‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 110 sur 154 · II. Le pourquoi de la mort de Marie · texte numérisé non relu

II. Le pourquoi de la mort de Marie

Il n'est pas difficile du reste, même à la simple lumière de la raison, de comprendre la souveraine convenance, pour Marie d'être soumise à la mort. « Il s’en trouveroit assez, dit saint Francois de Sales, qui s'estonneroyent, disant : comment est-ce que Nostre Seigneur, qui aymoit si tendrement et sì profondément sa Sainte Mère, ne luy donna le privilège de ne point mourir ? Puisque la mort est la peine du péché, et qu’elle n’en avoit jamais fait aucun, pourquoy est-ce qu'il la laissa mourir?

O mortels, que vos pensées sont contraires à celles des Saints, que vos jugements sont éloignés de ceux de la divine Majesté ! Ne scavez-vous pas que la mort n’est plus ignominieuse, ains qu’elle est précieuse despuis que Nostre Seigneur et Maistre se laissa attacher par elle sur l’arbre de la croix ? » (1) Ce qui veut dire que Marie mourut, parce queavant elle Jésus aussi était mort, et elle mourut pour les mêmes raisons que Lui. Le lecteur n’ignore point pourquoi Jésus s’est soumis à la douleur età la mort. Saint Thomas en donne spécialement trois raisons : pour offrir ses souffrances en expiation de nos fautes, pour montrer qu'il était véritablement homme comme nous, et pour nous donner l’exemple de la patience et dela résignation. (2) Et de même, la Mère de Jésus fut sujette à la mort, parce que d’abord, nouvelle Eve associée indissolublement au nouvel Adam, elle devait boire au calice de douleur, afin d’apaiser le Père éternel et d'obtenir de lui grâce et pardon. La mort de Marie, plus que celle de tout autre saint, fut précieuse devant le Seigneur, et mérita de condigno. Ensuite, Marie devait mourir, car par là il apparaît mieux qu’elle était vraiment une fille du vieil Adam, et que le Sauveur était vraiment sorti de notre race. Enfin, il fallait que Marie fut soumise à la mort, pour nous aider à supporter cet implacable ennemi de notre

1. Sermon pour la fête de l’Assomption, ed. Mackay, 1x, p. 182.

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