MARIS DANS LE DOGME
révélées va, dans la prophélie du vieillard Siméon, jusqu’à transpercer l’âme de la Mère du même glaive de douleur qui pénétrera dans celle du Fils. — La fuite en Egypte et le retour à Nazareth nous font voir l’enfant et la Mère étroitement unis dans le péril et dans le salut, et confiés, comme un seul dépôt, à la garde et à la fidélité de Joseph. — La manifestation de la sagesse de l’Enfant-Dieu au Temple, parmi les Docteurs, ne peut se séparer de la manifestation de sa soumission prolongée à Marie pendant vingt années, et de la fidélité avec laquelle cette Mère gardail loules ces choses en son cœur. — Le début de Jésus-Christ dans la carrière de ses prodiges et la manifestation de sa gloire par le miracle de Cana, fait éclater le glorieux mystère de la puissante intercession de Marie qui l’obtient de ce divin Fils, jusqu’à lui faire avancer l’heure de sa gloire. — Enfin quand cette heure est venue, cette grande heure de sa Passion et de sa mort qui doit être celle de notre rédemption et de son triomphe, le Sauveur du Monde veut que sa Mère soit à ses côtés, qu'elle partage ses souffrances libératrices, ce calice d’amertume et de mort qui doit épuiser celui de la colère céleste : il veut que sa compassion réponde à sa Passion, et qu’elles se redoublent réciproquement pour concourir à la méme fin: nous enfanter à la vie de Dieu ; jusqu’à constituer Marie notre Mère, par le même mystére qui rend Dieu notre Père.
On le voit : tous les mystères de Jésus marchent
ainsi accompagnés d’un mystère correspondant de Marie. Ce sont comme deux voix, deux instruments, inégaux de ton, mais formant toujours un parfait accord d'harmonie. Marie est comme cette nuée sur laquelle le soleil, par la réflexion de ses rayons, vient se représenter lui-même en une clarté brillante formant un autre soleil autour de lui, par ce phénomène lumineux qu'on appelle Parhélie. Ainsi, autour de chaque mystère, de chaque grandeur et de chaque gloire de Jésus-Christ, il y a un mystère lumineux, une grandeur et une gloire correspondante en Marie. C’est un fait, et un fait si constant, qu'il suppose une économie, une loi.
Comment se pourrait-il maintenant que le mystère de l’Ascension fût le seul mystère de Jésus- Christ qui n’eùt pas son Parhélie dans un mystère conforme en Marie ? Comment deux destinées si merveilleusement entrelacées dès leur origine et dans tout leur cours feraient-elles divorce à leur terme : anomalie d’autant plus choquante, que c'est en vue du terme qu'elles ont été si étroitement associées dans leur prédestination et dans leur cours ?
L'Assomption de la très-sainte Vierge vient donc, avec l’Ascension de Jésus-Christ, compléter admirablement le merveilleux duo de leurs destinées ».(1)