‹ Marie d'Énambuc (volume 2)Chapitre 7 sur 16 · UN CAUCHEMAR · texte numérisé non relu

UN CAUCHEMAR

L'entrée principale du château de Roclieniaine ressemblait à celle d'une forteresse; autrefois un pont-levis s'abaissait devant la porte au-dessus de laquelle on voyait encore la chambrette d'où l'onfaisaitretomber la herse en cas d'attaque et de danger. Jiilais les fossés étaient à sec depuis longtemps, une chaussée remplaçait le pont-levis et des deux côtés s'élevaient les cimes touffues des arbustes qui croissaient dans le fond hinnide où les eaux vives avaient cessé de couler.

Après avoir traversé le passage voûté qui servait de vestibule, Raymond se trouva dans une cour intérieure dont l'aspect lui rappela la décoration du quatrième acte de Robert le Diable. Un cloitre régnait alentour, et ses arceaux en ogives s'appuyaient sur de minces colonnes dénuées de chapiteaux. Ces lieux avaient tout à fait le caractère des constructions religieuses du XIII'' siècle : en effet, le château de Rochemaine fut, dans l'origine, une des nombreuses couimanderies que l'ordre des Templiers possédait en Provence, et jadis il avait été habité par ces moines guerriers.

Au moment où Raymond traversait le cloître, il aperçut à travers la douteuse lueur du crépuscule une svelte figure de femme qui semblait fuir à son aspect. C'est sans doute mademoiselle de la Grélière que ma présence effarouche ainsi, se dit-il en la suivant des yeux. Mais il ne put distinguer ses traits. Elle disparut au fond d'une des galeries du cloître; Raymond vit seulement que sa taille était élancée et sa démarche légère. M. de la Grélière avait aussi aperçu une figure qui fuyait sous les arceaux : il appela un valet d'un ton courroucé, et lui donna, en patois provençal, des ordres que Raymond ne comprit pas.

Un large escalier de pierre conduisait au premier étage; les marches, usées par les pas de vingt générations, étaient polies et luisantes comme celles de ces églises célèbres où les pèlerins montent à genoux. M. de Palcville se

laissa conduire dans un salon meublé avec de véritables meubles gothiques; c'est-à-dire avec de vieux fauteuils mal rembourrés, des tables vermoulues, un tapis rongé par les rats, et une horrible tenture à personnages représentant tout les dieux de l'Olympe, plus grimaçants et plus laids que des démons.

Raymond s'approcha de la vaste cheminée ■où brûlaient quelques troncs d'arbres : jamais il n'avait senti comme en ce moment le plaisir d'être près d'un bon feu; la chaleur le ranima; l'aspect de la flamme réjouit ses sens et dispersa le vague malaise dont il avait été saisi en entrant dans cette sombre demeure.

M. de la Grélière s'assit en face de Raymond. Il y eut un moment de silence : ces deux hommes, qui se connaissaient bien déjà, et qui pourtant se voyaient pour la première fois, s'observaient mutuellement. M. de la Grélière était un petit vieillard sec comme une momie. A voir ses traits jaunes et ridés, on lui eut donné cent ans; mais il avait encore la taille droite et ferme, la voix sonore, le geste pronqjt d'un homme dans la force de l'âge; l'ensemble de sa physionomie annonçait la finesse, le sangfroid, la fermeté, un sombre orgueil. Après avoir longtemps arrêté sur Raymond ses yeux gris et perçants, il lui dit :

— Vous avex bien fait de venir, monsieur; on s'entend mieux en un quart d'heure d'entretien qu'en des années de correspondance, et quelquefois un seul mot produit plus d'eflfet que

Tingt lettres. Il y a longtemps que je suis disposé à la conciliation; mais je savais quel homme était feu M. le marquis de Paleville ; il n'y avait pas moyen de s'entendre avec lui. Je laissais donc aller les choses, j'attendais.

