‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 87 sur 142 · I. IU?arol, p. S · texte numérisé non relu

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ses troupes, qu'à donnâr le agnal da départ. Vers les quatre heureB, le moinremeiit iosorrectHMiiiel parisien, régularisé par un chef qui se flattait de le contenir, légalisé par une cédule de la munidpaUlé, trop heureuse de se dâiarrasser sur Versailles des dangers de Pkris» se poitait enfin à son but, précédé depuis midi par cette sinistre aiiant-garde de fenunes ivres et d*honiines déguisés qui, par leun costumes, leurs armes, leurs cris et leurs desseins, ressemblaient à une horde de sauvages.

11 était environ quatre heures du sw, le temps était phivieui, la soirée obscure. Le sombre aspect de crtte armée de trente nûDe hommes à laquelle une passion commune servait de disci[dine, et qui conduisait menaçante un général éperdu, avait quelque diose de fantastique et de terrible. Au moment où elle dépassait les barrières de Paris, la colonne des poissardes avec ses tambours, ses hommes armés de piques et deux pièces de canon, déboudiait dans Versailles et changeait en terreur sa sécurité.

Cette sécurité était telle que le roi qui, dès le matin, avait donné à rAssembléc sa réponse sur les articles de la Constitution déjà votés, et sur la Déclaration des droits de Thomme, chassait tranquillement à Meudon. La reine était absolument seule à se promener dans ses jardins de Trianon, qu'elle ne devait plus revoir. Elle était assise dans sa grotte, livrée à ces sombres réflexions et à ces tristes pressentiments qui avaient succédé à jamais pour elle aux douces rêveries d'autrefois, lorsqu'elle reçut un billet de M. de Saint-Priest, qui la prévenait de Tirruption, et la suppliait de rentrer au château. M. de Cubières partit en même temps pour inviter le roi à quitter sa chasse et à rentrer dans son palais ; il s*y rendit lentement h cheval. Quelques moments après, on vint laverlir qu'une bande de femmes et d'hommes armés arrivait à Chaville, h l'entrée de l'avenue de Paris. Cette bande dénonça inunédiatemeot

ses projets, à la vue de quelques gardes du corps ou valets du château qui avaient été envoyés à la découverte de côté et d'autre pour hâter, et au besoin protéger le retour du roi, en les saluant d'injures et de coups de fusil. Quelques balles égarées allèrent frapper les murs de la salle de l'Assemblée nationale et lui annoncer une visite qui, pour la plupart de ses membres, n'avait rien d'imprévu.

L'Assemblée était en séance et ses débats roulaient depuis le matin sur la réponse du roi qui, toute soumise qu'elle fût, lui paraissait évasive.

Ce prince accédait à tous les articles constitutionnels qu'on lui avait présentés, mais à condition que le pouvoir exécutif aurait un plein et entier effet entre ses mains. C'est comme s*il eût dit : « A condition d'être le parfait et seul serviteur de l'Assemblée nationale. » On ne sait qu'admirer le plus, ou des ministres qui dictèrent cette réponse au roi, ou de l'Assemblée, qui en fut mécontente. On se plaignit vivement de ce que le roi semblait mettre des clauses ou des restrictions à son obéissance ; on observa qu'il donnait son accession et non son acceptation. Les uns voulaient qu'on forçât le monarque à venir dans l'Assemblée pour jurer l'observation des articles; d'autres, plus conséquents, soutenaient que l'Assemblée n'avait pas besoin do monarque pour constituer la Franco. Enfin, un des plus factieux, nommé Pétion, parla pour la première fois du trop fameux repas des gardes du corps. Il dénonça des menaces, des outrages, des cris séditieux, des blasphèmes, des imprécations vomis dans ce festin contre les augustes commis de la nation, et la cocarde nationale foulée aux pieds <.

La prudence mêlée de fermeté du président de l'Assemblée, M. Mounier, déconcerta les desseins qui se rattachaient, . sans doute, à cette dénonciation, et arrêta les débats sur cette pente fatale où ils auraient pu aller loin, Mirabeau s'étant joint à Pétion et remplissant déjà les âmes de ces souffles orageux qui agitaient la sienne.

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