XXXII. — MkRCY a MARlE-Tn^RfeSE
Paria j 18 août, — La reine envoie à V. M. un portrait de son auguste petite-fille assez ressemblant pour pouvoir donner une idée de la figure de cette jeune princesse.
Hier; dans une longue audience chez la reine^ elle a daigné me lire sa lettre à V. M. ; j'y ai vu une réi)on8e précise sur le baron de Breteuil et sur le cardinal de Rohan qui, moyennant cela, trouvera obstacle majeur à ses projets de voyage à Vienne.
La reine m'a confié en entier la lettre qu'elle a reçue de S. M. l'empereur. Cette lettre porte sur trois principaux objets : 1® sur l'utilité de la médiation de V. M. et sur l'avantage qui en résulterait pour la France et pour le bien général ; 2° sur l'attention qu'aura sans doute la reine & bien faire sentir ici combien , dans les circonstances présentes , l'alliance avec V. M. est utile à la France ; 3* S. M. I. parle de son vrai désir de voir cimentée de plus en plus l'union et l'amitié des deux cours. S. M. ajoutait qu'elle avait été peinée de quelques apparences que la France pouvait se refroidir sur le système présent.
Les détails de cette lettre m'ont paru conçus avec autant de justesse que de force et de perspicacité.
La reine se proposait de répondre au dernier article que S. M. l'empereur ne devait pas ajouter foi ni aux apparences ni aux propos répandus d'un refroidissement de la France sur l'alliance, non plus qu'on ne croyait point ici les assertions du mécontentement de S. M. I. sur la paix de Teschen, et de son penchant à voir un rapprochement entre l'auguste maison et l'Angleterre.
ScAonbrunn, 19 août. — Madame ma chère fille. Je ne peux refuser à l'ambassadeur du roi (1) le juste témoignage qu'il mérite : vous me l'avez recommandé, et il a servi le roi avec zèle, jugement
(1) Le baron de Breteuil.
et exactitude, et s'est montré en toute occasion d'être très-attaché au système si heureusement constaté dans nos maisons. Il mérite vos bontés, et tout ce que le roi voudra faire pour lui , je le regarderai comme une marque d'amitié pour nous. Il ne m'a pas demandé de recommandation, mais je lui dois cette jiLstice , d'autant plus que le roi a en lui un capable, zélé, intègre et clairvoyant ministre, trèsbien à employer, et qu'ici il n'a jamais marqué de vivacité, qu'on lui reprochait une fois; au contraire j'ai admiré souvent ses complaifiances. Si c'est le service du roi et sa convenance, nous le reverrons avec plaisir. Il ne pourra jamais vous dire combien je vous aime.
JSchonbrunn, 31 août, — Comte de Mercy-Argenteau, J'ai reçu votoe lettre du 18 par le courrier Gergowiz, arrivé ici le 24 de ce ittois.
«Je vois avec peine la confiance que la reine va accorder au duc
de Guînes , son caractère dangereux n'étant que trop connu ; mais
<5c>nQme il m'importe infiniment que vous continuiez à jouir au-
pï'ès de ma fille du môme crédit, je ne voudrais pas vous compro-
lï^ettre vis-à-vis d'elle, en vous engageant à lui tenir un langage
^ui pourrait heurter de front ses principes et ses inclinations, [étant
^ssez volontaire et ferme. ] Je suis prête à vous prêter la main dans
^^^B cas délicats, en écrivant de temps en temps à ma fille dans le
1® sens que vous trouverez à propos.
Je serai bien aise s'il n'y aura jamais question de notre médiation dans la négociation entre les Bourbons (1) et l'Angleterre. Ce serait ^^tijours une affaire très-embarrassante, et si nous en avons fait l'offre à la France , je le fais valoir vis-à-vis de ma fille comme une Marque [surabondante] de notre empressement à être utiles à notre allié.