A ce mot, Raymond comprit les interminables longueurs de cette procédure; il comprit que M. de la Grélière l'avait fait durer dans la secrète intention d'un accommodement ; mais il ne s'expliquait pas encore le motif, l'intérêt qui lavait fait agir ainsi. Le vieillard devina sa pensée.

— Vous vous étonnez, dit-il, que pouvant vous dépouiller, je renonce aux chances presque certaines de gagner notre procès; vous vous étonnez qu'en vous laissant cette fortune je fasse plus encore, que je vous assure toute la mienne en vous donnant ma fille unique? Mais n'est-ce pas le marquis de Paleville, le chef de notre famille que je devais naturellement choisir pour mon gendre?

Raymond comprit alors le sentiment d'orgueil qui avait dicté les résolutions de M. de la Grélière; c'était son titre, sa position dans le monde qui lui valaient cette préférence.

— Je n'ai pas toujours été riche, monsieur, reprit le vieillard; quoique gentilhomme, quoique appartenant à une branche de votre famille, j'ai dit travailler; la branche ainée de laquelle vous descendez, nous avait dépouillés, et depuis que j'existe, j'ai eu à cœur de refaire cette fortune, de réunir enlre mes mains tous les biens

de la maison de Paleville. Fournisseur aux armées sous l'empire, j'ai amassé quelques cent mille francs en Italie; à la paix, je suis rentré en France, et j'ai tâché de relever les affaires de ma famille : vous voyez si j'ai réussi, A présent je me fais vieux; avant de mourir, je veux assurer l'avenir de ma fille et disposer de cette fortune qui m'appartient tout entière. Déjà l'on m'a fait des propositions de mariafîe pour mademoiselle de la Grélière ; mais j'ai refusé. Je ne veux pas enterrer ma fille au fond d'une province, il faut qu'elle épouse un homme du monde, un homme dont les relations soient à la hauteur de sa fortune, et qui dépense noblement le revenu de sa dot. Nous passerons six mois à Paris chaque année, et le reste du temps nous serons dans nos terres. Voila, je crois, le plan dune assez belle vie. Maintenant, monsieur, c'est à vous de décider ; il ne tient qu'à vous que dans un mois Elise de la Grélière devienne la marquise de Paleville.

Raymond avait écouté ce discours avec des îressaillements intérieurs de contentement, de cupide satisfaction, il n'eut pas besoin de réfléchir-, sa résolution fut prise sur le champ; il oublia que cet homme qui lui offrait sa fille avait une réputation effrayante, que la voix publique l'acrtusait d'avoir tué sa femme, et il lépondit en contenant sa joie :

— Je suis sensibicment touché, monsieur, de vos sentiments à mon égard, et j'accepte avec joie l'honneur que voiis voulez me faire; mais

avant tout il est une personne dont il faut obtenir le consentement; avant tout, il faut que j'aie le ])onheur de plaire à mademoiselle de la Grélière.

— 3Ia fille fera ce que je voudrai, répondit M. de la Grélière en souriant; elle a été élevée dans la soumission et le respect, comme on élevait autrefois les demoiselles de bonne maison. D'ailleurs c'est une enfant qui n'a encore aucune volonté, aucune préférence, aucun désir; elle ne peut avoir l'idée de faire elle-même un choix, et je n'aurai qu'un mot à dire pour qu'elle accepte avec joie votre demande.

— Puis-je espérer, monsieur, de lui être bientôt présenté? demanda Raymond.

— Ce soir même, à l'instant, répondit M. de la Grélière, venez.

Ils traversèrent une longue galerie peuplée d'horribles portraits de famille qui semblaient du haut de leur cadre les regarder passer avec des sourires grimaciers. Au fond de la galerie il y avait une petite pièce qui dut jadis servir d'oratoire aux châtelaines de ce sombre séjour. Les murs étaient blancs avec des reliefs en or, et une profusion de bougies jetaient de limpides clartés dans ce réduit dont l'atmosphère était tiède et embaumée. Mademoiselle de la Grélière était assise près d'une table, le front appuyé sur une de ses mains ; elle lisait dans un gros livre ouvert devant elle et interrompait cette occupation de temps en temps pour respirer le parfum d'un bouquet de fleurs d'au-

torane qui s'épanouissait dans une carafe de cristal. M. de la Grélière entra le premier.

