‹ MarieChapitre 70 sur 84 · L'ALEATICO · texte numérisé non relu

L'ALEATICO

A Perdir.ando Rosellini.

La poésie eiiiaue Éiiiaue inolleinent du vase de mon cœur, Depuis que j'y versai cette heureuse liqueur Douce comme le ciel de la blonde Toscane.

Eh quoi ! le bon Pétr;u'que oublia la boisson Où le barde étranger enivre sa chanson ! Ah! ce vin réjouit l'esprit sans qu'il l'offusque 1 Je l'appelle un nectar, un élixir divin : Si j'étais le Grand-Duc, je boirais de ce vin Dans un beau vase étrusque.

ïu vois dans ce palais ce grand arc et son dard : Eh bien , Toscan subtil , je l'appelle un symbole.

— Oui , Barde , saluons ce symbole de l'art Qui nous sert à lancer la divine parole ; Homère l'inventeur au poète romain

Le transmit ; depuis Dante il va de main en main. Dis : ai-je pénétré l'ingénieux emblème ?

— Bien , Toscan. Cependant l'arc a-t-il voyagé ?

Ou, d'Homère à IMilton, ( crand et nouveau prol)lèine ! ) Tous ont-ils changé d'arc quand le but a changé?

Ou elle est prompte et sul)tile La flamme de l'esprit chez vous , peuple toscan ! Elle éclate soudain comme un feu de volcan , Ou jusqu'au fond du cœur pénètre comme l'huile. Instruisez un l)arl)are égaré dans vos murs î Versez-moi de ce vin fait des fruits les plus mûrs ! Il vous domie la force , il vous donne la grâce. Des Celtes k Florence un vestige est resté : Par leur grand souvenir et ce vin exalté ,

Je veux chanter ma race.

Le char Celte , le char tout en bois de bouleau , Je Tai vu ! Le timon , le cercle de la roue Avec les membres durs et tors d'un arbrisseau Furent construits, sans bronze et fer; rien qui les noue. A Florence , au milieu des arts dans leur splendeur, Pour un enfant de l'ouest ce char a sa grandeur. Où sont les deux coursiers, les coursiers blancs du Celte? Leurs attaches de cuir pendent le long du char : Lui-même où donc est-il le guerrier jeune et svelte ? Qu'il vienne l'arc en main et lance au loin son dard.

La poésie émane Émane mollement du vase de mon cœur Depuis que j'y versai celte heureuse liqueur, Douce comme le ciel de 'a blonde Toscane.

Eh quoil le bon Pétrarque oublia la boisson Ou le barde étranger enivre sa chanson ! Ah ! ce vin réjouit l'esprit sans qu'il roftusque ! Je rappelle un nectar, un élixir divin : Si j'étais le Grand-Duc , je boirais de ce vin Dans un beau vase étrusque.

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