‹ Marie-AntoinetteChapitre 9 sur 30 · IIE · texte numérisé non relu

IIE

Il mésentendu ; le comte de Verle baron de Groschlag fût mis yence, et il s'en était formelles l'électeur ayant paru exigera je prévins dans le temps qu'il jssible de l'obtenir, qu'au resté née par le ministère d'ici, qu'il ag de ne point se montrer à France, promesse qui m'a été eu.

d'État ne m'a fait encore au- , jusqu'à ce que cela arrive, je le V. M. daigne me l'ordonner, peut se rencontrer ici aucune »» du comte de Hrzan à la pourune pareille complaisance pour • chapeau pour feu le cardinal •nséquent qu'une réciprocité de ôtera à la nomination particu- -dessus le secret jusqu'à ce que

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lon. J'ai été bien inquiète de Maxî-

I eu de joie de le revoir et en bonne

ilu roi de Prusse et de ses troupes,

I ), c'est un avantage inestimable qui

jiées prussiennes et autrichiennes s'étaient tenues en

mandes , et il m'a paru de mou devoir de représenter à S. M. tous les inconvénients de compromettre sa protection et son crédit pour un objet également injuste , absurde, et qui occasionnerait d'autant plus de clameurs qu'il s'agirait d'aggraver les finances de l'État dans un temps od elles ne suffisent pas aux besoins pressants d'une guerre, tandis que l'on voit encore avec blâme et regret toutes les grâces pécuniaires que la princesse de Lamballe a su se procurer, en obtenant une charge qui est pour le moins très-inutile. Je me flatte d'être parvenu à persuader la reine sur ce point, et il y a apparence que la demande en question sera éconduite.

Dans les conjonctures présentes, où la reine est si occupée des grands objets qui intéressent son auguste maison, je me suis rendu plus habituellement, c'est-à-dire deux et trois fois la semaine auprès de S. M., et elle a toujours daigné me donner de fort longues audiences. Mes rapports d'office contenant à cet égard tout ce qui a trait à l'essentiel des affaires , je me bornerai à observer ici que la vie plus sédentaire et moins dissipée de la reine influe visiblement sur son moral d'une manière très-avantageuse. Sa volonté et son esprit se prêtent beaucoup plus à la discussion des choses sérieuses, et si ce changement heureux se soutient après le terme de la grossesse, il n'est pas douteux que l'influence et la supériorité du crédit de la reine prendront ici tout leur essor d'une manière stable et solide. Toutes mes représentations tendent à ce point, et je suis en cela bien secondé par l'abbé de Vermond, qui, dans le courant du mois, a fait plusieurs séjours à Versailles, et qui s'y est conduit avec sou zèle ordinaire, également éclairé et utile.

FariSj 19 septembre. — Je n'ai aujourd'hui, relativement à la reine, aucune matière & pouvoir mettre sous les yeux de V. M. dans ce présent et très-humble rapport séparé, de manière que je me bornerai aux remarques qu'exige de ma part le contenu de la trèsgracieuse lettre de V. M. du 31 août.

La chancellerie d'État m'avait déjà donné des ordres par le dernier courrier sur les embarras od se trouvait l'électeur de Mayence vis-àrvis de cette cour-ci, et j'ai mandé par le même courrier que cette affaire était entièrement aplanie conformément au désir de Té-

lecteur. Dans le fond ce n'était qu'un mésentendu ; le comte de Verbennes n'avait jamais prétendu que le baron de Groschlag fût mis en mesure de traiter d'affaires à Mayence , et il s'en était formellement expliqué vis-èrvis de moi ; mais l'électeur ayant paru exiger à cet égard une déclaration par écrit, je prévins dans le temps qu'il serait inutile de la demander et impossible de l'obtenir, qu'au reste on pouvait compter sur la parole donnée par le ministère d'ici, qu'il serait enjoint au baron de Groschlag de ne point se montrer k Mayence en qualité de ministre de France, promesse qui m'a été formellement renouvelée en dernier lieu.