— Ma fille, dit-il, voici M. le marquis de Paleville qui nous fait l'honneur de souper avec nous ce soir.

A ce nom, la jeune fille se leva en palissant ; ses genoux tremblaient, elle eut à peine la force de saluer l'hôte que son père lui annonçait. Ravuiond, à son aspect, s'était arrêté frappé d'une secrète émotion , d'une indicible surprise : mademoiselle de la Grélière ressemblait trait pour trait à Lena; elle avait les mêmes cheveux noirs et lustrés, le même profil sévère, les mêmes yeux étincelants et doux, seulement toutes ses proportions étaient moins puissantes,* il y avait en elle une plus grande délicatesse de former et plus encore de timidité, de douceur dans la physionomie. M. de Paleville se remit bientôt du trouble que lui avait causé cette ressemblance, et il remercia intérieurement le singulier hasard qui lui rendait, plus charmant encore, le type de beauté qu'il avait jadis préféré. Le cœur plein de joie, d'espoir, de confiance, il tâcha de se rappeler ses bonnes traditions d'autrefois pour plaire à mademoiselle de la Grélière, et, sans vanité, il dut croire aisément réussir auprès de cette jeune fille élevée dans un couvent, et qui, probablement, n'avait guère parlé h d'autres hommes qu'à son père et à son confesseur.

M. de la Grélière faisait les honneurs de chez lui avec un empressement qui décelait toute sa

bonne volonté à l'égard de son futur gendre; la conversation, si dilticile à soutenir entre gens qui se voient pour la première fois, était animée entre oes^etix hommes ; leur esprit, leur intelligence trouvaient mille paints de contact. Pas un mot de leur projet ne fut prononcé; pourtant, à la réserve, à l'air inquiet et troublé de mademoiselle de la Grélière, il était aisé de voir qu'elle pressentait tout; qu'elle comprenait que son sort se décidait en ce moment.

Un valet vint annoncer que le souper était servi.

— Mon cher marquis, dit familièrement M. de la Grélière, donnez le bras à votre cousine; vous devez avoir un appétit de voyageur; heureusement pour vous on soupe encore chez moi, et quo iqu'on ne vous attendit pas, nous ne devions nous mettre à table qu'à neuf heures.

Mademoiselle de la Grélière appuya sa moin tremblante au bras de Bavmond qui j)rofita de l'occasion pour lui débiter quelqu'une de ces banalités de bon goût qu'il avait adressées souvent avec succès à beaucoi}p d'autres femmes; mais la jeune fille n'eut pas l'air de le comprendre et garda un silence obstiné.

— Elle est muette, Dieu me damne! pensa Raymond; quelle sauvage nature! Enfin on >erra de l'apprivoiser,

M. de la Grélière fit apporter des vins vieux ; on soupa longuement. Raymond, malgré son

sang-froid habituel, était étourdi de cette situation ; ses regards ne pouvaient se détourner de mademoiselle de la Grélicre ; il était comme lasciné par cette ressemblance inouïe ; parfois, il lui semblait voir Lena elle-même, assise, pâle et silencieuse, de l'autre côté de la table, en face de lui. La jeune fille ne prit que quelques fruits ; on voyait qu'elle s'efforçait de réprimer quelque violente et pénible impression ; on eût dit que les larmes allaient la gagner, tant il y avait d'altération dans le son de sa voix.

— Vous ne mangez pas, vous êtes muette ce soir, lui dit brusquement son père; est-ce que vous êtes malade, mademoiselle?

— Non, non, mon père, répondit-elle en s'efforcant de sourire, je suis très-bien.

— Elle ment, pensa Raymond.

— N'importe, mon enfant, répondit M. de la Grélière d'un ton radouci, je ne vous trouve pas bon visage. Il faut vous retirer ; votre cousia permet que vous nous quittiez.

