‹ Marie dans le dogme catholique (volume 2)Chapitre 41 sur 154 · Natura enim gratia cedit, statque tremula pergere · texte numérisé non relu

Natura enim gratia cedit, statque tremula pergere

Photius, le triste auteur du lamentable schisme de l'Eglise grecque, témoigne que le vr' concile œcuménique adressa à Marie ce salut : « Tu fus toujours immaculée depuis le début de ta création. Quæ immaculala semper exlilisli ab exordio luæ crealionis. (In Epist. ad Princ. Bulg.).

Depuis le vu° siècle, nous disons le vn° pour nous renfermer dans un minimum incontestable, la foi explicite de l’Eglise orientale au grand privilège de Marie est proclamée non seulement dans les écrits des Docteurs, mais de plus elle est attestée par une voix encore plus imposante, par une voix qui reflète le sentiment non seulement de la partie cultivée de l'Eglise mais de tout le peuple fidèle, par une voix qui a la sanction du magistere, elle est proclamée encore dans la liturgie.

VIII. A partir du vn° siècle, à la voix des Pères s'ajoutent la voix de la liturgie : on en examine les expressions.

Deux choses méritent à notre point de vue d’être considérées dans les liturgies orientales ; les expressions qui exaltent Marie et l’inslitution de la fête en l’honneur de sa Conception. Commençons par les expressions honorifiques.

Les Grecs l’appellent dans le Ménologe au 1° dé-

non sustinens. Quoniam igitur futurum erat ut Deigenitrix virgo ex Anna nasceretur, natura gratiæ germen antevertere non ausa est. Sed mansit fructus expers, dum gratia fructum ederet. » (Homil, de Nat, B. V.).

cembre aux vêpres : Penilus inculpata, absolument sans faute » ; dans l’Antologe : « omni ex parte intaminala » ; dans les Ménées au 2 janvier V? ode de saint Sylvestre, elle est dite: «mulli unquam culpæ subjecta. Elle ne fut jamais soumise à aucune faute » ; le 7 du même mois dans la troisième ode de saint Malachie elle est dite : « Nulli unquam culpa affinis ; le 23 de janvier dans l’ode VIII de saint Athanase, elle est appelée : « Semper et ubique inculpalissima numinis Mater, — Mère de Dieu toujours et partout très innocente. » Dans l’Homélie pour le jour de l’Annonciation : « Dieu, par une providence singulière, disposa que la Sainte Vierge dès le principe de sa vie, fut aussi pure qu'il convenait de l’étre à celle qui devait être digne d’un si grand bien, c’est-à-dire du Christ » (1).

Dans la liturgie alexandrine de saint Grégoire, Marie est dite « souverainement très sainte, très glorieuse, immaculée, pleine de bénédictions, precipuæ, sanclissinæ, gloriosissimæ, immaculate et benedictionibus cumulalæ, Domine nostre, Deiparae et semper Virginis Marie. » (Summa aurea de Migne, vol. III, col. 1695).

Les Coptes dans leur liturgie exaltent Marie par ces paroles : « Nous donnons des louanges à la sainte sous tous rapports, à cause de son exemption

1. « Deus providentia singulari perfecit ut sacra Virgo, ab ipso vite sua principio tam omnino existeret pura, quam esse puram decebat illam, quæ tanto bono, idest Christo, digna existeret. »

et immunité de la loi, à la sans tache et bénie Mère de Dieu, à la toujours Vierge Marie notre souveraine » (1). Les Arméniens dans le Code très ancien de leurs prières, en usage déjà depuis plus de douze cents ans, récitent à la Nativité de Marie cet éloge très particulier : « O toi qui es engendrée du Père éternel, aujourd’hui tu as rendu pure dès le sein de sa mère, ta mère temporelle, pour ton admirable incarnation » (2).

Les autres liturgies examinées par Wanguerech la proclament tantôt: « omni nævo intaclam; intacte de toute tache, » tantôt affirment que « ab ælerno munda fuisse dignoscilur, elle fut pure ab æterno » ; et tantôt l’appelle « ab aelerno digna quae deipara fieret, digne ab æterno de devenir Mère de Dieu ? » La liturgie abyssine appelle Marie : « in omnibus sancla, sainte sous tous rapports. » Nous citerons bientôt les autres liturgies en parlant de l’objet de la fête de l’Immaculée Conception.

TX. Noms et institution de la fête de l’Immaculée Conception chez les orientaux.

Cette fête est célébrée dans toutes les églises

1. « (Laus sit) omnibus modis sanctæ ratione exemptionis et exceptionis a lege, intemerata et benedicite Domina nostre Deigenitrici et semper virgini Mariæ.f» (P. Besson : V. Civiltà Catt., 1876, p. 552).

2.« O qui genitus es a Patre, ante omnia tempora, hodie puram preestitisti temporalem tuam Matrem vel a matris ipsius utero, propter mirabilem Incarnationem tuam, » (Besson : V. Civiltà Catt., l. c.).

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