‹ Marie-AntoinetteChapitre 22 sur 30 · XLVIII. — Marie-Th^rîsk a Msrct · texte numérisé non relu

XLVIII. — Marie-Th^rîsk a Msrct

Sckônbrunn, 30 septembre. — Comte de Mercy-Argenteau, J'ai reçu votre lettre du 16 par le garde-noble hongrois Ginlay, arrivé ici le 26 de ce mois.

Je vois avec plaisir que vous vous occupez du choix du successeur du comte de Maurepas, et que vous en faites encore sentir l'importance à ma fille ; convaincue d'ailleurs que la comtesse de Polignac, toute dévouée au comte de Maurepas, ne serait propre à influer dans ce choix. Je crois au reste qu'il n'y aurait peut-être pas de mal si , après le décès du comte de Maurepas , le roi prenait le parti de vouloir gouverner par lui-même et non pas par quelque ministre, supposé qu'il ait assez de talents et d'application pour s'en acquitter comme il faut, et que ma fille conservât toujours assez de crédit et qu'elle en fit bon usage pour jouir de la confiance du roi dans le maniement des affaires. Je suis bien aise que les réflexions, tirées de la

(1) Voyez plu8 haut la pièce XLIII, et la lettre de Jo5ieph II citée en note.

correspondance pmssienne, qne vous avez insinuées avec toute la circonspection à ma fille, lui aient donné l'éveil.

Je ne regarde que comme passagers les amusements de Trianon, sans m'en inquiéter, tant qu'il ne s'y mêle quelque inconvénient majeur ; seulement je ne saurais approuver que la reine y couche sans le roi. Au reste je voudrais avoir les pièces qu'on a représentées à Trîanon, avec les noms des personnes qui ont joué chaque rôle, en m'indiquant notamment ceux de ma fille.

Tout mécontent que le roi paraît de Madame, par rapport à M"® Balbi, je crois que tout sera raccommodé; il me paraît qu'il aurait été plus à propos d'arrêter les projets que Madame a formés en faveur de cette dame. Je suis bien aise que ma fille n'a pas pris part à cette tracasserie.

J'approuve fort la réponse que ma fille a faite à l'électeur de Cologne sur l'élection de Munster, et j'approuve de même que vous l'avez persuadée de ne pas écrire sur la destination supposée de sa sœur Marianne pour le gouvernement de Hongrie. Il n'en est pas question, l'empereur étant surtout très-éloigné de se prêter à une telle idée.

D'après ce que je vous ai fait marquer sur le compte de MM. Bombelles et Châlons, je me doute que le dernier se trouve dans le cas de nous intéresser à ses convenances.

Le 11 octobre. — Madame ma très-chère mère , La santé de ma fille m'a occupée et un peu inquiétée depuis trois semaines. Plusieurs dents qui ont voulu sortir toutes à la fois lui ont causé de grandes douleurs, et , donné une fièvre qui s'est réglée en tierce. Lassone en envoie le détail à ma chère maman, et m'assure qu'il n'y a pas de danger. Depuis hier l'accès a manqué; Dieu veuille que cela soit fini ! Je suis touchée de la douceur et de la patience de cette pauvre petite au milieu de ses souffrances, qui dans certains moments ont été fort vives.

Le roi est allé faire une course de chasse pour trois jours à Compiègne ; je passe ce temps-là à Trianon. Le 13 nous irons à Marly; la compagnie sera plus nombreuse et par conséquent bien plus d'étiquette, et à la Toussaint je reprendrai toute la représentation de cour, qui ne peut être entière ici que pendant l'hiver.

La paix serait un grand bien ; mais si nos ennemis ne la demandent pas, je serais bien affligée qu'on en fît nne humiliante* Je suis bien charmée de ce que me marque ma chère maman de la santé et du voyage de Ma:icimilien ; il est bien convenable qu'il témoigné reconnaissance à Télecteur, qui s'est si bien conduit pour lui. L'empereur m'a écrit au moment de son départ. J'espère qu'au moins l'hiver mettra une borne à ses voyages. Je fais des vœux pour qu'il ne soit pas contraire à la santé de ma chère maman. Permet-elle que je l'embrasse de toute mon âme?

Lassone envoie à ma chère maman un détail circonstancié de la maladie de ma fille ; la fièvre lui a repris cette après-dtnéei tnais si légère que j'espère que cela ne sera rien.

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