Elise se hâta de profiter de la permission ; elle baisa la main que lui tendait son père, salua timidement Raymond et sortit à pas lents.

— Qu'elle est belle et charmante! s'écria Paleville en la suivant du regard.

— Elle ressemble à sa mère, murmura M. de la Grélicre. Mais Raymond, absorbé dans sa })réocciq)ation, n'entendit pas ce mot.

Quand onze heures sonnèrent M. de la Grélière prit un fiambeau et conduisit lui-même son bote dans la chambre qu'on venait de pré-

parer à la hâte. Cette chambre était située à l'autre extrémité du château; on y arrivait par une longue galerie sur laquelle s'ouvraient ([uelques portes noires et béantes qui semblaient tlonner dans des appartements inhabités.

— Mon cher marcjuis, vous êtes ici chez vous, (lit M. de la Grélière en posant son flambeau sur la cheminée; maintenant, bonsoir et bonne nuit.

Un domestique .resta pour faire les fonctions (le valet de chambre ; Raymond essaya de l'interroger; mais le rustre ne savait pas un mot de français; il ne parlait que provençal.

Lorsque Raymond fut seul dans cette vaste chambre, tapissée d'un cuir doré que le temps avait rendu noirâtre, lorsqu'il se trouva en face de cette alcôve au fond de laquelle il y avait un lit dont les rideaux à longues franges traînaient sur le parquet comme des tentures de deuil, quand il aperçut dans la glace verdâtre qui ornait la cheminée , son visage pâle comme celui d'un noyé; il sentit un frisson parcourir ses veines et une terreur vague })récipita les battements de son cœur; il y avait dans l'air de cette chambre une humidité froide qui le pénétrait et oppressait sa poitrine; il essaya de dompter ces étranges frayeurs, de surmonter ces défaillances de son esprit; mais le bruit du vent qui s'engouffrait dans la cheminée, l'aspect de ce lit noir comme un tombeau, lui causaient des tressaillements involontaires ;la pensée même de mademoiselle de la Grélière, cette

image charmante à peine disparue, tant de }>i'OJe(s, tant de vives espérances ne pouvaient le distraire de cette aflVeuse préoccupation, de cette vague épouvante. Il alla ouvrir une des fenêtres; elle donnait sur la cour. Raymond leva les yeux vers le ciel grisâtre où la lune nouvelle montrait son mince croissant. La cour dont le sol était tapissé de grandes mauves avait l'aspect d'un cimetière. Tandis que M. de Paleville parcourait du regard celte triste enceinte, il crut apercevoir une ombre qui glissait enti-e les arceaux; au bout d'un moment elle s'effaça dans les ténèbres du cloître; Raymond avait frissonné.

— Allons! se dit-il, c'est ce vieux vin d'Espagne qui m'a tourné la tête; il faut tâcher de dormir. Quelle horrible nuit ! que je désire le jour 1

Il se coucha. La bougie resta allumée à son côté, et à cette pâle lueur, il ne distinguait plus dans les profondeurs de la chambre que le re- Het de la glace semblable à un éclair ; mais la lumière donnait en plein sur son lit. Les tisons fumaient dans la cheminée, et le feu, ranimé j)ar intervalles, jetait de rouges étincelles. L'atmosphère subitement rechaulïée faisait craquer les boiseries; les ttoiles d'araignées suspendues aux poutres du jjlafond se détachaient et flot- ( nient dans l'air en impalpables draperies. Ravmond enfonça sa tète dans l'oreiller et ferma les yeux; une lourde fatigue pesait sur lui, ses sens s'engourdissaient peu à peu. Bientôt sa

