ST. ALBERT'S COLLEGE LIBRARY
plus récente. On ne peut donc les citer pour témoigner des croyances antérieures au v° siècle.
Les érudits inclinent à prendre au sérieux, comme preuve de la croyance à l’Assomption, un sarcophage dit de Sainte Eugrâce, existant à Sarragosse. Il remonte certainement à cette époque, et il paraît que dans un bas-relief, il représente l’Assomption de Marie au Ciel (1).
Très suggestive est une phrase qui se trouve chez saint Grégoire de Nysse, frère de saint Basile le Grand : « La mort régna, dit-il, depuis Adam jusqu'à la Mère de Dieu, mais elle fut détruite en Marie, car, en elle, elle heurta comme une pierre d’achoppement, le fruit de la Virginité. » (2) Comment ne pas voir en ces paroles Marie unie avec Jésus, d'une manière toute particulière, pour triompher de la mort et la détruire ? ce qui, en d’autres termes, signifie la résurrection et l’Assomption de la Mère de Dieu.
Cette Assomption, avec une richesse luxuriante de détails, se trouve affirmée explicitement dans les écrits apocryphes, qui fleurirent en grand nombre vers la fin de la période que nous étudions, c’est-àdire du 1v* siècle à la moitié du v°. Parmi les apocryphes qui parlent de la mort et de l’Assomption de Marie, acquit une renommée bruyante et eut une fortune plutôt durable, malgré la proscription dont
1, Cfr. Renaudin, p. 24.