‹ Marie-Antoinette et sa familleChapitre 95 sur 142 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Nous avons dit que durant les premiers temps de son installation aux Tuileries, veuves de leur hôte royal depuis 1665, et le premier moment donné h la surprise et k la douleur de cet ignominieux triomphe du retour de Versailles h. Paris, Marie-Antoinelle avait cherché à se faire un système d'habitudes préser\alrices et consolatrices. La lecture ne lui était pas encore possible, faute d'un recueillement difficile après de si profondes secousses. Le travail d'aiguille, propice à la rêverie, lui avait d'abord servi à tuer le temps, en remplissant de fleurs d'immenses tapis de pied, tribut de ses mains ingénieuses aux Tuileries démeublées. Un de ces tapis était tombé entre les mains de l'impératrice Joséphine, qui ne le toucha jamais qu'avec respect et y apprit comment les souveraines malheureuses peuvent employer les longues heures de la disgrâce et de la

retraite. Plus tard Marie-Antoinette, un peu remise de tant d'ébranlements, organisa sa vie sur un pied tout à fait domestique et en (iuel(iuc sorte privé, lui donnant i)our occupation principale l'éducation de ses enfants, et pour intermèdes la conversation et la correspondance.

De 17S9 à 1791, celle vie intime et retirée ne fut guère animée (jue par les réceptions de cour deux fois par semaine, le jeudi elle dinianclie avant la messe, et le jeudi, le dîner public avec le roî. Lv reste du temps, ^Marie-Antoinette ne quittait guère le salon de famille ; elhî n'eut point de concerts et ne revint au théâtre (|u'(Mi 1791. après ra(cei>lation de la txmstitution ^ La princesse de Lami)all(* s'était ctharséc de la su|)pléer dans des devoirs et des soins (jui rcussenl ('\|)osée à voir trop de visages étrangers ou SOSpects. Klle lit son cruvre ])rinci])ale de rhos])italité de son appartement aux Tuil<M"ies, où ses soirées, organisées dans un but d*îoformation et de conciliation, attiraient une société assez mêlée. La reine avait fssîiyé de présider (juc^lques-unes de ces réunions; mais |)n)ni|)t«Mn('nf (l<';;()ril<M.* di» ccHp noble liar(lif\sse j)ar les épreuves au\([in'!h*s flic re'xposîiil, rll(^ nMioiica complètement à tout cercle iionibi'cux, ri se rciilrrina slricIrmiMit dans un intérieur parfois monotonj», mais où, du moins, r\\r n'avait pas à redouter le vis-à-^is d'un lord an;;lais étnlanl 'd\rc aflVclalion au chaton de sa Ixigue une mètJH» do clioNoux d'Olivior C.romwoll, et, ni |)résence d'une reine moiiacf'o, osjiiii l)ais(M* ces roli(|uos réj^icides *. l'.ello réser\'e, <|ni lui coula d'abord, avait sa n''('(nnj)ense dans ses résultats, puîs- (|u*e'll(^ lui ]iornirllai( <lo délrompt^r les ambitieuis ou les rancunes (jui spéculaient sur son inilucnco ou la lui rcj)nK-haient, et qu'rll»" la lonail éloi;^!),'.,. des scènes et des conflits (piotidiens dont la recard»*

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