‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 92 sur 142 · Madame Campan, p. 25G · texte numérisé non relu

Madame Campan, p. 25G

2. Hecueil Feuillet d$ Conches, 1. 1, p. 270, lettre du 10 octobre 1780.

3. Hecueil Feuillet (le Conches, 1. 1, p. 404, lettre du 13 décembre 1700. Voir au Reatf^ Feuillet de Conches, t. III, p. 303, une lettre de Marie -An toi nette à M"** de Polignac, du 28 août 1700. V. aussi, t. I, p. 302, la lettre du 20 norembro 1700.

le triple caractère de son rôle en 1789-1790, alors qu'elle se prépare à la lutte par une sorte de stage de méditation et d'expérience. Pour vaincre les partis il fallait les connaître, et Marie-Antoinette, improvisée par le danger reine militante, avait besoin de se faire une sorte d'éducation politique. L'abbé de Vermond était fugitif, errant en Belgique ; M. de Mercy était trop suspect à tout le monde pour lui inspirer une entière confiance. Nous la verrons donc, pendant toute l'année 1790, demander tour à tour des avis à M. de Flaschlanden, à M. de La Marck, à M. de Ségur, à M. de Fontanges, archevêque de Toulouse, à tous ceux qui peuvent lui en donner de désintéressés. En attendant, elle se conduit par cet admirable instinct qui lui dicte des résolutions habiles à force d'honnêteté, et lui fait esquiver tous les pièges, surtout ceux que lui tend le zèle de maladroits amis.

Peu de temps après son installation aux Tuileries, la duchesse de Luynes vint proposer à la reine, d'après l'avis d'un comité de constitutionnels, de s'éloigner pour quelque temps de la France, afin de laisser achever la Constitution, sans que les patriotes pussent l'accuser de contrarier leur succès. Elle savait jusqu'où une imprudente résistance pouvait porter les projets des factieux, et c'est plus encore par attachement pour la reine et dans son intérêt que dans celui des idées nouvelles qu'elle favorisait, que la duchesse avait hasardé cette démarche. La reine rendit justice à ses sentiments, mais refusa de suivre son conseil. Elle lui répondit que jamais elle ne quitterait ni le roi ni son fils ; que si elle se croyait seule en butte à la haine publique, elle ferait à l'instant même le sacrifice de sa vie ; mais qu'on en voulait au trône, et qu'en abandonnant le foi, elle ferait seulement un acte de lâcheté, puisqu'elle n'y voyait que le seul avantage de sauver ses propres jours *.

i . Madame Campan, p. 260

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Une reine animée de pareils sentiments pouvait se passer des conseils de qui que ce fût. Elle demandait néanmoins ceux de 31. de Flaschlanden dans une lettre qu'il est important de citer, parce qu'elle caractérise à meneille cette phase d'attente discrète, de prudente préfiaration à une lutte plus active qui occupe les années de 1789 et 1790.

Le mercredi 28 octobre 1789, Marie-Antoinette écrivait donc au çécéral bai\>n de Flaschlanden :

Je SOIS bien isqniète de ce qai se passe en Alsace, et je vous prierai, monsieur le bjLrv!c. de ziVa dor.ner des nouvelles... Je crains pour moi personnellement tous les sioaveoseco de cecie province. Quelque chose qui arrive, on persuadera au peuple vi '.o; ^ue c'est des .Vllexnands. et par conséquent que j'y suis pour beaucoup. Vous trouverez p^ut-^ue de Li puérilité dans mes craintes; maisj'ai besoin d'une circonspectloo ec d'u^e pmdocce au-dessus de tout, pour ramener la conGance en moi. Mon rôle à pr\*secc est de me renfermer absolument dans mon intérieur, et de tâcher, par une ;cjK.^:oQ :ocjùe, de faire oublier toute impression sur moi, en ne leur laissant que celle de mon «.vuraiie. qu'ils oct si bien éprouve, et qui saura leur en imposer dans Toccasioo. Je ne dois donc avoir aucune influence marquée ni dans le choix des personnes à placer, ni dans les affaires. Mais on juirle de tant de manières diflerentes sur tous ces v:-^o:<. î'vio ^o V u^irai^. jour mo: >t'u!o, a\o;r des idées fixes et arrOlws. Je vous j rien-.: iÎolc. :i.L:'.>:t*ur le baron, «ie iiio niander \os opinions. Vous devez compter sur le plus ^raîi'.i ^eorv:. Voire caracîere. \oîrt»e>pr.l et \olre loumtè m'assurent du \6trp. 11 serai bien à iie>:rer que tout le montie iHi'nsJl comme vous, et qu'en voulant le même b.en. on eûl autant de prudence. Nous n'en serions peut-être jws aujourd'hui o.; r.ous en somii.e-. >Lù> le mal est fa;t. la |H>sition est atTreu.'ie. 11 faut savoir sVn tirer, non avec des movens Moîents, ils manqueraient tous, nous ne sommes |>ii> Iw plus forts, mai^ ;uec une >uite et une constance d'idée et de marche qui dt»jouent tous projets de mal. L» neee>-ile obliirera i»eul-iMre à se servir de personnes... Si M. Tarflievt'que «le Toulouse avait ete ici. je \ous aurais épargné tout ce bavarda^^?. Jo connais \utre amitié pour lui. et que vcus axez la même manière de penseur. .Mais j'ai besoin d'avoir ({uelqu'un qui me conseille, non pas j>our faire la moindre chos4\ — je ne le peux pas pour m. Ile rai>ons. — mais jK>ur rej:ler mes idi'es dans ma ttMe... Prudence, patience s^>nt mon sort, surtout courajre. Et je vous assun' i|u'il en faut bien davantai:e pour .<up|»orter les |»eines ile tous les jours, que les danjiers ilela nUit du 5 1.

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