‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 59 sur 142 · I. Mémoires de madame Campan, p. il · texte numérisé non relu

I. Mémoires de madame Campan, p. il

n'auriez pas dû vous méprendre à mon écriture, que sûrement vous connaissez. »

Le cardinal, sans oser répondre directement, continua de protester vis-à-vis du roi de son innocence * .

« Mais, monsieur, continua Louis XVI en lui présentant une copie de sa lettre à Bœhmer, avez-vous écrit une lettre pareille à celle-ci? »

Le cardinal, après l'avoir parcourue des yeux : « Je ne me souviens pas, dit-il, de l'avoir écrite.

— Et si Ton vous montrait l'original, signé de vous?

— Si la lettre est signée de moi, elle est vraie.

— Expliquez-moi donc, continua le roi, toute cette énigme; je ne veux pas vous trouver coupable, je désire votre justification. Expliquez-moi ce que signifient toutes ces démarches auprès de Bœhmer, ces assurances et ces billets. »

Le cardinal, extrêmement troublé, ne pouvait que balbutier :

« J'ai été trompé. Sire; je payerai le collier, je demande pardon à Vos Majestés. »

Mais plus il semblait chercher à éviter une explication, ou plutôt un aveu complet, plus le roi, dont la colère était visible, s'obstinait dans son inexorable exigence de cette confession.

Cependant le cardinal pâlissait à vue d'oeil et, s'appuyant contre la table, pouvait à peine murmurer : « Sire, je suis trop troublé pour pouvoir répondre à Votre Majesté d'une manière...

— Remettez-vous, monsieur le cardinal, lui dit alors Louis XVI, et passez dans la pièce voisine ; vous y trouverez du papier, des plumes et de l'encre : écrivez-y ce que ma présence et celle de la reine vous empêchent de dire. »

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