Vous faites très-bien de tirer parti de l'indiscrétion de Goltz pour lettre à couvert la source dont vous puisez vos notions par rapport à la correspondance prussienne. Les insinuations dangereuses du roi de Prusse méritent sans doute attention. Il est fâcheux qu'indépendaTament du grand nombre des partisans anglais ici, l'empereur con-
(^) La France et l'Espagne étaient alliées dans la guerre contre TAngleterre.
tribue encore par ses propos, même vis-à-vis des ministres étrangers, à fomenter [et confirmer] les soupçons du ministère de France.
Je me doute que le train de vie de ma fille, plus tranquille depuis quelque temps, n'est que l'effet de l'absence de plusieurs de sa compagnie ordinaire. Je suis d'ailleurs contente de l'union qui règne dans l'intérieur de la famille ; je voudrais seulement que les promenades nocturnes fussent retranchées ou du moins modérées.
Malgré tous les obstacles que le cardinal de Rolian pourrait rencontrer dans l'exécution de son excursion à Vienne, il est sûr qu'il en a formé le projet , ayant même chargé quelqu'un ici de louer pour lui un quartier en ville et un jardin aux faubourgs.
Le portrait de ma petite-fille me fait bien du plaisir ; je le trouve fort bien [mais tout à fait le père], et il m'est d'autant plus cher parce qu'on me dit qu'il est très-ressemblant ; [je le crois flatté pour le teint.]
Le P' septembre. ^— Madame ma chère fille, La vôtre du 16 d'aoû"m'a causé comme toujours la plus sensible joie, m'assurant l'état de votre santé , du retour avec le roi , des espérances que voi me donnez pour un compagnon pour cette chère petite , dont voi m'avez envoyé le portrait, qui est charmante , forte et saine, et qi m'a causé la plus grande joie. Je l'ai vis-à-vis de moi sur une chais ne pouvant m'en séparer ; mais je trouve aussi qu'elle ressemble roi. Je vous écris au milieu du Danube ; à mon arrivée à 8chlo»^ihof je compte renvoyer mes lettres à Vienne pour le courrier. H tmit le plus beau temps ; je compte passer cinq jours avec votre sœu^ • l'état de votre frère (1), quoiqu'il est mieux, me rappelle. Je n'ai tranquillité qu'en m'y trouvant. J'ai eu le plaisir de le voir, avj de partir, debout sur les jambes ; mais il était déjà mieux à Laxeï*' bourg , et tant que la plaie n'est entièrement fermée, je crains to"ii* jours des esquilles. Son humeur et sa patience se soutiennent to'»*' 'lours de même.
Vous aurez appris l'accident du Vésuve à Naples (2). La pol^***
(1) Uarchiduc Maximilien, dont on a vu la maladie.
(2) Dans la nuit du 8 août avait eu lieu une terrible éruption dn Yésnye qui B*i
l'^ SEPTEMBRE 1779. 349
lace; qui est là horrible et fanatique, était bien plus à craindre que
toute l'éruption ; ils ont, 30 à 40,000 hommes, forcé qu'on leur ouvre
l'église et porté en procession saint Janvier. Le roi et elle (1) avaient
toute la peine de se tirer du théâtre où ils étaient ; ils ont amené
comme otages les deux cavaliers qui leur ont été envoyés , pour se
ranger et attendre le jour pour la procession : ils n'ont fait point de
mal, mais ils n'ont désisté non plus de leur demande. C'est affreux
d'avoir un peuple pareil. Je suis bien aise que votre sœur n'était pas
grosse. L'empereur était déjà parti à l'arrivée du courrier ; il compte
rester deux mois absent ; le temps est admirable , pourvu qu'il se
soutienne.
