I. Mrnmirt's (le Webu', p
i. Madame (\impait, p '2r)0.
Un autre jour, il pria ce même M. Bailly de lui faire voir le bouclier de Scipion qui est à la Bibliothèque royale. Et celui-ci lui ayant demandé lequel il préférait de Scipion ou d'Annibal, le jeune prince répondit sans hésiter qu'il préférait celui qui avait défendu sa patrie.
On enseignait au Dauphin la religion, récriture, l'arithmétique, l'histoire, la géographie, la botanique. M. de la Borde, ancien premier valet de chambre du roi Louis XV, dont les productions littéraires, notamment les Essais sw la musique^ sont connues des amateurs, avait préparé, pour lui faciliter l'étude de la science des plantes, un herbier qui en faisait une récréation. Le jeune prince émerveillait ses maîtres par sa facilité, sa docilité, et les égayait par ses à-propos pleins de finesse ou ses piquantes saillies.
Un jour que la reine faisait répéter à Madame ses cahiers d'histoire ancienne, la jeune princesse ne se rappela pas inmiédiatcment le nom de la fameuse reine de Carthage, chantée par Virgile; le Dauphin souffrait du manque de mémoire de sa sœur, et quoiqu'il ne la tutoyât jamais, il lui vint dans l'esprit de lui crier : « Mais dis donc à maman le nom de cette reine ; dis donc comment elle se nommait ^ . »
On formait en même temps le Dauphin aux exercices du corps, à la danse et à la paume, pour lesquels il ne manifestait pas moins de dispositions que pour ceux de l'esprit. Aucun enfant ne se faisait remarquer dans ses jeux par plus de grâce, d'adresse et d'agilité.
Dans les premiers temps, le Dauphin ne sortait guère des appartements, par suite de craintes trop justifiées. Mais quand, le 4 février 1790, Louis XVI fut allé à l'Assemblée, réunie conrmfie on sait dans les bâtiments de l'Orangerie, protester de son dévouement à la Constitution et se mit pour un moment à la tête de la Révolution,