‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 135 sur 154 · CHAPITRE.II · texte numérisé non relu

CHAPITRE.II

Glorification de Marie au Ciel

SOMMAIRE

I. Difficuité extrême à parler du triomphe céleste de Marie : nous nous en tiendrons à ce qu'en dit la liturgie. — II. Entrée de Marie dans la gloire. — II{. Marie exaltée au-dessus des chœurs des anges et des saints : elle voit, aime, jouit en un degré unique ; son corps est d’une beauté idéale. — IV. Marie couronnée au Ciel Reine de l'Univers. A elle est soumis et dévoué tout le royaume des élus. — V. Elle a la souveraineté sur le Purgatoire. — VI. Par droit de victoire, elle commande à l'enfer. — VII. Le règne de Marie sur l'humanité ; fruits qu'il est destiné à produire.

I. Difficulté extrême à parler du triomphe céleste de Marie: nous nous en tiendrons à ce qu’en dit la liturgie.

L'Assomption de Marie fut le sceau suprême placé par Dieu sur la longue série de privilèges à elle accordés. En introduisant Marie dans la gloire éternelle le Tout-Puissant mettait la dernière main à ce chef-d'œuvre de sa sagesse, le rendant tel qu’Il l'avait entrevu depuis l’éternité. Le plan grandiose et complexe que Dieu dans les visions illimitées de son esprit infini, avait tracé pour sa mère, fut totalement exécuté en ce jour où Marie ayant définitivement quitté la terre fut placée en corps et en âme

sur le trône de l’éternelle gloire. Alors tout ce qu’exigeaient sa mission privilégiée, sa sainteté singulière, ses mérites insignes, lui fut pleinement concédé ; en elle désormais plus de lacune: Dieu se libéra complètement de toutes les obligations prises envers elle, le jour où il la destina à être sa propre mère et la co-rédemptrice du genre humain.

En ce jour d’Assomption la gloire de Marie atteignit son sommet.

Et précisément à cause de cela il est difficile de parler convenablement de cette apothéose de la plus auguste parmi toutes les femmes. Plus nous voyons Marie élevée dans le ciel, dans les régions de la gloire immortelle, plus vivement nous sentons en notre intelligence notre incapacité à nous former de ce mystère une idée adéquate. Parlant de la divine maternité, saint Basile de Seleucie, écrivait! Quemadmodum intelligere Deum, el eloqui non est facile, immo prorsus impossibile : sic ingens Dei genitricis mysterium intelligentiam omnem excedit ac linguam (x) Ce qui veut dire que le mystère de la divine maternité est grand et ineffable comme Dieu lui-méme. Or saint Bernard ajoute qu’il n’est pas moins difficile de parler des splendeurs de gloire recues par Marie dans son Assomption : Christi generalionem et Marie Assomptionem quis enarrabit ? (2)

Il n’est pas difficile de nous convaincre de cette impuissance, car on sait que même la foi ne nous

1, Cité par Petau, 1. XIV, c. xt.

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