‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 89 sur 142 · I. Ri»»:\^\ p. ÎST · texte numérisé non relu

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ouvrir, poussa son cheval à lui afin de l'écarter. Aussitôt un garde national de Versailles, que l'on a dit depuis être le perruquier de l'hôtel des gardes, prit la défense du brigand, quoiqu'il eût été témoin de son agression, et fit feu sur M. de Savonnières, qui, l'épaule fracassée, alla tomber au milieu de son escadron. Furieux et impassibles, les gardes du corps gardèrent leurs rangs et ne firent point usage de leurs armes, sous la grêle de balles et de pierres qui récompensait leur modération. Plusieurs furent grièvement blessés et plus d'un cheval tomba pour ne plus se relever. Pendant ce temps, la milice de Versailles, déclarant sa complicité avec les assaillants, pointait, contre les malheureux soldats de la fidélité, le canon placé devant les casernes des gardes françaises. Le roi, instruit de l'attaque et du sort qu'elle faisait à ses gardes, désarmés par un ordre qui rendait leurs armes inutiles, leur fit commander de se retirer à leur hôtel, croyant que leur retraite calmerait le peuple. Ils se formèrent alors en colonne et évacuèrent la place, poursuivis par les décharges de la milice de Versailles jusqu'à leurs écuries, harcelés par les femmes et les enfants qui s'acharnaient sur les chevaux quand ils ne pouvaient atteindre les hommes, et dédaignant stoïquement de faciles représailles. Madame Elisabeth, témoin de tant d'héroïsme, appelait « des anges » ces braves soldats. 11 était sept heures du soir, et depuis une heure déjà la cour et le peuple, dans des sentiments bien différents, attendaient cette armée de La Fayette, signalée par les éclaireurs, et portant avec elle, dans son drapeau équivoque, le signal du triomphe de l'ordre ou de sa défaite.

L'historien le plus impartial ne saurait, en présence d'un pareil ensemble de fautes et de malheurs, se dispenser de s'associer aux réflexions de Rivarol, quelque passionnées qu'elles soient, quand il s'indigne de l'ordre si souvent répété aux gardes du corps de ne pas tirer et de se laisser plutôt égorger sans résistance.

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McLâ ^iite tw:* la R'^volatioa. et penilact cette j«: ornée fortout, un conseil coura- ,u"j\ w U/uiXia date lesprt de personne: on craLrnax en se dépendant, d'irriter la iLjljce d<? Versaiile?. on craignait toujours. Si 1 un des ministres proposait en tremblanl qu*'lqaf ÏM^eié. un autre l'écoutait en fr^mj»acit. ua L-oisieme l'inspirait au roi en Ulbutiant. Le plus vigoureux projet auquel on s'arrêta, ce fut la fuite "...

A plusieurs reprises, en effet, ce conseil fut donné au roi, et tantôt rcspérance, tantôt la crainte le firent renoncer à cette retraite, protégée par les troupes fidèles, soit sur Rambouillet, soit sur Compirgne. Le commencement d'exécution que reçurent ces projets

slérilos ne servit qu'à les divulji:uor, qu'à irriter le peuple, qu a lui fournir un prétexte, qu'à comprunieltro davantage ces malheureax gardes du corps, massacrés |)rés des voitures déjà attelées, biontùt déiclécs, cl destinés ainsi à être jusqu'à la lin les boucs émissaires des indécisions du maître et des rancunes des sujets ". Enfin, ils furent renvoyés à Rambouillet, sous la conduite de leur digiie chef, le duc de Guiclie, gendre de M'"" de Polignac, laissant encore, dans le détachenient maintenu aux portes intérieures, un dernier groupe de victimes aux liolocaustes de la nuit, une proie à la nige populaire et un ornement sanglant au triomphe du retour.

C'est ainsi (juc de délibération en délibération, d'irrésolution en

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