Je ne suis pas peu inquiète sur les grands événements qui doivent éÉre frappés à ce moment-ci, et je vous avoue que toute la boutique (2) étant dans la Manche me fait craindre que la grande supériorité que roxis avez ne puisse opérer si bien , et que c'est l'avantage des Angrl»8, qui y ont tous leurs ports en cas de malheur, et la France aucnjïji jusqu'à Brest. Si nous nous sommes offerts à concilier les choses, n'était jamais pour ce moment-ci , mais pour l'hiver, ou au mont que cela pourra convenir le plus au roi, et pour ne pas nous lais- 8ô:ir prévenir par les Prussiens et Russes, qui sont toujours l'objet de Qofce attention et jalousie; puisque nous sommes bonnement attacfcxés à vos intérêts et au système , non sans ressentir de temps en tôxups des moments d'inquiétude et môme jalousie. Ainsi après notre ofiExe nous n'en ferons plus de mention qu'en cas que cela vous convient; avouant sincèrement que je serais charmée que le roi puisse fiiiîr lui-même , le plus tôt le mieux, et à l'honneur de sa couronne saiis autre intervention que des parties belligérantes ; mais nous serions sensibles si on préférait un autre à notre place. Je défie qui que ce soit d'avoir plus à cœur la gloire et les intérêts de la France et Espagne que nous.
Je ne puis m'empêcher de vous marquer une anecdote qui se ré-
depuia quelque temps. Une colonne de feu se fit jour tout-à-coup du côté de la Somma ; ^^ Aaée de pierres lancées par l'explosion et dont quelques-unes avaient jusqu'à dix pteos de circonférence, tomba dans la vallée j la ville d'Ottojano fut réduite en cendres, et la ^^® plaine de Gassibella fut couverte de pierres et de matières suif ureupcs.
^v C'est-à-dire le roi et la reine, le roi et sa femme. Marie -Thérèse emi)loic très-souvent •*^ *omute.
(^ Tonte la flotte.
pand et que je n'ai pas crue au commencement, conmiebien d^autres qui se détruisent journellement, mais cela nous revient de tous côtés, que vous êtes tellement gouvernée par le [duc de Gaines que vous ne vous décidez en rien qu'après son avis. Le duc de Guines s'est comporté dans toutes ses missions politiques de manière à ne nous donner aucun sujet de plainte; je n'ai donc aucune prévention contre lui , mais les malheureuses circonstances où il s'est trouvé , jointes à la réputation qu'il a généralement d'être fort ambitieux, m'engagent à ne pas vous cacher ces bruits , crainte de grands inconvénients pour vous , ma chère fille, à en laisser subsister l'idée que le duc vous dirige en tout (1), et vous prie de me croire toujours bien tendrement....
P. S. Pardonnez les différents pâtés et le mauvais caractère : le mouvement des rames en est la cause.
Paris, 15 septeiiére. — Sacrée Majesté, La grande tranquillité i^« séjour de Versailles ne me fournit aujourd'hui pas la moindre constance remarquable à exposer à V. M., et le seul objet inté: sant dont j'aie à lui rendre compte est celui du parfait état de dont jouit la reine. Depuis bien des années la cour ne s'était trouv si dépourvue de ressources du côté des amusements. Depuis le 20 mois dernier, les voyages à Saint-Hubert avaient cessé ; celui Marly n'a point eu lieu pour les raisons indiquées dans mon humble et dernier rapjwrt. La reine n'est venue qu'une seule fois * Paris pour y voir les tableaux exposés au salon du Louvre (3)* S. M. n'est plus montée à cheval , ses promenades en voiture oft^ été très-rares ; en un mot presque toute dissipation intérieure s'c^^ bornée à quelques spectacles au théâtre de la ville de Versailles, ^^ aux promenades du soir sur la terrasse du château. Quelques préca^^i^' tions que l'on eût prises pour diminuer les inconvénients de ces pro*
( l) Voir plus haut le rapport de Mercy dn 18 août, pièce XXXI.