Jusqu'à ce moment la chancellerie d'État ne m'a fait encore aucune mention du comte de Hrzan, et, jusqu'à ce que cela arrive, je suspendrai toutes démarches , ainsi que V. M. daigne me l'ordonner. Quand il sera question d'agir, il ne peut se rencontrer ici aucune difficulté sur la nomination partioulière du comte de Hrzan à la pourpre. La raison en est que V. M. a eu une pareille complaisance pour cette cour-ci, lorsqu'elle demanda le chapeau pour feu le cardinal de la Boche-Aymon ; ce ne sera par conséquent qu'une réciprocité de la part de la France , lorsqu'elle se prêtera à la nomination particulière que V. M. désire. Je garderai là-dessus le secret jusqu'à ce que je reçoive des ordres ultérieurs.

La reine m'a beaucoup questionné sur les inquiétudes et les peines qu'elle soupçonne à V. M. Quoiqu'elle en ignore les principaux motifs, il en est cependant transpiré quelque chose jusqu'à elle; mais j'ai cherché à éloigner les idées qui tendraient à éclaircir de pareils doutes, dont la reine est très-fortement affectée.

LXVL — Marie-Antoinette a Marie-Thérèse.

Ce 17 octobre. — Madame ma très-chère mère, Vos deux dernières lettres m'ont donné une joie que je n'avais goûtée depuis longtemps. Ma chère maman commence enfin à respirer et à avoir quelques sujets de satisfaction et de consolation. J'ai été bien inquiète de Maxîmilien, et je sens combien elle a eu de joie de le revoir et en bonne convalescence. Pour le départ du roi de Prusse et de ses troupes, parties en si mauvais état (1), c'est un avantage inestimable qui

(]} Depuis le mois de juillet, les armées prussiennes et autrichiennes s'étaient tenues en 111. 17

258 MARIE-AXTOINETl^E A MARIE-THÉRÈSE.

doit bien l'humilier, et encourager tout Autrichien, s'il en avait besoin, combattant pour une souveraine adorée et ayant toujours l'exemple de l'empereur à leur tête. Tous les vœux de mon âme sont pour que ce terrible ennemi se tienne tranquille, au moins cet hiver, et que le mauvais succès qu'il a eu l'amène à une paix raisonnable. Je suis désolée de la faiblesse et des variations de M. de Maurepas. Je lui ai parlé plusieurs fois et assez fermement ; mais j'ai cru devoir me contenir et ne pas rompre tout à fait, pour ne pas mettre le roi dans l'embarras entre son ministre et sa femme. Je lui reparlerai au premier jour, pour qu'enfin il effectue la parole qu'il avait donnée de faire écrire à tous les ministres d'Allemagne, comme on a écrit à M. de Gaussen. Le roi désire sincèrement de procurer la paix à l'Allemagne , et je suis sûre qu'il en viendrait à bout s'il pouvait faire par lui-même et n'être pas embarrassé par ses ministres. Pour moi, j'ai tous les motifs réunis,, car- je suis bien persuadée qu'il y va de la gloire du roi et du bien de la France , sans compter le bienêtre de ma chère patrie, et j'ai toujours été persuadée que si, dès le commencement, on eût parlé ferme ici, les affaires se seraient arran- gées sans compromettre personne.

Nous sommes à Marly depuis dix jours ; je m'y porte à merveille, et m'y promène autant que je peux. Lassone enverra à ma chère ma — man le plus grand détail de ma santé. Permet-elle que je l'embrass» tendrement?

Paris, 19 ocûoôre. — Sacrée Majesté, Depuis un mois il n'est pe survenu, relativement à la reine, la moindre circonstance rem quable, et la plus essentielle de toutes est que la santé de cette a^ guste princesse se maintient dans l'état le plus parfait, sans qu'e ait à éprouver la moindre des incommodités qui accompagnent vent une grossesse avancée, ni même le changement de physiono qui caractérise presque toujours cet état.

