‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 31 sur 154 · Calat,, ITU · texte numérisé non relu

Calat,, ITU

que les autres fois, dans le même chapitre, le mot femme indique Eve; mais alors il s’agit de toute autre chose. Dans les autres versets, on raconte un fait : la tentation que le serpent fait subir à ve. Pour conter ce douloureux épisode, l’hagiographe appelle notre première mère tantôt de son nom propre d’Éve, tantôt du nom générique et commun de femme. Rien de plus naturel. Mais ici. dans ce verset 15, Dieu inflige au serpent une condamnation ; il veut l’humilier parce qu'il a fait, de façon insidieuse, tomber la femme dans le péché. Et une de ces humiliations c’est qu'ilse rencontrera avec une autre femme, avec une femme beaucoup plus prudente que la première, qui ne se laissera pas séduire par lui, qui le traitera, non en ami, mais en ennemi; c’est pourquoi, lui aussi, le serpent et sa postérité haïront cette femme et sa descendance. C’est donc une autre femme qu’Ève qui aura contre le démon une aversion plus grande que celle qui peut naître du seul repentir, une aversion qui n’aura à se souvenir, pour se la reprocher, d'aucune faiblesse avec l'adversaire.

Cette femme ne peut être que Marie, la Vierge Mère du Sauveur, la bénie entre toutes les femmes.

Mais comment a-t-on pu tirer de cette prédiction le dogme de l’Immaculée Conception ?

Si l’on veut s’appuyer sur la première interprétation rapportée dans l’Ami du Clergé, avant d’arriver à établir l’exemption de Marie du péché d'origine, il faut se perdre en un subtil raisonnement qui

aboutit en résumé à une simple raison de convenance. Le voici construit par l’auteur même de l'article cité. « On peut ne se baser que sur le lien en vertu duquel au futur Rédempteur se trouve intimement unie sa très sainte Mère, et dans l’inimitié du démon, et dans l’écrasement de la tête du serpent.

De quelque manière qu’on l'explique, la sainte Vierge étant désignée dans le texte, il n’y a plus qu'à voir si l’inimilié du démon et l’écrasement de sa léle s'étendent pour la sainte Vierge jusqu’à l’exemption du péché originel.

Si nous n’avions que le texte lui-même nous pourrions en douter.

L’inimilié du démon s'exerce non seulement contre celui par lequel seul le démon sera vaincu, mais encore contre tous ceux qui sont ou croient être rachetés par lui, lors même qu'ils seraient nés avec la tache du péché originel. Et ceux-ci écrasent, en ce qui les concerne, la /éte du serpent à l’aide des grâces que leur procure la rédemption. Toutefois le lien intime et indissoluble qui unit la Mère et son Fils dans le mystère de l’Incarnation, de la Rédemption, exige que pour la Mère comme pour le Fils, l’inimitié soit portée jusqu'aux dernières limites, et que la victoire soit aussi complète que possible ».

Mais tout cet effort de raisonnement n’est plus nécessaire quand on accepte l’interprétation classique. Alors nous trouvons Marie en, face du démon.

Entre elle et lui existe une inimitié implacable, l’inimitié par antonomase. Marie est ennemie de Satan en tant qu'amie de Dieu, parce que selon le langage de l'Ecriture, ces deux termes, amour de Dieu, haine du démon s'appellent nécessairement, Cette inimitié qui existe entre Marie et le serpent est constante. C’est l'impression éprouvée tout d’abord en voyant une telle inimitié proclamée de façon aussi absolue, sans aucune limitation de durée.

Et par là, Marie est annoncée, amie de Dieu, ennemie du serpent, dès le commencement de son existence.

Ce qui veut dire précisément qu'elle est annoncée immaculée. Si la leçon latine n'était pas défectueuse, si encore dans le texte original, il y avait : « Celle-ci te meurtrira la tête », l'argument aurait une nouvelle et parfaite évidence. Toutefois même indépendamment de ceci, il conserve sa valeur incontestable, résultant de l’inimitié que Dieu luimême a mise entre la mère du Rédempteur et Satan. Il reste toujours vrai aussi que Marie a meurtri la tête de l’infernal serpent avec Jésus et par le moyen de Jésus.

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