(2) L'exposition de tableaux, qui avait lieu au salon du Louvre, s^était ouverte le 25 »c^^ Vemet, Robert, Casanova, Loutherbourg étaient parmi les exposants ; Roslin y avait nai^ ^ grand portrait de l'archiduchesse Marie, duchesse de '.Saxe-Teschen, dont parle Marie-'^'*' rèse dans sa lettre du 6 mars 1778, et aussi son portrait de Linné, si souvent reproduit V^ la gravure. Voir les Mémoires secrets de Bachaumontf tome XIII, page 220, Londres , X'S'^
menades nocturnes, elles en ont eu encore beaucoup trop, ne ftlfc-ce que celui des trop longues veillées et des effets que l'air malsain de la nuit aurait pu occasionner relativement à la santé de la reine. Quoique, dans ces occasions, S. M. ait toujours été accompagnée des princesses ses belles-sœurs, et suivie d'un nombre de dames et de courtisans, il n'était pas trop possible d'écarter la foule, et la mauvaise compagnie , qui souvent se trouvait trop près des personnes royales, les exposait à un pêle-mêle peu convenable (1). Ces promenades ont excité beaucoup de critiques à Paris ; mais enfin la saison, devenue plus froide et humide, n'admet plus ce genre d'amusement, et il a entièrement cessé depuis quelques jours.
H y a maintenant plus de trois semaines que la reine se trouve cZisjis la possibilité de devenir grosse, et on devrait se flatter de voir f>îcntôt réaliser de telles espérances à la suite de l'intimité très-as- «i^ue dans laquelle les deux augustes époux vivent ensemble. La t^:»dresse et l'attachement du roi se manifestent toujours de plus en plxas ; il n'est sorte d'attentions et de prévenances qu'il ne témoigne à la» reine, et quant à cet article si essentiel, il n'a jamais été dans des plus satisfaisants ni qui annoncent une stabilité plus décidée. Xes incommodités presque continuelles du comte de Maurepas interrompu les conversations que la reine s'était accoutumée d'ade temps en temps avec ce ministre , et malheureusement cela 11^^ été suppléé par rien d'utile. Le duc de Guines n'en a pris qu'un plias grand essor auprès de S. M. ; il ne quitte presque plus Ver- 8«^ille8, et quoiqu'il y ait encore des bornes au crédit dont il jouit, les apparences lui en attribuent au delà de la réalité, et elles occasionnent une inquiétude et une jalousie qui prennent sur l'attachera ent que les ministres seraient portés à vouer à la reine, s'ils étaient délivrés d'un antagoniste très-redouté par les vues qu'on lui suppose, ^t; par l'adresse avec laquelle il sait en préparer la réussite. Le re- **^or de la comtesse Jules de Polignac a rendu à la reine une resscmrce de société dont la privation lui avait été très-sensible ; c'est à 1* demande de cette favorite que S. M. a fait nonmier le comte de ^^âlons (2) ministre du roi à Cologne. J'ai toujours prévu et espéré
y ^} Voir plus haut la note de la page 1 14. . ^^}U comte de Châlons était cousin de M"« de Polignac ; il ne fut ministre plénipoten« *** près de rélecteur de Cologne que jusqu'en 1781.
que tôt ou tard la comtesse de Polîgnac pourrait prendre quelque ombrage du crédit du duc de Quines ; je sais que l'on a commencé à exciter son attention à cet égard, et ce serait un des plus puissants moyens de diminuer les préventions de la reine en faveur du duc ; mais ce dernier, qui connaît très-bien les écueils qu'il a à éviter, emploie tout son art à ménager la favorite , par le secours de laquelle il s'est mis dans la i)08ition où il se trouve.
Le voyage de la cour à Fontainebleau est projeté pour le 10 ou le 12 du mois prochain, mais il est décidé en même temps que ce voyage n'aura pas lieu s'il survenait la moindre apparence d'une grossesse de la reine , ce qui pourra être éclairci vers la fin de ce Liois.
S. M. semble avoir repris im peu de goût pour la musique ; depuis le retour de celui qui lui enseignait à jouer de la harpe , elle prend assez régulièrement des leçons sur cet instrument, et il y a des jours marqués dans la semaine pour des petits concerts qui ont lieu dans l'intérieur des cabinets.
Le courrier mensuel arrivé le 12 m'a remis les très-gracieux ortlres de V. M. en date du 31 août, et je n'ai pas tardé à aller présenter à la reine les lettres qui lui étaient adressées.
