un ascendant sans bornes, que les deux époux exploitèrent sans vergogne et sans discrétion , et qui lui coûtait déjà
plus de quatre cent mille livres, quand, jugeant mûr le fruit de ses intrigues. M"* de la Motte, encouragée par ce succès, mit le feu à cette mine de scandale dont l'explosion devait préparer la France aux étonnements de la révolution. Nous n'entrerons pas dans le détail de cette infernale combinaison , dont la trame captieuse pourrait aujourd'hui être analysée fil à fil, mais qui offrit aux contemporains tant de nœuds insolubles. La conversation de Bœhmer avec M"* Campan a suffi pour indiquer au lecteur le but et les moyens. Ce but, c'était d'escroquer, par les mains mêmes du cardinal, complice innocent et désintéressé, tout semble le prouver aujourd'hui, de cette fourberie, le fameux collier de seize cent mille francs, dont le prix avait M reculer une reine de France, et n'effrayait pas l'aventurière qui allait se le procurer sans bourse délier.
Pour obtenir du cardinal son intermédiaire et sa garantie, il fallait lui persuader que cet achat était une mission secrète de Marie-Antoinette, mission qui était pour le prince de Rohan bien plus flatteuse qu'un pardon, et lui assurait tout le crédit que donne un service confidentiel. Bœhmer, dont le désir, mêlé de tant de craintes, exaspéré par tant d'échecs, de vendre son ruineux collier, touchait à la monomanie, devait être la plus confiante et la plus soumise des dupes.
^lalgré Part consommé avec lequel fut conduite cette négociation, il fallait un homme aussi aveuglé par Tambition que Tétait le prince de Rohan, un homme aussi prévenu par Tintérêt que Tétait Bœhmer, pour marcher si longtemps sous le joug d'une illusion qui résista à la brutalité des fautes les plus vulgaires. Ce n'est que par cet aveuglement acharné, presque slupide, qu'on peut s'expliquer que le cardinal ail pu croire à une commission de toilette donnée secrèlement par une reine qui le détestait, et ne lui avait pas parlé depuis dix ans, à un prince de TÉglise dont les finances étaient notoirement obérées; ladite commission consistant dans Tachât d'un bijou d'un
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prix énorme, d'une réputation déjà proverbiale et qu'elle n'eût pu porter, dans cette hypothèse, ni publiquement ni impunément. Et quand on pense que cette confiance ne fut pas ébranlée par la comédie d'une audience, le soir, dans un bosquet, de la reine représentée par une autre aventurière appelée ]\r^® Leguay d'Oliva; quand on pense que Tunique titre de créance de M'"" de la Motte, que la reine n'avait jamais vue, et qui n'avait jamais à Versailles poussé plus haut, comme relations, qu'un garçon de la chambre appelé Desclos; que cet unique titre, disons-nous, était une lettre d'une écriture apocryphe, d'une signature impossible : Marie-AnloineUe de France; quand on pense, enfin, que l'engouement de Bœhmer et la créduHté du cardinal supportèrent sans méfiance, sans révolte, sans éclat, la surprise des révélations de M"'*' Campan à Crespy, le 3 août, révélalions immédiatement rapportées au cardinal par Bœhmer, supportèrent jusqu'aux énergiques démentis de JMarie-Antoinette , essuyés par Bœhmer pendant son entrevue à Trianon, et que rien ne fut fait par eux jusqu'au 15 août pour arriver à sauvegarder leurs intérêts ou leur honneur, — on demeure confondu. On se demande si l'on n'est pas le jouet d'une série de faux témoignages, et si l'histoire n'a pas été trompée comme le cardinal lui-même. Il n'est que trop vrai. L'information judiciaire, aujourd'hui publiée, éblouit d'une lumière qui n'éclaira que médiocrement des juges prévenus, le lecteur impartial et désintéressé. Et l'on ne peut attribuer l'exemple unique du succès d'une si monstrueuse supercherie qu'à cette fatalité des passions qui aveugle les plus clairvoyants, et entraîne les plus énergiques. On ne sait pas où peut aller la folie de la crédulité humaine, quand elle abandonne les routes sacrées du devoir. L'intelligence, hors de cette direction tutélaire, n'est plus qu'une boussole affolée.
Ce qui n'est pas moins étonnant, c'est que la méfiance de ces deux victimes d'une duperie où ils perdirent tous deux, à force de
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Louis XVI le pénible mais nécessaire devoir de couper, pour ainsi dire, par une répression judiciaire, solennelle et exemplaire, la tête à l'hydre. Une spéculation de faux, dont le respect n'arrêtait plus les entreprises, et qui s'en prenait de préférence aux signatures les plus augustes, était un danger qu'il n'était plus permis de négliger. Louis XVI et Marie-Antoinette, forts, l'un de son honnêteté, l'autre de son innocence, se décidèrent donc, malgré les inconvénients du scandale, à vider publiquement une querelle devenue celle de l'honneur royal lui-même; il faut les louer et non les blâmer d'avoir eu ce courage et cette confiance dans l'opinion, quels qu'aient été les résultats. En tout autre temps et peut-être dans tous les temps, en un autre pays, cette loyale confiance, cette généreuse abdication des prérogatives du pouvoir entre les mains et en faveur de la justice, eussent été récompensées par la popularité. 3Ialheureusement il est des remèdes dangereux, parce qu'ils montrent trop l'étendue du mal, et il est des états d'opinion auxquels il ne faut exposer que l'appréciation de la justice une fois rendue, et non demander le jugement. La Révolution française était déjà dans les esprits et dans les cœurs, et le volcan populaire, réveillé par d'imprudentes étincelles, ne cessa plus de vomir la fumée en attendant la flamme, et les pamphlets insulteurs en attendant les lois destructives.
Peut-être un roi et une reine moins honnêtes eussent été plus habiles. Mais l'erreur de Louis XVI et de Marie- Antoinette, dans cette malheureuse affaire du Collier, est de ces fautes qui honorent plus que le succès.
Le 15 août 1785, jour de l'Assomption, toute la cour remplissait le cabmet du roi. Le cardinal de Rohan, en rochet et en camail, y attendait Sa Majesté, qui allait passer pour se rendre à la messe, à laquelle sa charge de grand aumônier faisait au cardinal le devoir de présider. A midi, le roi fait demander le cardinal, qui
-f r^j2 i*iï -?ïi ::£aij?î zi-TTir^jr -a I e Tnirï«î itçc k roue. ^ OLE .v^=i -à:::e«ir Lse r.kr-,ii-^- . lynmr^ ' Jii â Louis XVI
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— ir ttù i.^1, ir .-r larr^il. r:>r f 11 ri^ s^^rfLeinent trompé. J-* :a' -rii Ir: r.l.'^: "rfir^'r: z Jr f i'*il5 ie ruiir? à V»Mre Majesté
E: :• -^^ !::•-:;'•: -: ls^-?". :., .1 '^-i i-f si pxh-r u:: portefeuille ..: ui .-rrr": y.^.-^. Jti'.-^-A .' i"^.:^ jV Fanc^, qui avait levé si
Lr r:! .i ::-.: r: '.i ziir^ri:.: i.i :ari:::A!, lui dit : ^y. : ff: ..; / :r!:-^^-r iv li r^i:.-?. ni sa sigriature; comment u:. pr;..:? i-r -i .T.jii^^iri 'ie R::.ir., un grand aumOnier de France, a-t-iJ pu ctAp^ que U reû^.e si^xait Miine-ArUoinede de France? Per>onne n*igT;ore que les reines ne signent que leur nom de baptême ' .
— 3Iais, ajouta la reine, si vous avez cru si légèrement, vous