‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 113 sur 154 · De pecc. merit. el remiss. 1. 11, c. xx1x · texte numérisé non relu

De pecc. merit. el remiss. 1. 11, c. xx1x

mourut uniquement parce qu’elle le voulut, pour mieux se conformer à la conduite de son fils ; mais qu'elle eut été toujours immortelle, si elle avait préféré s'envoler vivante au ciel.

« Pulamus, écrit le Père Janssens, nullum Matri dedisse mandatum ut morerelur, sed eam plene liberam reliquisse ul eligeret quid sibi magis placerel; Mariam aulem ex amore in Deum, in Filium el in nos, id eligisse quod magis in Dei gloriam redundaret, ipsam Filio conformiorem redderet, nobisque magis prodesset. Hoc sensu Synodus. Hierosolymitana, anno 1672 contra Calvinistas adunata, sua fecit hoc verba Cyrilli Lucaris : Verum eam graliam (B. Virgo) obtinuit, ut morlem, si ita voluisset, numquam obiret, sed colum, eliam non vite compos, inferretur ; hac lamen preerogaliva uti noluil. »

A cette facon de voir, notre maître vénéré, le P. Lépicier, a donné lui aussi le poids de son autorité.

Mais dans cette opinion se trouve une difficulté que nous ne réussissons pas à résoudre : pourquoi Marie mourut-elle alors de cette mort tranquille dont nous parlerons bientòt, et qui est admise par tous les théologiens ? On comprend le sacrifice dont Marie nous a donné l’exemple, en acceptant volontiers la nécessité de mourir, même si en fait Dieu, eu égard à sa mère, voulut qu’une telle mort fut remplie d’une ineffable douceur. Au contraire, étant admis que Marie était consciente de son immortalité, qu’elle mourut d’une mort librement choisie par elle, nous nous attendrions logiquement,

étant donné son amour pour Dieu et pour nous, à une mort très douloureuse, terrible, épouvantable, inférieure en horreur à la seule mort de Jésus. Alors seulement la mort, choisie par elle, nous paraîtrait digne d’un Dieu crucifié.

Quoiqu'il en soit, il est certain que Marie ne mourut point en suite du péché originel qu’elle aurait contracté : elle fut immaculée, et par suite, selon le langage de saint Thomas, elle ne contracta point la nécessité de mourir, car contracter cette nécessité signifie avoir en soi la faute, source de la mort; en tout cas, elle mourut très volontiers et pleinement résignée; ce qui constitue précisément la beauté de sa mort. « Ce n’eust point esté, dit saint Francois de Sales, un advantage ni un privilège pour la Sainte Vierge, de ne point mourir, ains elle avoit toujours désiré la mort, dès qu’elle la vit dans les bras et dans le cœur mesme de son très sacré Fils. La mort est si suave et si désirable que les Anges s’estimeroyent heureux de pouvoir mourir ; et les Saints ont esté heureux de la souffrir et y ont ressenti beaucoup de consolation, parce que nostre divin Sauveur qui est nostre vie s’estoit laissé en proye à la mort. » (1)

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