Retracl. in act. Ap,, C. VII
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‘tre accepter comme certain, ce qui est douteux. Quoiqu'il en soit, nous devons retenir que Marie avec son Fils, règne dans les cieux » (1).
Les documents les plus fameux de cette dispute sont à coup sûr, deux lettres apocryphes, attribuées à deux hommes illustres; lettres dont l’une est la réponse à l’autre; l’une en faveur de l’Assomption et l’autre contre; lettres qui enfin eurent chacune leurs propres partisans. La première serait de saint Jérôme, la seconde de saint Augustin.
Il est difficile de dire avec précision leur date, mais elles sont très probablement de la fin du vu siècle, ou de la première moitié du viu* siècle.
La lettre du pseudo-Jérôme met en grand doute l’Assomption. Elle serait adressée à Paule et à Eustochium en réponse à un désir exprimé par elles, d’avoir un sujet de méditation pour le jour de l’Assomption. Splendides et touchants sont certainement les éloges donnés, en cet écrit, à la Mère de Dieu; mais par rapport à l’Assomption, il y est dit: « Pour ce qui regarde l’Assomption de Marie toujours Vierge et Mère de Dieu, je vous dirai, puisque vous me le demandez, ce qui vous sera utile à passer dans une sainte allégresse, ce saint
1. « Nec sane illud omittere debemus, quod multi pietatis studio libentissime amplectuntur, eam hodierno die a Filio suo Domino nostro Jesu Christo ad cæli corporaliter sublevatam palatia. Quod licet pium sit credere, a nobistamen non debet affirmari, ne videamur dubia pro certis recipere. Verum enim hoc sit nec ne, nos tamen credere convenit eam Filio suo in cælestibus conregnare ».
Jour; etàne pas confondre ce qui est certain avec ce qui est douteux, si jamais vous tombe sous la main le livre « De Transitu B. V. », livre apocryphe, cher à beaucoup de latins à cause de leur piété et de leur ardeur à lire. En réalité, de tout ce qu'on dit sur l’Assomption, une seule chose est certaine, c’est la mort de Marie, migravit e corpore. On montre ‘encore son sépulcre, que nous avons vu, dans la vallée de Josaphat... là même est une église de pierre merveilleuse où l’on dit, comme vous savez, qu’elle fut ensevelie. Aujourd’hui le tombeau est vide. Je parle de cela, parce que beaucoup des nôtres se demandent si Marie est montée corporellement au ciel, ou si elle est sortie du monde sans son corps. De fait, comment, quand, par qui ce corps a-t-il été enlevé de là? a-t-il été placé ailleurs, ou est-il ressuscilé ? on n’en sait rien, bien que certains disent avec insistance que Marie est ressuscitée; qu’elle est déjà au ciel, revêtue, avec le Christ, de la bienheureuse immortalité. Beaucoup affirment la même chose aussi de saint Jean l’évangéliste... Rien n’étant impossible à Dieu, nous ne voulons pas nier qu'il en ait été ainsi. Toutefois par prudence (et la foi étant sauve), il vaut mieux en rester au pieux désir, que de vouloir définir une chose dont l’ignorance est sans péril » (1).
1, « De assumptione ejusdem tamen beate Deigenitricis, semperque Virginis Marie, qualiter assumpta est, quia vestra id deposcit oratio præsentia absens vobis scribere curavi, que
absentia præsens devotus obtuli, ut habeat sanctum collegium vestrum in die tanta solemnitatis munus latini sermonis, in
Regardé comme authentique bien longtemps, cet écrit ne manqua point de faire impression: beaucoup en furent troublés dans leur croyance, et sans nier ouvertement l’Assomption, n’osèrent plus l’affirmer, la reléguant tout au plus parmi les pieuses opinions, dénuées de fondement solide, et ne donnant plus à la fête de l’Assomption que la signification de l’exaltation ineffable de Marie dans la gloire céleste.
C'est par cette lettre supposée de saint Jérôme,
quo discat tenera infantia lactis experiri dulcedinem, et de exiguis eximia cogitare ; qualiter favente Deo per singulos annos tota haec dies expendatur in laudem et cum gaudio celebretur : ne forte si venerit in manus vestras illud apocryphum de Transilu ejusdem Virginis dubia pro certis recipiatis : quod multi latinorum pietatis amore, studio legendi charius amplectuntur ; præsertim cum ex his nihil aliud experiri possit pro certo, nisi quod hodierna die gloriosa migravit e corpore. Monstratur autem sepulchrum ejus, cernentibus nobis, usque ad presens in vallis Josaphat medio, que vallis. est inter montem Sion et montem Oliveti posita, quam tu, o Paula, oculis aspexisti, ubi in ejus honore fabricata est ecclesia, miro lapide tabulata in qua sepulta fuisse (et scire poteslis) ab omnibus ibidem prædicatur : sed nunc vacuum esse mausoleum cernentibus ostenditur. Haec idcirco dixerim, quia multi nostrorum dubitant; utrum assumpta fuerit simul cum corpore, an abierit, relicto corpore. Quomodo autem, vel quo tempore, aut a quibus personis sanctissimum corpus ejus ablatum fuerit, vel ubi transpositum; utrumne resurrexerit nescitur ; quamvis nonnulli astruere velint eam jam resuscitatam, et beata cum Christo immortalitate in cælestibus vestiri. Quod et de beato Joanne Evangelista ejus ministro, cui virginis a Christo Virgo commissa est, plurimi asseverant..... Quod (quia Deo nihil est impossibile) nec nos de B. Maria Virgine factum obnuimus. quamquam propter cautelam (salva fide) pio magis desiderio opinari oporteat, quant inconsulte definire, quod sine periculo nescitur.»(P. L. XXX, col. 123, 124).
que furent sans doute très impressionnés Adon, Usuard et Notker, compilateurs chacun d’un Martyrologe, où l’Assomption corporelle de Marie est mise en doute.
Usuard, du rx° siècle, dans son Martyrologe, note ainsi le jour de l’Assomption: « Dormitio sancte Dei Genitricis Maria, cujus sanclissimum corpus etsi non invenilur super terram, tamen pia Maler Ecclesia ejus venerabilem memoriam sic feslivam agit, ut pro condilione carnis eam migrasse non dubilel. Quo aulem venerabile illud Spiritus Sancti templum, nutu et consilio divino occultalum sit, plus elegit sobrie-. tas Ecclesiæ cum pielale nescire, quam aliquid frivolum et apocryphum unde tenendo docere (1). »
Saint Adon, évéque de Vienne, en France, après avoir rapporté ces paroles d’Usuard, ajoute : « Suf- Jiciunt enim ei (Ecclesioe), ad sanclilatem el vilam Virginis et Matris Domini commendandam, Evangelislarum testimonia, nec de ea quoerere ullra necessarium pulal » (2).
Le Martyrologe d’Usuard fut en usage dans l’église de Paris jusqu’en 1540, et bien longtemps aussi dans l’église de Rome et dans d’autres églises. IL était cependant en contradiction évidente avec les autres parties de la liturgie, et pour cela on dùt à la fin l’éliminer.
Notker, le très docte abbé de Saint-Gall, au temps