Mémoires de Weber,]). ll>'i
Les théâtres retentirent de l'éloge des bienfaisants souverains. On donna la Partie de chasse de Henri IV^ la pièce populaire de Collé, au profit des pauvres. La recette fut très-considérable, et l'assemblée redemanda avec transport un couplet qui faisait allusion à la bonté du roi ' .
La reine qui, par loyauté et par estime pour des efforts malheureux, avait retardé, autant qu'elle l'avait pu, la disgrâce de l'archevêque de Sens, et quand elle était devenue inévitable, l'avait adoucie par toutes les délicatesses d'un courageux dévouement ', crut reconnaître dans M. Xecker Thomme unique de la situation, et encouragea et favorisa sa rentrée aux affaires. Une assez longue série de lettres récemment pubhées témoigne de l'énergie de bon sens et de prévoyance qu'avait développée en elle une précoce expérience, et atteste ses efforts intelligents et intrépides pour amener, par toutes les concessions compatibles avec la dignité du trône, la conciliation de la tradition et de la nouveauté, de l'autorité et de l'opinion \ Nous l'y voyons inspirer au roi, vis-à-vis du duc d'OrKans, devenu le chef ou plutôt l'instrument de l'opposition, ce mélange de fermeté et de douceur, dont elle conseillera jusqu'au bout l'usage malheureusement inutile *, donner l'exemple des plus touchants sacrifices en renonçant pour ses amis, M. et M'"*' de Polignac, à des faveurs qui sembleraient prématurées '; enfin, ce qu'il y a de plus méritoire, se livrer à ces efforts et à ces sacrifices sans garder l'espérance de les voir apprécier ou seulement réussir.