Paris, 15 septe7nbre. — La manière dont il a plu à V. M. de s'exj)liquer dans sa dernière lettre relativement au duc de Guines a produit sur la reine tout l'effet que j*avais prévu et tant désiré ; cette auguste princesse a paru frappée d'étonnement de ce que V. M. fût informée d'une circonstance supposée aussi secrète et inconnue. J'observai & la reine qu'il était inconcevable qu'elle eût pareille opinion sur un fait qui saute aux yeux , et qui fixe l'attention de toute la cour et la ville ; que, bien loin qu'une pareille faveur pût rester secrète, j'étais fort surpris qu'elle ait tardé si longtemps & faire bruit dans toutes les cours, et que la reine |)ouvait se rappeler que j'avais pris la liberté de la prévenir de ce qui ne manquerait pas d'arriver à cet égard. Heureusement , ainsi que dans toutes les semblables occasions, les soupçons de la reine tombèrent sur le roi de Prusse ; remplie de cette idée, elle fit une terrible sortie contre le monarque prussien et contre son émissaire. L'abbé de Vermond se trouvant de retour et à demeure à Versailles, la reine lui parla à plu-
iears reprises de cet article de la lettre de Y. M. sur le duc de l^aines, et elle parut fort mortifiée de l'opinion que ce favori &kt en lesure de la gouverner. Je ne puis me flatter que cette première içon que Y. M. vient de donner produise un effet absolu et décisif; lais je suis très-certain que cet avis arrêtera d'abord les progrès du lal, et sur le très-humble rapport que je ferai des différentes cir- ^nstances qui pourront survenir^ si Y. M. daigne de temps eïi temps t selon les conjonctures revenir sur ce même objet; il est plus que robable que ce sera un moyen^ même le seul; propre à ouvrir les eux à la reine sur ses préventions dangereuses à Tégard du duc en aestion. Entretemps il m'a paru que cette auguste princesse était mbarrassée sur la réponse à faire à cet article de la lettre de Y. M.^ t j^ignore encore la tournure qui sera donnée à cette réponse.
Le baron de Breteuil a obtenu de la reine une audience de cinq Oiurts d'heure, et a été traité avec les marques de la phis grande >zité. La reine a récapitulé vis-à-vis de cet ambassadeur toutes les rincipales circonstances de la guerre dernière ; elle lui a parlé avec ^SQCoup de vivacité et d'aigreur du personnel du roi de Prusse, et ^ toutes les manœuvres que ce prince mettait en usage pour porter rfceinte à l'alliance et à l'intimité qui existe entre Y. M. et le roi ^^ès-Chrétien. La reine a témoigné au baron de Breteuil un gré inxi de ce qu'il avait toujours marqué un attachement respectueux et -nonnel pour Y. M. D'après ce que la reine a daigné me dire, je risque l'ambassadeur en question lui a parlé sur toute matière avec ^e franchise convenable ; il s'est fort étendu sur les grâces dont • M. a daigné le combler ; il a avoué que dans quelques circons- ^^ces il craignait d'avoir déplu à S. M. l'empereur, mais qu'il se ïrttait de s'être entièrement justifié dans l'esprit de ce monarque, et ^*il devait en être assuré par les bontés que S. M. lui avait mar- ^^ées à son départ. Il s'est aussi fort loué du prince de Kaunitz, et ^près les notions très-certaines que je me suis procurées , le baron ^ Breteuil a tenu vis-à-vis des ministres et dans les sociétés un ^gage uniforme. Je l'avais vu presque au moment de son arrivée , ^9 sous le titre de notre ancienne connaissance, je m'étais permis de "^ parler clair sur bien des articles. Je lui avais conseillé de ne point ^fiicher des vues ou prétentions exorbitantes, et de ne point débuter ^ embarrasser la reine avec des demandes de ce genre. En cela il ^ suivi mes avis : il paraît perdre toute idée d'arriver au ministère, il
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