Depuis qu'il a été permis à la reine de faire plus d'exercice, e

présence sans en venir à une action ddK^Loive. A la un de septembre la maaTaise saison le manque de vivres obligèrent les deux coq^s qui composaient Tannée prussienne', et ûtaicnt commandés, Tan jiar le prince Henri, l'autre par le roi, & se retirer en arriè

en a usé très-sobrement. Pendant le séjour à Choisy, du 20 au 27 septembre, S. M. s'est journellement promenée à pied dans les jardins, sans sortir en voiture ni hors de l'enceinte du château. Ce petit voyage a été d'ailleurs très-agréable , moins par le nombre que par le choix des personnes qui y ont été admises. Toute la famille royale s'y est trouvée réunie; il y a eu des spectacles, un peu de jeu, mais assez modéré, et tout le monde s'est plus particulièrement loué de l'affabilité et des griices que la reine y a fait éprouver à un chacun. Le présent séjour de la cour à Marly prend à peu près la même tournure ; la famille royale y est moins nombreuse par Tab- «ence de Mesdames, qui se sont établies à leur château de Bellevue I)our jusqu'à la fin de ce mois.

En évitant de répéter ici ce que contiennent mes dépêches d'office relativement aux affaires, je me bornerai à observer que les fréquentes audiences que me donne la reine sur ces matières sont toujoixTs également' satisfaisantes par l'attention et le très-vif intérêt qt-x** y apporte cette auguste princesse. Elle a pris l'habitude d'entretoixir journellement le roi du courant de cesnnêmes objets, et elle sait les lui présenter de la manière la plus judicieuse, en faisant rcmarqvxc^r combien l'intérêt d'État et la gloire de son époux sont liés avec la. C2ause de V. M. Il m'est démontré que le roi est personnellement ^^^■^ vaincu de c^tte vérité , et qu'elle opérerait des effets bien plus P^c>xnpts et plus énergiques si l'esprit timoré des comtes de Maurepas ^^ cle Vergennes n'y mettait sans cesse quelque o])stacle. Je tâche ^ ^^Itjtenir de la reine qu'en les traitant bien l'un et l'autre, elle veuille ^^I>cndant leur indiquer tout ce qu'il y a de faible ou d'insuffisant ^^^'^s la forme de leurs démarches et les porter à concourir plus ef- ^^^.cement & ce qu'exige l'avantage commun des deux cours et la ^*^^îre de leur alliance.

I-«e courrier dépêché en Espagne et arrivé ici le 27 de septembre

^*j:ant remis les ordres de V. M. en date du 19 du même mois, je

^ ^rdai pas à aller présenter à la reine la lettre qui lui était adres-

^^« Elle marqua beaucoup de sensibilité sur la maladie de M**" l'ar-

^J^^^uc Maximilien, mais elle fut un peu rassurée d'après ce que

\ 3M. lui disait d'avoir reçu une lettre écrite de main proj)re par ce

*^^^^ce. Des nouvelles postérieures, du 23 septembre, continuant à être

^ ^^ satisfaisantes sur l'état de S. A. R., j'en rendis compte sur-le-

^•top à la reine, et elle parut de ce moment-là plus tranquille.

Depuis assez longtemps , mais plus particulièrement depuis un mois, il n'est pas survenu le moindre mouvement d'intrigue qui eût quelque rapport à la reine, et il n'est pas douteux que ce calme dur rera aussi longtemps que l'absence de cinq ou six personnages qui ont un peu trop d'accès auprès de la reine, et qui, pour le présent, en raison de leur état militaire, sont obligés de se tenir au corps d'armée du maréclial de Broglie. La seule favorite comtesse de Polignac est en possession du droit de conduire la reine à peu près comme elle veut; mais cette jeune femme, qui heureusement n'est ni audacieuse ni méchante , occasionne moins de mal , et n'en ferait pas de bien remarquable si elle n'y était quelquefois induite par l'ambition de ses alentours, fort mal composés.

Le courrier mensuel étant arrivé le 14 au matin, je me rendis le lendemain à Marly pour y présenter la lettre adressée à la reine, qui daigna s'entretenir longtemps avec moi sur la situation présente des affaires : elle marqua la plus vive satisfaction du succès de la conduite militaire par laquelle S. M. l'empereur a glorieusement fait échouer tous les projets de Tennemi dans le courant de cette campagne.

Le premier médecin, Lassone, se proposant de mettre sous les yeux de V. M. un détail circonstancié de l'état actuel de la santé de la reine, je dois me référer à ce qu'exposera ce même détail.

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