pensée s'éteig^nit dans un pénible sommeil et des lèves bizarres tourmentèrent son cerveau; pourtant quelque chose veillait encore en lui ; il comptait les heures de celte longue nuit, et lorsque le timbre de l'horloge sonna cinq lieures, il sentit que le jour allait bientôt venir. Cependant de lugubres images passaient toujours devant ses yeux fermés ; il lui semblait qu'au milieu des ténèbres de sa chambre se mouvaient des fantômes, et qu'une main de fer s'appuyait sur sa poitrine; il croyait sentir un souffle brûlant passer sur son visage, et c'était vainement que dans l'épouvante de ces funestes songes il essayait de fuir; ses membres étaient paralysés, sa voix expirait sur ses lèvres blêmes et tremblantes. Enfin ces douloureuses sensations devinrent si vives, que Raymond s'éveilla. Alors il vit, chose horrible! une tête humaine penchée sur lui, xine tête autour de laquelle retombaient de longues mèches de cheveux gris et dont les yeux hagards étaient fixés sur les siens. Il essaya de se relever; mais le fantôme, le touchant aux épaules de ses deux mains glacées, le fit retomber en arrière. A ce contact, Ilaymond jeta un cri, il sentit tout son sang refluer vers son cœur, dont les battements tumultueux cessèrent : un bourdonnement douloureux retentit dans sa tète, toutes ses facultés s'éteignirent; il s'évanouit.

Lorsque M. de Paleville reprit ses sens, la bougie était entièrement consumée, et un rayon de soleil traversait les rideaux. Il se souleva et

regarda autour de lui, tout était tranquille, muet ; un jour rose filtrait entre les carreaux de la fenêtre et commençait à illuminer la sombre tapisserie.

— Quel aflreux cauchemar! se dit Raymond, épuisé de fatigue, et en laissant aller sa léte sur l'oreiller ; j'ai vu en songe tous les démons de l'enfer!... Dieu me damne! l'un d'eux ressemblait à Lena! presque autant que cette figure d'ange assise devant moi hier au soir!... C'est ce maudit vin d'Espagne qui m'a envoyé ces apparitions !...

Il s'endormit à ces mots, et ne se réveilla que fort avant dans la matinée. M. de la Grélièie l'attendait au salon.

— Eh bien! 31. le marquis, lui dit -il, avezvous passé une bonne nuit?

— Une fort bonne nuit, un peu agitée cependant, répondit Raymond en frissonnant au souvenir de ces angoisses, de ces puériles terreurs qu'il aurait eu honte d'avouer.

— J'ai parlé à ma fille, répondit M. de la Grélière ; comme je l'avais prévu, elle n'a fait aucune objection. Maintenant, je crois qu'il faut la laisser un peu à elle-même. Si vous le voulez, nous partirons ensemble pour Avignon aujourd'hui même ; j'ai des affaires à légler làbas, des aflaires relatives à votre mariage. Dans quelques jours nous reviendrons ensemble chercher Elise ; il faudra bien aussi qu'elle s'occupe d'acheter ses broderies, ses dentelles, tous ses chifFoos.

— Parlons, monsieur, dit Raymond avec une déférence qui ne lui coûtait guère, tant le séjour de Rocheraaine lui semblait déplaisant et lugubre, partons ; mais avant de quitter le château ne me sera-t-il pas permis de prendre congé de mademoiselle de la Grélière? Cette demande est peut-être indiscrète, et je n'ose insister...

— Ma fille est dans le parterre, vous pourrez la voir en passant, répondit M. de la Grélière.

Ils descendirent ensemble pour gagner à pied l'avenue où la chaise de poste les attendait; il n'y avait personne dans le parterre, mais en montant en voiture Piaymond aperçut au loin mademoiselle de la Grélière à travers les arbres : elle n'était pas seule.

— Voilà mademoiselle Elise! s'écria-t-il, quelqu'un l'accompagne, une femme vêtue de noir.

M. de la Grélière avança la tête avec un geste de mécontentement.

— Voyez, voyez, monsieur, cette femme bondit comme un daim, à travers l'allée, s'écria Raymond; on dirait que nous lui faisons peur.

— C'est une pauvre folle que je laisse ici par compassion, mais il faudra finir par la mettre dans une maison de santé, dit M. de la Grélière en se renfonçant dans la voiture, qui pai lit sur le champ au grand trot.

VÏU

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