‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 114 sur 154 · TE C · texte numérisé non relu

TE C

jamais soumise à la faute originelle, devait être bien différente de celle des autres descendants d'Adam. Au point de vue historique, nous ne savons rien des circonstances dans lesquelles Marie rendit son âme à Dieu ; nous ne saurions, au point de vue de l’histoire, décrire le genre de mort auquel elle fut soumise. Mais on sait que ce n'est pas seulement au moyen des critères historiques, que nous arrivons à la connaissance de la vérité; sur le terrain religieux, nous avons des critères théologiques, qui nous conduisent à des conclusions très certaines, bien que dépourvues du suffrage de l’histoire. Or, à la lumière de la théologie, nous devons affirmer que la mort de Marie fut calme, tranquille, angélique ; les anges ne meurent pas, mais s'ils devaient mourir, ils ne pouraient désirer qu'une mort semblable à celle de Marie. Tout d’abord, on se persuadera facilement que les derniers instants de la Vierge ne furent troublés par aucun souci moral, par aucune torture douloureuse de l’esprit, si l’on pense à sa sainteté et aux relations qui l’unissaient à Dieu. En elle à ce moment là, aucun remords des fautes passées et expiées, aucune crainte du juge devant lequel elle allait se présenter, aucun déplaisir de quitter la terre : elle était en effet impatiente, plus que saint Paul, de voir arriver l’heure de sa dissolution. Mieux que saint Etienne au moment de sa mort, Marie dût voir les cieux ouverts et Jésus à la droite du Père ; elle dùt voir toute la Trinité lui tendre affectueuse-

ment les bras, et lui dire : « Viens, épouse préférée, pour être couronnée ». Il faut affirmer aussi, que Marie arrivée au terme de sa carrière mortelle, ne connut point la douleur physique ; elle ne put certainement point être sujette à ces maladies douloureuses et pleines d'horreur, qui constituent la plus triste humiliation de notre chair. Dieu qui, comme nous le dirons bientôt, ne put permettre la corruption du corps de sa mère, ne pouvait permettre davantage qu’elle fut affligée de semblables humiliations. En général, les théologiens n’ont pas de peine à souscrire à ce principe : Concepla sine peccalo, concipiens sine corruplionne, pariens et mortua sine dolore (1).

Comment donc mourut-elle ? elle mourut, selon Suarez et la plupart des théologiens, en vertu de l'amour divin et de son très ardent désir de s’unir à Dieu : Viamoris et ardenlissimi desiderii, el intensissimæ conlemplationis (2). Que l'intensité de l'amour produise des phénomènes physiologiques capables d’éteindre la vie, cela est hors de doute: qu'il suffise à ce propos de rappeler saint Philippe de Néri, qui eut les côtes soulevées à cause de l'amour divin qu'il ressentait; saint Stanislas, qui devait tempérer, avec de la glace, les ardeurs plus que fébriles qu’il sentait dans son corps, sous le feu de l’amour divin. Eh bien ! l'amour produisit quelque

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