Cité par Petau, De Trin. 1. nc. vu
d'expression explicite certaines vérités, connues d’abord implicitement dans d’autres plus générales et plus compréhensives, quand ces déductions sont approuvées, sanctionnées par la définition de l'Eglise, alors elles s'élèvent au rang et à la dignité de dogme ; alors elles s'imposent à l’assentiment universel, sous peine, pour celui qui ne les accepte pas, de faire naufrage dans la Foi.
A qui voudrait voir décrit, en une page d'incomparable éloquence, l'usage que l'Eglise a toujours fait de son pouvoir d'élever à la dignité de dogme, des vérités d'abord contenues implicitement dans d’autres, nous ne pourrions mieux faire que de conseiller la lecture du Commonilorium de Vincent de Lérins (vr° siècle), surtout le chapitre 32.
Mais notons d’abord ceci, qui est capital dans la question présente: l'Eglise peut être certaine qu’une vérité connue maintenant dans ses termes formels était contenue implicitement dans le dépôt de la révélation, par ce fait que pendant un certain laps de temps, pendant quelques siècles par exemple, le peuple fidèle admettait unanimement cette vérité. Il en est ainsi, l’universel consentement du peuple croyant à une vérité d’ordre religieux, est signe que cette vérité est révélée. Le Christ en effet, qui vit continuellement dans son Eglise et veille avec soin sur elle, ne saurait permettre que tout son corps mystique ou seulement l'Eglise enseignante, soit la misérable victime de l’erreur ; mais il faut mettre ce principe, dont on comprend toute la portée, sous
l'égide de noms illustres. Melchior Cano, l’illustre écrivain des Lieux théologiques, écrit : In quoestione Jidei, communis fidelis populi sensus haud levem facit fidem (1). Et Grégoire de Valence développe avec: plus d’ampleurle même principe quandil dit : Est enim in definilionibus fidei habenda ralio, quoad fieri polest, consensus fidelium : quoniam et ii sane, quatenus ex his constat Ecclesia, sic Spiritu sanclo assistente, divinas revelaliones integre ac pure conservant, utomnes: illi quidem aberrare non possint... Illud solum contendo : si quando de re aliqua in materia religionis controversia constaret, fidelium omnium concordem esse senlenliam (solet autem id constare vel ex ipsa praxi alicujus cullus communiler apud chrislianos populos recepta, vel ex scandalo el offensione communi, quo opinione aliqua oritur, etc.) merito posse ac debere Pontlificem illa nili, ut que esset Ecclesia sententia infallibilis (2).
Si le lecteur s’en souvient nous’ avons vu que cecritère, pour juger si une vérité est révélée ou non, fut approuvé aussi par la commission chargée de préparer la définition de l’Immaculée Conception.
Maintenant appliquons ces principes au cas qui nous occupe, c'est-à-dire à l’Assomption.
Disons tout de suite qu’elle n’est pas renfermée dans la modeste sphère des faits, mais qu’elle entre: dans le champ plus vaste et plus élevé de la doc-